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Des milliers de communications françaises écoutées par les Allemands - Rue89 - L'Obs

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Les documents sont techniques, souvent illisibles. Et pour ne rien arranger, ils comptent nombre d’abréviations en allemand. Mais pour Peter Pilz, leur circulation est indispensable car ils constituent la preuve formelle que les services secrets allemands (la BND) scrutent beaucoup de leurs voisins. France comprise.
Et pour le compte, parfois, de l’agence de sécurité américaine, la désormais célèbre NSA, comme l’a révélé un récent scandale qui agite l’Allemagne depuis quelques semaines.

Ce député Vert autrichien fait le tour de l’Europe, preuves en poche, pour inciter les autorités des différents pays visés par cet espionnage à ouvrir une enquête. La Belgique, les Pays-Bas ainsi que l’Autriche, ont lancé le mouvement. Réunis autour de Peter Pilz le 5 juin, Eva Joly et le député Sergio Coronado appellent le parquet de Paris à en faire de même, invitant les ministères à signaler ce trouble.


Mais à quoi correspond-il concrètement ? Probablement à une surveillance de milliers d’appels téléphoniques passés sur des infrastructures gérées par France Télécom (devenu Orange), suggèrent les experts réseau que nous avons interrogés.

[...]

De nombreux observateurs, comme Sébastien Crozier, délégué syndical chez Orange, affirment pour commencer que si la surveillance se fait à l’autre bout de la liaison, chez l’opérateur étranger avec lequel on s’interconnecte, il est impossible d’en connaître l’existence.

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Certains équipementiers militaires procèdent aujourd’hui à cette vérification en temps réel. Et proposent des appareils pour couper l’intrusion dès qu’elle est repérée (c’est le cas dans la vidéo d’Alcatel). Mais le dispositif est moderne et coûteux. Donc a priori peu répandu en dehors d’infrastructures critiques.

Et par ailleurs pas forcément efficace contre des surveillances bien rodées, poursuit Sébastien Crozier :
 « Quand un Etat est derrière, on ne peut rien faire ! »

Et quand bien même : encore une fois, il faut que l’opérateur décide d’interrompre une telle intrusion si jamais il la détecte. Or nos interlocuteurs estiment que de la même façon que France Télécom peut ne pas être au courant, il peut tout aussi bien savoir ce qu’il se passe. Après tout, tout le monde surveille tout le monde – on n’a eu de cesse de l’entendre ces derniers mois. Et les opérateurs de télécommunications, bien plus que n’importe quelle autre boîte, sont bien placés pour le savoir.

[...]

 

rue89.nouvelobs.com - Andréa Fradin - 07/06/2015

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