Les syndicats des télécoms s’alarment des suppressions d’emplois à venir dans les centres d’appels situés en France. Précisions. Interview de Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC-UNSA France Telecom.

NICOLAS PIERRON :

L’arrivée fracassante de Free dans la téléphonie mobile n’en finit pas de susciter des craintes. Après les concurrents de l’opérateur, c’était hier au tour des syndicats des télécoms de s’alarmer des suppressions d’emplois à venir dans les centres d’appels situés en France. De 10 à 30 000, selon les organisations, qui anticipent un durcissement des conditions de travail. Ils ont été reçus hier par l’ARCEP, le régulateur des télécoms.

AMANDINE DUBIEZ :

Pour proposer des tarifs aussi avantageux, Free a bien un secret. Il installe quasiment tous ses centres d’appels au Maghreb. Les opérateurs qui tentent de s’aligner sur ces prix copient donc la même méthode.

Du coup, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC UNSA France Telecom s’attend à 10 000 suppressions de postes d’ici deux ans en France.

SÉBASTIEN CROZIER :

Les centres d’appels en France aujourd’hui coûtent trois fois le prix des centres d’appels à l’autre bout du monde. Et comme ni le législateur, ni les régulateurs n’ont obligé (parce qu’ils donnaient des licences 3G ou 4G) les opérateurs à localiser l’emploi en France, ceux-ci, pour maximiser les profits, en ont profité pour mettre leurs centres d’appels de l’autre côté de la planète…..

…..Nous n’attendons pas grand-chose des réunions avec l’ARCEP. Bruxelles vient de sanctionner d’ailleurs très durement l’ARCEP. Nous pensons qu’il appartient maintenant au législateur, et sans doute au nouveau gouvernement, d’avoir une politique musclée quant à la localisation de nos emplois en France et en Europe….

Amandine Dubiez :

Toujours à propos de Free, la commission européenne vient de rappeler à l’ordre l’ARCEP pour avoir accordé des tarifs trop généreux aux nouveaux entrants sur le marché de la téléphonie mobile en France. Le régulateur s’est engagé à revoir sa copie d’ici trois mois.

Extrait interwiew : Radio Classique – 24 avril 2012


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