Les salariés éloignés pendant de long mois de leur service sont souvent les plus fragilisés, en particulier ceux arrêtés de longues périodes pour raisons médicales.

Focus sur la façon dont ils sont pris en compte chez France Telecom et à La Poste, où l’on rencontre à la fois des fonctionnaires et des contractuels.

Le récent suicide d’une salariée de la Poste a rappelé cruellement que la gestion des salariés en arrêt maladie – en particulier longue durée – s’avère difficile mais crucial. A France Telecom, le rapport Technologia remis en 2010 n’avait pas manqué de faire un lien direct entre certains passages à l’acte et un éloignement prolongé de l’entreprise.

Problème : le malentendu démarre souvent avec une situation non exempte d’ambiguité : toujours sous contrat, le salarié en arrêt maladie perd tout lien social avec son employeur, ce dernier n’ayant pas le droit de se montrer intrusif. Ce qui joue d’un coté comme une protection, opère de l’autre comme une mise à l’écart.

« C’est assez radical, explique Sébastien Crozier, président de l’UNSA-France Telecom. Un salarié qui se retrouve en longue maladie se voit rayer de l’annuaire interne et n’a plus de webmail. Tout contact à distance avec l’entreprise est coupé brutalement ». Une rupture qui va aller en s’accentuant.

Longues absences en augmentation

Plusieurs chiffres attestent d’une baisse des congés ordinaires pour maladie et d’une montée des longues absences. Selon le dernier bilan social de l’opérateur, le nombre total de journées d’absence pour maladie a baissé de 2,22% entre 2009 et 2010 (1.582.387 contre 1.618.326 jours).

Mais si l’ensemble des absences de moins de trois mois baissent (excepté les moins de 3 jours), celles de plus de trois mois augmentent et ce, sur la quasi-totalité des niveaux de qualification. En clair, le nombre de personnes absentes diminue mais les jours se reportent sur la durée, explique une étude interne de l’opérateur de septembre 2011 sur l’évolution de l’absentéisme….

Extrait : Miroir Social – 30 mars 2012


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