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Le fondateur du groupe Iliad répond dans une tribune aux Echos à tous ceux qui dénoncent les effets négatifs sur l’emploi de l’arrivée de Free dans le mobile. Qu’il s’agisse de concurrents, de syndicats, d’universitaires ou même…de ministres.

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Iliad n’avait en revanche pas officiellement réagi aux accusations concernant les conséquences sociales de l’arrivée de Free Mobile. Le syndicat CFE-CGC de France Télécom avait été le premier, quelques jours après le lancement, à dénoncer « la perte d’au moins 10.000 emplois » dans le secteur et à pointer le fait que « le consommateur y gagne aujourd’hui » mais que les salariés y perdent. Par la suite, l’Arcep, le gendarme des télécoms, avait plus ou moins confirmé ce chiffre, tout en affirmant que les opérateurs avaient les moyens d’y faire face, par le biais de non remplacement des départs à la retraites. Une solution douce démentie par le fait que certains opérateurs ont déjà annoncé des plans d’économies, à l’instar de Bouygues Télécom.

Un message envoyé à Arnaud Montebourg

Reste à savoir pourquoi Xavier Niel réagit seulement aujourd’hui. Dans son « point de vue » aux Echos, il s’en prend en particulier à « certains des détracteurs, universitaires parfois », qui « n’hésitent pas abreuver les rédactions du produit de leurs réflexions, caricaturant à outrance les effets négatifs supposés ». Le choix du quotidien économique pour s’exprimer peut ainsi formellement s’expliquer comme un droit de réponse à Bruno Deffains, professeur à la Sorbonne et directeur du centre de recherches en économie du droit, qui a détaillé dans la même rubrique, début juin, les résultat de l’étude qu’il a menée sur l’impact de l’arrivée de Free Mobile.

« L’universitaire » chiffre ainsi à 51.500 la perte d’emplois nette qui en résulterait et à 2,5 milliard d’euros les charges supplémentaires et les pertes de recettes des organismes sociaux. Une facture qu’il met sur le dos de « l’idéologie de la concurrence » au pouvoir. « Qui a mesuré ces divers effets au moment de l’introduction forcée d’un nouvel acteur dans le secteur? », s’interroge-t-il ainsi. Sous-entendu, personne, ni le gouvernement de l’époque, ni l’Arcep.

Le problème, pour Free, c’est que cette argumentation est reprise intégralement par Arnaud Montebourg, dans une interview à Challenges. Interrogé sur les pertes d’emplois liées à Free, le ministre du redressement productif estime qu « l’hémorragie d’emplois a déjà commencé. Notamment dans les réseaux de boutiques de téléphonie ». Et de tirer à boulet rouge sur l’Arcep, qui « s’intéresse exclusivement à la concurrence sans limite » avant de préciser: « Pour le gouvernement, la concurrence doit trouver sa limite dans la préservation de l’emploi. » Des déclarations d’autant plus marquantes qu’Arnaud Montebourg opère un virage à 180 degrés par rapport à un twitt du mois de janvier dans lequel il déclarait: « Xavier Niel vient de faire avec son forfait illimité plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en cinq ans ».

L’Expansion.com – 22/06/2012


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