Désormais France Télécom veut bien compenser à 100 % les jours de carence mais selon des modalités inconnues et toujours dans le cadre de la NAO

Cà devient une querelle idéologique.

Plutôt que de reconnaître que la CFE-CGC/UNSA est fondée à dire que la journée de carence n’est pas applicable aux agents de France Télécom qui ne sont plus des agents publics mais des fonctionnaires aux statuts particuliers non visés par la loi de finances pour 2012, France Télécom préfère appliquer la journée de carence et l’indemniser après, à 100 %.

Enfin, il faudrait dire « France Télécom préférerait l’appliquer », car il reconnait benoîtement qu’il ne sait pas le faire.

Donc, pour un jeu à somme nulle (France Télécom n’a théoriquement rien à y gagner), France Télécom va dépenser des centaines de milliers d’euros pour modifier son système d’information de paie dans un délai non précisé mais qui risque d’être très long si on en juge par les performances passées des entreprises chargées du travail (cf. l’interminable réforme des grilles de la catégorie B).

Si çà traîne autant qu’on peut le prévoir, il y a des chances que le gouvernement issu des prochaines élections abroge la journée de carence juste à temps pour avoir à défaire à grand frais ce qui aura enfin été fait.

Quant à la compensation à 100 % promise par France Télécom on ne sait pas si elle sera conditionnée ou inconditionnée, limitée ou illimitée, individuelle ou collective, juridiquement opposable devant la juridiction administrative ou non …

En bref, pour le moment on nous demande de signer un chèque en blanc, que nos amis de FO, qu’on a connu plus formalistes, jugent sans doute prématurément satisfaisant.

A cet égard, la CFE-CGC/UNSA n’estime pas satisfaisant de couvrir les illégalités répétées de France Télécom dans la gestion du personnel qu’il soit fonctionnaire ou salarié de droit privé. Les nombreuses couches d’illégalités que France Télécom nous inflige depuis fort longtemps font que plus personne n’y comprend rien dans les règles de gestion.

Celà crée un état d’anomie dans l’entreprise, c’est-à-dire d’absence de norme de comportement en société. Or, on sait depuis les travaux d’Emile Durckheim sur le suicide, que l’anomie est très largement responsable du suicide.

En l’occurrence, si le législateur n’a pas prévu expréssement de soumettre les fonctionnaires de France Télécom à la journée de carence c’est sûrement d’abord parce qu’il a jugé que le produit des prélèvements ne pourrait pas être transféré d’une société anonyme dans le budget de l’Etat, mais c’est peut-être aussi parce que, contrairement à certains grands cadres dirigeants de France Télécom, il n’a pas oublié qu’il y a 3 ans une gestion invalidante du personnel de France Télécom a été mise à jour.

Peut-être le législateur a t-il jugé, dans sa grande sagesse, que ce n’était pas encore le moment de supprimer aux fonctionnaires de France Télécom la possibilité de prendre de courts arrêts de travail pour se soigner de ce qu’ils endurent.

Donc, quitte à passer pour des emmerdeurs, nous ferons appliquer les règles chaque fois que France Télécom dépassera les bornes. Or, en imposant aux syndicats de négocier, dans le cadre de la NAO, l’application d’une loi dont l’examen préalable est de la compétence du Conseil paritaire, France Télécom franchit la ligne jaune.


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