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Depuis l’annonce des offres provocantes de Free Mobile, les concurrents s’agitent et ripostent. Les trois grands opérateurs ont revu certains tarifs à la baisse. Mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant l’arrivée de ce quatrième opérateur-agitateur ? C’est la question que nous avons posée à Orange, SFR et Bouygues Telecom. Seul ce dernier n’a pas souhaité répondre à notre sollicitation.

Selon les observateurs du marché, Free engrangerait quelques 100 000 nouveaux abonnés chaque jour. Une source interne chez Free nous parle de « 1,5 millions de nouveaux abonnés au 19 janvier ». Dix jours après la conférence de presse de Free, force est de constater que cette arrivée fait toujours grand bruit et que cela a des conséquences chez les opérateurs historiques. Bouygues Telecom, l’opérateur en place qui aura tout fait pour empêcher le débarquement du trublion et principale victime de Free, a annoncé avoir perdu 25 000 clients, tout en soulignant que son offre B&You, depuis la baisse tarifaire, rencontrerait un vif succès sans pour autant donner de chiffres.

Le GIE-EGP, organisme qui traite la portabilité du numéro d’un opérateur à un autre, a confié à l’AFP qu’il avait à gérer un pic pouvant aller jusqu’à 40 000 demandes par jour, soit bien plus qu’en temps normal…

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Un réseau de qualité

Autre arme de défense chez les parties adverses pour justifier des prix plus élevés et semer le doute chez les consommateurs ? Faire valoir la qualité de leur réseau et de leurs services, forcément meilleure que chez le jeune concurrent insolent. Alors que Free Mobile doit encore essuyer quelques couacs en cette période de lancement, les opérateurs font valoir leur maturité et leur maîtrise du secteur. « En dix ans, on a fait 16 milliards d’investissement et nous avons aujourd’hui un réseau complet de qualité, avance-t-on chez SFR. Or c’est bien là tout l’enjeu de demain, avec l’explosion de la data. »

Chez Orange, même son de cloche : « Nos atouts reconnus sont la qualité de service, la relation client, notre gamme de terminaux et d’offres, le réseau Orange ainsi que la richesse des contenus proposés », justifie Alice Holzman. Des justifications capables d’endiguer la fuite des clients chez Free ? Cela reste à prouver. « Comparons ce qui est comparable. Nous avons un réseau de qualité, nous accompagnons nos clients, et pas seulement sur Internet. Oui, cela a un coût » ponctue un responsable SFR, en rappelant que « Free arrive sur le marché avec deux offres seulement et cela ne répond pas à tout le monde. Car il est nécessaire d’avoir des forfaits de niches », assure notre contact SFR….

….Les syndicats CFE-CGC et UNSA Télécoms (Orange) prétendent que le réseau Free est éteint ; pire, qu’il aurait berné l’Arcep : « Free a-t-il abusé l’Arcep lors des tests de couverture ? Il est vrai qu’il existe des techniques pour ouvrir un réseau en couverture, mais sans avoir la capacité à écouler le trafic…« , peut-on lire dans un communiqué, avant de poursuivre que le service de Free serait « financé par ses concurrents« . Ce qui n’est pas faux dans la mesure où, dans un soucis de concurrence, les acteurs en place financent en partie l’arrivée d’un nouveau concurrent….

 Cet article a été édité avec un extrait du communiqué des syndicats CFE-CGC et UNSA Télécoms (Orange)

Extrait : Les Numériques – Florence Legrand – 20 janvier 2012


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