Retraite additionnelle de la Fonction Publique (RAFP) : un rendement dérisoire qui préfigure la retraite « Macron » par points.

  • Christian TRUONG NGOC

Quand un fonctionnaire demande à Orange SA les conditions de liquidation de sa retraite, devant la modicité de la pension escomptée les DRH font une manœuvre de diversion systématique, ils nous promettent qu’en plus il y aura la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP).

Mais quel est le rapport de cette RAFP instituée en 2003 ?

Ce que l’on constate c’est que les fonctionnaires qui ont cotisé 15 ans au taux de 5 % (taux employeur 5 % également) sur une base forfaitaire de primes constituant 20 % de leur traitement vont toucher une RAFP du montant approximatif de leur cotisation.

En clair, si vous avez cotisé 20 euros, vous toucherez 20 euros de RAFP.

Si vous avez cotisé 60 euros, vous toucherez 60 euros de RAFP.

En somme, pour 15 ans de cotisation, il vous faudra survivre 15 ans après votre départ en retraite pour récupérer votre mise.

Comme nous serons nombreux à ne pas atteindre 80 ans, le bénéfice engrangé par le fonds gestionnaire permet de verser de belles parts variables à ses managers.

La RAFP est une retraite par points, c’est aussi pour çà qu’Orange SA n’évalue pas le montant de cette retraite. Car si le point baisse suite à des placements financiers dans des obligations titrisées (contenant par exemple des prêts étudiants américains ou autres créances quasi-irrécupérables) le rendement de la RAFP peut encore diminuer.

Or, c’est ce type de retraite par points que le Gouvernement Macron nous mijote pour les années à venir.

Comme ce gouvernement s’obstine dans une Politique de l’Offre consistant à faire des cadeaux fiscaux aux entreprises qui, avant l’instauration au 1er janvier 2013 (sur l’instigation du Conseiller présidentiel à l’économie, M. Macron) du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), coûtait déjà selon un rapport de la Cour des comptes 200 milliards d’euros par an à l’Etat, il prétend qu’on ne peut plus se payer des retraites par répartition dont la sécurité est encore jusqu’ici bien supérieure.

Le CICE étant porté à 40 milliards d’euros pour 2019, il faut trouver l’argent en surtaxant les retraités par l’augmentation de la CSG et par la suppression, depuis 2013 également, de l’indexation des retraites.

Au passage, notons que le Gouvernement Macron qui demande de la patience aux Français pour obtenir d’hypothétiques résultats car il n’est là que depuis 20 mois, dissimule que les mesures contestées ont été décidées (par le même) il y a 7 ans (loi de finances rectificative pour 2012).

Mais revenons à la future retraite par points sensée niveler, par le bas, les pensions du secteur privé et du secteur public. Salariés et fonctionnaires tous égaux !

Imaginons que le montant des retraites futures découle d’un système tel que la RAFP.

Pour 15 ans de cotisation un salarié cotiserait donc au taux de 5 % non plus sur ses seules primes, mais sur l’ensemble de son revenu (traitement pour 100 % et primes pour 20 %).

Pour fixer les idées, reprenons nos exemples ci-dessus en multipliant par 6 les cotisations et les pensions :

Si le salarié cotise 120 euros, il touchera au bout de 15 ans un montant de 120 euros de retraite.

Si le salarié cotise 360 euros, il touchera au bout de 15 ans un montant de 360 euros de retraite.

Comme c’est une retraite par points elle est proportionnelle au nombre de points acquis, donc :

Si le salarié cotise 120 euros, il touchera au bout de 45 ans un montant de 360 euros de retraite.

Si le salarié cotise 360 euros, il touchera au bout de 45 ans un montant de 1080 euros de retraite.

En doublant les cotisations salariales et employeurs, c’est-à-dire en portant l’une et l’autre à 10 % :

Si le salarié cotise 240 euros, il touchera au bout de 45 ans un montant de 720 euros de retraite.

Si le salarié cotise 720 euros, il touchera au bout de 45 ans un montant de 2160 euros de retraite.

En somme, un salarié bande C doit s’apprêter à vivre avec 720 euros pendant sa retraite, il aura la grande satisfaction de savoir que son collègue fonctionnaire II 2 percevra la même retraite par points égalitaire.

De même un salarié bande F doit s’apprêter à vivre avec 2160 euros pendant sa retraite, il aura la grande satisfaction de savoir que son collègue fonctionnaire IV 4 percevra la même retraite par points égalitaire.

Et encore, il faut que pendant 45 ans les gestionnaires de fonds aient été irréprochables et n’ai pas dilapidé vos versements dans l’économie-casino.

La retraite par points est donc un terrible nivellement par le bas au nom de … l’égalité.

Pas étonnant que dans les pays anglo-saxons qui « bénéficient » de retraite par capitalisation, dans les halls d’hôtels il faut se battre avec des vieillards de 75 ans qui vous arrachent vos valises pour survivre d’un pourboire.

On vit une époque formidable.


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