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La famille de Rémy Louvradoux, le salarié de France Télécom qui s’était immolé par le feu sur son lieu de travail le 26 avril à Mérignac (Gironde) a annoncé jeudi qu’elle allait porter plainte contre l’entreprise pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui.

Hélène Louvradoux, son épouse, et Raphaël son fils, ont tenu une conférence de presse à Bordeaux en compagnie de leur avocate Cécile Boulé, ce jeudi. « Nous avons entamé une procédure en vue de porter plainte (avec constitution de partie civile, ndlr) contre France Télécom et toute autre personne dont la responsabilité pénale viendrait à être caractérisée, pour mise en danger de la vie d’autrui et homicide involontaire », a expliqué la veuve, souvent très émue pendant la conférence de presse…

Un courrier en 2009

A l’automne 2009, en pleine vague de suicides chez l’opérateur téléphonique, il avait même apostrophé la direction de France Télécom. « Dans ce courrier, il alertait les dirigeants. Il s’appuyait sur ses compétences professionnelles en matière de prévention pour leur dire que, si on ne s’attaquait qu’aux effets et pas aux causes, les graves difficultés liées à la mobilité ne se résoudraient pas », raconte François Deschamps.

Une carrière débutée en « bas de l’échelle »

Il travaillait depuis trente ans chez l’opérateur téléphonique. Il avait débuté « tout en bas de l’échelle », comme technicien employé à la construction du réseau, raconte François Deschamps, responsable CFE-CGC-UNSA Sud-Ouest. Il avait gravi tous les échelons. Ces dernières années, il avait subi de plein fouet la politique de « mobilité » pointée du doigt dans plusieurs affaires de suicide chez France Télécom. C’était la « période Lombard », du nom de l’ex-PDG de France Télécom, où régnait une véritable « terreur sociale », selon François Deschamps. Pendant deux ans, Rémy avait enchaîné des missions ponctuelles, parfois loin de ses compétences centrées sur la qualité et la sécurité…

Extrait : France Soir16 décembre 2011


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