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En qualité de Président CFE-CGC/UNSA France Telecom-Orange, Sébastien Crozier signe une contribution sur l’arrivée de Free Mobile et son impact jugé négatif sur la téléphonie mobile voire sur la société française.

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Selon une étude du cabinet GFK, et sur la base de l’offre décrite par Xavier Niel devant les médias, 8 Français sur 10 ont l’intention, à court ou moyen terme, de souscrire à l’offre de téléphonie mobile de Free.

Mais comment s’y prend Free pour monter son offre illimitée à 19,99 euros par mois (15,99 euros pour les abonnés ADSL Free) et son forfait 60 minutes et 60 SMS pour 2 euros par mois (pour les abonnés ADSL Free) ?

Quelles seront les incidences cette nouvelle offre sur le marché des télécommunications en France ?

Et que se passera-t-il si les Français interrogés confirment par des actes leurs intentions de basculer chez Free mobile ?

Free Mobile est financé par ses concurrents via la terminaison d’appel

Free Mobile compte d’abord sur le prix de la terminaison d’appel dont il va bénéficier pendant sa période de lancement.

Qu’est-ce que la terminaison d’appel ? Lorsque l’abonné d’un opérateur A appelle un abonné chez un opérateur B, l’opérateur B facture à l’opérateur A des frais d’interconnexion (ou terminaison d’appel).

Or, jusqu’au 31 décembre 2013, Free Mobile pourra facturer la terminaison d’appel plus cher que ses concurrents, selon une décision de l’ARCEP mise en consultation jusqu’au 27 janvier…..

….Free mobile, la stratégie du coucou ?

C’est la conclusion que l’analyse impose, quand on regarde de plus près comment l’offre a été mise en place.

C’est donc doublement inacceptable d’insulter tout le marché comme il l’a fait lorsqu’on utilise, à plein régime, tout ce que les autres ont déjà construit, pour s’installer dans la place.

En ce sens, Free mobile constitue une parfaite illustration de l’exploitation maximale du dogme néolibéral de la concurrence exacerbée.

Surtout beaucoup de valeur(s) détruite(s) !

Malheureusement, l’expérience montre qu’un tel système conduit surtout à une destruction de valeur préjudiciable à l’ensemble de la société.

Comme nous l’avons vu, les opérateurs mobiles, contraints de baisser leurs tarifs s’ils ne veulent pas voir tous leurs clients claquer la porte, seront également contraints de s’aligner sur les autres paramètres : moins de service aux clients, plus de vente directe sur le Web, délocalisation des emplois d’assistance par téléphone.

Rappelons qu’en dépit des promesses faites lors de l’ouverture du marché des télécommunications, ce secteur en forte croissance a perdu 32 000 emplois en 12 ans .

De nouveaux plans de suppression sont d’ores et déjà dans les cartons, simplement, ils ne sortiront qu’après les élections présidentielles.

Alors, oui, les tarifs de la téléphonie mobile baisseront plus rapidement que les seuls gains de productivité technologiques ne l’auraient offert. Mais à quel prix ?

Le consommateur y gagne aujourd’hui. Les salariés ont perdu. Demain les citoyens paieront.

Car ce n’est pas Xavier Niel qui financera les allocations chômage, ses nouveaux salariés seront au Maroc.

Sans parler des insultes qui ont volé bas, dans les médias et dans les boutiques, créant de la tension entre les personnels de vente et les clients.

Est-ce le modèle de société que veulent les Français ? Nous ne le croyons pas.

Les chroniques n’expriment que l’opinion de son auteur et n’engagent pas la rédaction ITespresso.fr et la société éditrice NetMediaEurope.

Sébastien Crozier intervient ici en qualité de Président CFE-CGC/UNSA France Télécom-Orange. 

Extrait : Itespresso – 18 janvier 2012


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