La loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) a été promulguée le 22 mai 2019, et ses décrets d’application ont ponctué tout l’été. La loi va entrer progressivement en application, mais certains textes sont déjà en vigueur. Cette loi « fourre-tout » a des impacts dans des domaines aussi variés que la protection des secteurs stratégiques, les privatisations de FDJ ou d’ADP, la gouvernance des entreprises (raisons d’être, vote en assemblées d’actionnaires) et l’actionnariat salarié, ou encore les dispositifs d’épargne retraite.

La possibilité de doter l’entreprise d’une raison d’être ou de lui donner une mission

Désormais, l’article 1833 alinéa 2 du Code civil prévoit que la société est gérée dans son intérêt social en prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. Et la modification de l’article 1835 du code civil permet aux entreprises qui le souhaitent de se reconnaître une « raison d’être », qu’elles pourront inscrire dans leurs statuts. Cette création d’un nouveau statut juridique, celui de société à mission défendant un intérêt collectif ou général, est la possibilité pour le Groupe d’aller sur de nouveaux marchés et d’intervenir dans de nouveaux domaines.

A l’issue de l’AG 2019 du Groupe, Stéphane Richard a lancé une grande consultation (close depuis le 6 novembre) auprès des personnels, précisant que « La raison d’être d’Orange deviendra le fil rouge de notre futur plan stratégique à horizon 2025 ». Cette nouvelle approche ouvre la possibilité de rendre plus sociale et plus écologique une entreprise qui a rémunéré ses actionnaires avec tant de largesse. Orange constitue pourtant un « bien commun » dont tous, salariés, fournisseurs, clients et actionnaires ont intérêt à défendre et protéger l’avenir !

Notons que « la consultation a fait apparaître une double fracture : générationnelle et géographique. En France, Orange reste un ancien monopole avec des enjeux très régaliens : souveraineté, inclusion, aménagement de territoires…
Ailleurs, c’est un acteur de la concurrence qui vient flinguer les opérateurs historiques. »
(Source : Les Echos)

Les décomptes des voix des AG d’actionnaires

La loi de simplification, de clarification et d’actualisation du droit des sociétés, entrée en vigueur le 21 juillet 2019 après la loi PACTE, apporte des modifications aux règles de décompte des voix. Désormais, tout actionnaire qui s’abstiendra sera décompté comme s’il ne prenait pas part au vote.

tableau loi pacte

Les résolutions proposées par le FCPE Orange Actions (détenu par les personnels) obtiendront un score plus important, puisque les abstentions des actionnaires peu intéressés par la gestion de l’entreprise ne seront plus considérées comme des votes négatifs.

Des modifications concernant les conseils de surveillance et leurs administrateurs

Les membres avec une voix délibérative des conseils de surveillance des fonds d’actionnariat salariés seront désormais exclusivement issus de personnels élus. Ni la Direction, ni les représentants des Organisations Syndicales représentatives ne pourront prendre part aux votes. Grâce aux actions de l’ADEAS et de la CFE-CGC, la Direction ne disposait déjà plus de ce droit au sein du FCPE Orange Actions. Néanmoins, au nom de la transparence, la CFE-CGC Orange souhaite la présence à titre consultatif de représentants de toutes les Organisations Syndicales Représentatives.

L’harmonisation des règles entre les différents dispositifs d’Épargne Retraite

Depuis le 1er octobre 2019, le nouveau Plan Épargne Retraite (PER) est disponible. Ce vocable unique regroupe en réalité trois compartiments respectivement alimentés par l’épargne personnelle, l’épargne d’entreprise collective, et l’épargne d’entreprise d’une catégorie de personnels.

schema per 1

Source : amundi

Les personnels disposant déjà d’un ancien produit d’épargne retraite (PERCO, PERP, contrat d’assurance vie collectif dits
« article 83 », dispositifs Madelin dédiés aux travailleurs non-salariés…) peuvent, s’ils le souhaitent, transférer leur épargne dans un nouveau PER.

La loi harmonise les conditions de sortie (rente ou capital, déblocages anticipés), et facilite les transferts des avoirs entre les différents PER lors des changements professionnels.

L’objectif est double : booster l’attractivité de l’Épargne Retraite tout en finançant l’économie, dans un contexte d’accroissement significatif des carrières non linéaires.

Un PER Collectif chez Orange ?

La loi donne la possibilité aux entreprises de mettre en place un nouveau Plan d’Épargne Retraite Collectif (PER COL) aux règles différentes de l’actuel PERCo, et dont l’un des atouts consiste en la possibilité d’obtenir jusqu’à 46% de réduction d’impôts sur le montant investi.

Dès les ordonnances parues, la CFE-CGC et l’ADEAS ont demandé à la direction l’ouverture d’une négociation pour la transformation de notre PERCo en PERCol d’ici à fin 2019.

Celle-ci a bien eu lieu, mais elle a échoué car : 

  • le projet d’accord proposé par la Direction, n’était qu’un copier/coller de l’accord PERCo existant ;
  • nos interlocuteurs refusent que l’abondement soit versé automatiquement, ce qui permettrait pourtant aux plus fragiles de le percevoir sans être obligés d’épargner ;
  • la Direction manque d’intérêt pour le nouveau dispositif, les cadres dirigeants (G) ne pouvant que profiter de la réduction fiscale des versements volontaires ; ils bénéficient déjà d’un versement de 5% de leur salaire brut en retraite supplémentaire, (et demain en PER), versements qui viennent en réduction du plafond fiscal de 10% du revenu net imposable.

La Direction prendra donc une décision unilatérale sans beaucoup de bénéfices pour les personnels.

schema per 2 rogne

Source : amundi


Articles complémentaires

  1. Résultats financiers du Groupe Orange – 3ème trimestre 2016 Dans le cadre du Comité de Groupe Européen d’Orange des 8, 9 et 10 novembre 2016 à Tours, la Direction du Groupe a inscrit un point à l’ordre du jour relatif aux résultats financiers du T3 2016, dossier présenté par Pascal Marchand, Directeur du Contrôle de Gestion Central Groupe. La Direction a commencé par présenter […]
  2. CCUES 08/2016 : Les résultats de l’Entreprise du 1er semestre Résultats du S1 2016 de l’entreprise   information financière du 1er semestre 2016 Réalisations   CA du premier semestre 2016 > 20 milliards d’Euros, en croissance de +0,3% / 1er semestre 2015. Bases 4G et FTTH en Europe et en France X 2 depuis juin 2015 : 22,7 millions de clients 4G et 2,5 millions de clients FTTH. En France, base client sur le mobile progresse de 3,1% en un an, avec des ventes nettes plus que triplées entre le 1er et le 2ème trimestre. En Europe, Espagne quasi-triplement de la base de clients FTTH en un an, atteignant 1,2 millions d’abonnés ; Roumanie : croissance similaire sur sa base de clients 4G. Afrique et Moyen Orient, tendance de fond positive mais croissance de l’activité ralentie, (exigence renforcée de vérification de l'identité des clients). Orange Money 19 millions de clients avec un chiffre d’affaires doublé en un an. Activités sur le marché Entreprise en croissance de 1,2% sur le premier semestre par rapport à l’an dernier. Efforts d’investissements, en hausse de 230 millions d’euros (+8%) sur le semestre, spécialement dans le très haut débit fixe et mobile et l’équipement des clients avec la nouvelle Livebox. Nombre de foyers raccordables en FTTH X 5 en Pologne / juin 2015 : un million, X 2 en Espagne (8,3 millions) et progression de près de 40% en France (5,9 millions). 4G lancée dans 4 nouveaux pays : Tunisie, Côte d’Ivoire, Sénégal et Libéria En Europe progression de couverture 4G pour atteindre des taux selon les pays de 71 à 99%. Acquisitions : Présence en Afrique renforcée : Cellcom au Libéria, Tigo en RDC, filiales d’Airtel au Burkina Faso et en Sierra Leone et investissement dans les services internet avec l’arrivée au capital d’Africa Internet Group. En Europe, accord pour l’acquisition de Sun Communications en Moldavie Cyberdéfense, acquisition de Lexsi  Offre bancaire 100% mobile : négociations exclusives avec Groupama Marque Orange : 53ème place mondiale, 8 places gagnées en 12 mois. Perspectives Orange confirme un EBITDA retraité pour l'exercice 2016 supérieur à celui réalisé en 2015, à base comparable et l'objectif d'un ratio dette nette/EBITDA retraité autour de 2x à moyen terme. pour voir notre analyse
  3. Orange fait l’autruche sur sa dette – La lettre A accès direct à l’article […] Le recours aux obligations perpétuelles, ces titres sans date de maturité, font polémique chez Orange, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 40,23 milliards d’euros en 2015. Pour nombre de salariés, c’est un écran de fumée pour minimiser les 27 milliards d’euros d’endettement de l’ex France Télécom. […] Le sujet […]
  4. L’affaire Madoff s’invite dans le rapprochement Orange-Groupama – Reuters accès à l’article Des salariés actionnaires d’Orange s’inquiètent du risque financier que pourrait faire peser un litige lié à l’affaire Madoff impliquant Groupama Banque dont l’opérateur télécoms doit prendre le contrôle en vue de lancer une banque sur mobile. Le syndicat CFE-CGC et l’association pour la défense de l’épargne et de l’actionnariat des salariés (ADEAS) […]
  5. L’affaire Madoff va-t-elle plomber l’ouverture d’Orange Bank ? – Silicon accès à l’article Groupama Banque, dont Orange prévoit d’acquérir 65% du capital pour lancer Orange Bank, est impliquée dans l’affaire Madoff à hauteur de plus de 300 millions de dollars. Y aurait-il de l’eau dans le gaz entre Orange et Groupama Banque ? On n’en est pas encore là mais les relations entre les deux parties […]

À la Une

Merci : Rejet à 63,31% de l’accord QVCT par référendum

  • CFE-CGC Orange

La CFE-CGC se félicite du désaveu cinglant infligé à la Direction et à la CFDT par les personnels d’Orange. La Direction a proposé un accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de 70 pages, inconsistant. La quantité ne se substituant jamais à la qualité. Ironie suprême, même l’IA interne « Dinootoo » l’analyse comme de […]