La fin des mises à la retraite d’office pose un vrai problème de management et de gestion des effectifs. Il existe néanmoins différents dispositifs permettant de favoriser les départs, sans pénaliser les salariés.

Non, les entreprises ne peuvent tout faire à leur guise. Et surtout pas décider d’envoyer leurs plus vieux collaborateurs à la retraite.

Car la procédure est très encadrée : jusqu’à ses 70 ans, un salarié ne peut partir à la retraite que s’il le souhaite. Dès lors qu’il a atteint l’age légal de départ à taux plein, son employeur doit lui demander chaque année, trois mois avant la date de son anniversaire, s’il entend quitter l’entreprise de son propre gré. S’il ne répond pas positivement dans le mois qui suit, toute mise à la retraite est considérée comme une rupture du contrat de travail au tort de l’employeur….

…/…

Il existe pourtant plusieurs dispositifs incitatifs permettant d’avoir une meilleure visibilité sur la date programmée des départs. » Mais ils sont  sous-utilisés par les entreprises », s’étonne Christelle Bonnet, chargée des retraites chez Mercer Consulting. Et de citer le rachat de trimestres, la retaite progressive et le temps partiel sénior.  « Compte tenu des exonérations sociales et fiscales, cela ne coûte pas trop cher à l’entreprise sans pénaliser le salarié »…

…/…

Dès 2013, Orange France fait ses comptes : parmi ses 45 000 salariés de droit privé (55 000 sont encore fonctionnaires), 30% devraient prendre leur retraite d’ici 2020. L’entreprise a donc adopté l’accord TPS (temps partiel sénior) signé par la CFDT, La CFE-CGC, la CGT et FO. Il leur donne la possibilité de bénéficier d’un passage à temps partiel sur trois ou cinq ans dans des conditions privilégiées…

…/…

Depuis la mise en place du temps partiel sénior, en 2010, 23 000 salariés d’Orange en ont bénéficié. « Aujourd’hui 70% des séniors entrent dans le cadre de ce dispositif », explique Christine Petit, directrice des services partagés RH. La formule ne manque pas d’atouts ; l’employeur réduit sa masse salariale et connaît avec précision la date de départ à la retraite des séniors à temps partiel.

…/…

Ce qui n’empêche pas Orange d’explorer d’autres pistes : l’essaimage, qui concerne une centaine de porteurs de projet chaque année, ou le rachat de trimestres. « Nous étudions chaque situation au cas par cas, explique Christine Petit. Nous sommes allés jusqu’à racheter 12 trimestres. » Les salariés partent en moyenne à 61 ans, ce qui est conforme à la normale nationale….

Source extrait : Liaisons sociales – 1° avril 2016 – Sandrine Germain


Articles complémentaires

  1. L’élection des CAP conditionne votre représentation Au Conseil des Questions Statutaires d’Orange (CQSO) Le Conseil des Questions Statutaires est capital : la Direction rédige elle-même les décrets qui s’appliquent aux fonctionnaires de l’entreprise, avant validation par le Ministère. La CFE-CGC et la CFTC dénoncent ce fonctionnement, qui constitue une atteinte à un principe fondamental du droit : nul ne devrait être à la […]
  2. Sécuriser les parcours professionnels, les carrières, les rémunérations et la retraite Réforme indiciaire 2020 : un goût d’inachevé Les mesures indiciaires et d’amélioration des fins de carrière pour les fonctionnaires d’Orange ont été mises en place en décembre 2020, un an après la Fonction Publique d’État… et en laissant de côté les statuts de fonction (IV.3 et au-delà). La CFE-CGC Orange et la CFTC continuent de se […]
  3. Garantir les droits afférents au statut des fonctionnaires La CFE-CGC et la CFTC défendent le maintien des dispositions prévues par la loi de 2003, qui garantit à l’ensemble des fonctionnaires d’Orange qu’ils et elles garderont leur statut jusqu’à la fin de leur activité.
  4. Discrimination des fonctionnaires d’Orange dans l’accès au Compte Personnel de Formation (CPF) La CFE-CGC Orange écrit à Madame la Ministre du Travail, et à Messieurs les Ministres de l’Economie et des Finances et de l’Action et des Comptes Publics La « loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 05 septembre 2018, qui a pour ambition une nouvelle société de compétences, réforme la formation professionnelle en promettant, […]
  5. Fonctionnaires et salarié-e-s sous la même couverture ! Depuis 2001, en termes de complémentaire santé, la situation des salarié-e-s d’Orange est meilleure que celle des fonctionnaires : les premiers bénéficient d’un contrat collectif obligatoire, dont 60% des cotisations sont pris en charge par l’entreprise ; les seconds, s’ils le souhaitent, s’assurent individuellement et payent 100% des cotisations, moins l’aide forfaitaire de 450 € bruts annuels introduite en février 2015. Cette différence de traitement touche à sa fin, grâce à la ténacité de la CFE-CGC Orange : à compter du 1er janvier 2018, tous les personnels bénéficieront des mêmes garanties. tract_complémentaire_santé_octobre2017.pdf

À la Une

Merci : Rejet à 63,31% de l’accord QVCT par référendum

  • CFE-CGC Orange

La CFE-CGC se félicite du désaveu cinglant infligé à la Direction et à la CFDT par les personnels d’Orange. La Direction a proposé un accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de 70 pages, inconsistant. La quantité ne se substituant jamais à la qualité. Ironie suprême, même l’IA interne « Dinootoo » l’analyse comme de […]