Les résultats 2016 ont signé un retour bienvenu à la croissance conjuguée du chiffre d’affaires et de l’EBITDA, avec un dynamisme commercial soutenu sur l’ensemble des marchés du Groupe. Les résultats du 1er trimestre 2017 confirment ces tendances positives, démontrant la capacité des personnels à surmonter les obstacles, qui persistent sur la quasi-totalité des marchés du Groupe, différemment selon les géographies.

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Orange Bank ouvre de nouvelles perspectives pour rebondir…

En France, Orange va lancer sa nouvelle offre Orange Bank. Si la démarche apparaît disruptive pour un opérateur de télécoms, Orange ne manque pas d’atouts. Orange Money en Afrique et Orange Finanse en Pologne ont démontré la capacité d’Orange à capter la confiance des clients en matière de gestion d’argent. Orange, l’un des plus gros « facturiers » de France, est bien outillée pour traiter de grandes masses de transactions, et dispose d’une connaissance clients basée sur un long historique, qui permettra de bien adapter nos offres. L’acquisition de Groupama Banque et de Business & Décision, en négociation, complètent les compétences d’Orange en matière bancaire et d’analyse des données. La qualité de l’exécution opérationnelle sera néanmoins la clef du succès. Si elle est au rendez-vous, cette nouvelle activité ouvrira d’autres perspectives à Orange dans le domaine des services basés sur la confiance, actif qui ne cesse de prendre de l’importance dans le monde contemporain.

… sur un marché français toujours difficile…

Les offres de data illimitée lancées en mars dernier par Free Mobile, puis par SFR sur la 4G viennent, à nouveau, mettre en péril la rentabilité des réseaux, alors que la baisse des prix et des marges semblait enfin endiguée. En même temps, le régulateur des télécoms (Arcep) continue de jeter des pavés dans la mare, démontrant à l’envi sa méconnaissance des fondamentaux du marché. Alors qu’il souhaite une accélération dans le déploiement des réseaux à très haut débit, il veut punir le 1er de la classe, au motif fallacieux qu’Orange empêcherait les autres opérateurs d’accéder au marché des entreprises. Refusant toute idée de consolidation sur le marché français au profit de la concurrence entre les opérateurs, il fustige les rachats ou les partenariats avec les médias, qui sont clefs pour séduire et retenir nos clients sans sombrer dans une guerre des prix mortifère. Cherchez l’erreur…

… où les contenus restent un axe clef de différenciation

La convergence entre médias et opérateurs reste un débat ouvert, où les équilibres se cherchent. Un simple partenariat d’Orange avec Canal+ apparaît raisonnable pour garantir aux clients d’Orange un accès pérenne à des contenus de qualité, en Europe et en Afrique, en préservant les spécificités « métier » de chacun : les déboires passés d’Orange ou de Jean-Marie Messier ont démontré qu’il n’était pas forcément pertinent de fusionner les deux. Certains voient dans ce partenariat une porte ouverte vers la consolidation européenne, mais Orange n’a pas manifesté d’intention de cet ordre. L’ultimatum de TF1 visant à faire payer les opérateurs pour diffuser sa chaîne gratuite sur les box semble loufoque : le modèle économique de TF1, c’est la publicité, et donc l’audience. Pourquoi la chaîne prendrait-elle le risque de se priver de l’audience apportée par les telcos ? Orange vient cependant d’ouvrir une perspective qui pourrait mettre fin au bras de fer : si TF1 est prêt à proposer des services supplémentaires dédiés aux clients des box, alors, pourquoi pas ?

L’Afrique ne sera pas forcément l’eldorado attendu

L’opérateur libérien Cellcom, acquis en 2016, vient d’adopter la marque Orange, qui complète ainsi sa couverture de l’Afrique de l’Ouest. Pour autant, la rentabilité des investissements consentis en Afrique s’avère plus lointaine et moins généreuse qu’initialement prévu. Si la croissance démographique, levier de développement du business, y est indéniable, les aléas économiques et politiques, très fréquents dans cette région du monde, peuvent anéantir les résultats. Cela n’empêche pas les gouvernements de s’y montrer gourmands lorsqu’il s’agit de prélever des taxes.

Les ARPUs (Average Revenu Per User = revenu moyen par utilisateur) sont faibles, l’activité opérationnelle spécifique et complexe, tandis que les synergies entre les différents pays sont limitées. Accroître notre couverture géographique pour « remplir » les câbles sous-marins que nous avons contribué à déployer ne peut constituer un objectif. Le marché africain est aussi morcelé qu’en Europe au plan des économies, des régulations, des langues et des cultures. Il est dès lors difficile de faire des économies d’échelles pour améliorer les résultats.

L’avenir capitalistique d’Orange reste une inconnue…

Le désengagement de l’État dans le capital d’Orange a fait l’objet de nombreuses spéculations, dès avant la campagne électorale, et reste une épée de Damoclès. S’il se confirme, trouver un nouvel actionnaire de référence pour assurer la stabilité d’Orange deviendra une priorité absolue. Bouygues aurait pu en constituer un. La CFE-CGC Orange, dès 2014, s’était déclarée favorable à un tel rapprochement. S’il souhaite diminuer sa participation dans Orange, il faudra cette fois que le gouvernement favorise cette alliance, qui apparaît comme la plus réaliste, plutôt que d’empiler les obstacles comme il l’a malheureusement fait en 2016.

… et la prudence devrait être de mise

En attendant cette éventualité, la CFE-CGC Orange et l’ADEAS continuent de militer pour un renforcement des fonds propres via une baisse du dividende (et non une augmentation de 0,60 à 0,65 euros comme envisagé pour l’exercice 2017),
mais également un renforcement de l’actionnariat salariés.

Malheureusement, l’objectif annoncé d’atteindre 10% du capital entre les mains du personnel d’ici 2020 reste pour le moment un vœu pieu. Dans sa première mouture, l’AGA en projet (Attribution Gratuite d’Actions) à l’ensemble des personnels est non seulement insuffisante… mais en ne prévoyant pas de loger les actions dans le PEG (Plan Épargne Groupe), elle dispersera le capital et les droits de vote, empêchant de fait les salariés de faire bloc efficacement en cas d’OPA hostile.


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