
Une souveraineté numérique à bâtir
Dans un entretien accordé à Laura Audemar pour L’Hémicycle, Sébastien Crozier défend la souveraineté numérique européenne.
Selon lui, la dépendance aux géants technologiques restera une réalité durable. Toutefois, cette situation ne doit pas conduire au renoncement. Au contraire, l’autonomie stratégique numérique se construit par des choix industriels ambitieux. Elle nécessite également une vision de long terme. Enfin, elle suppose des investissements ciblés dans les secteurs clés.
Des atouts européens à valoriser
Pour relever ce défi, la France dispose d’atouts majeurs. Elle peut notamment s’appuyer sur la défense, le nucléaire et les télécoms. Ces filières constituent des leviers essentiels de souveraineté. Par ailleurs, l’Europe bénéficie d’opérateurs télécoms puissants. De plus, ces acteurs disposent d’une présence internationale significative. Ainsi, les fondations existent pour renforcer notre autonomie technologique.
Une ambition portée par la CFE-CGC Orange
Dans ce contexte, le Think Tank Géopolitique du Numérique joue un rôle majeur. Émanation de la CFE-CGC Orange, il porte une ambition claire. D’une part, il sensibilise les décideurs aux enjeux de souveraineté numérique. D’autre part, il favorise les coopérations entre acteurs partageant des intérêts stratégiques communs.
Pour autant, cette dynamique ne pourra aboutir sans une action publique forte. L’État doit donc retrouver un rôle moteur dans les filières technologiques. En tant que stratège, actionnaire et acheteur, il peut coordonner les écosystèmes essentiels. En outre, la préférence d’achat européenne constitue un levier déterminant. Grâce à elle, l’Europe renforce son autonomie stratégique numérique. Enfin, le Think Tank contribue à nourrir le débat public sur les conditions de notre souveraineté technologique.
Retrouvez les échanges ici :
Sébastien Crozier : « Il faut reprendre en main nos filières technologiques » | L’Hémicycle
Propos recueillis par Laura Audemar
Illustration par Mariam Tagadirt
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