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algorithmes 112018

Photo : Les Arènes

Attention, c’est du brutal. « Algorithmes, la bombe à retardement » (Novembre 2018, Les Arènes) nous plonge dans les cuisines peu ragoûtantes des fabricants d’algorithmes. L’auteure, Cathy O’Neil, est une mathématicienne américaine de haut vol passée de l’université aux banques puis aux analyses en big data avant de se reconvertir en lanceuse d’alerte. Elle pousse ici un cri d’alarme citoyen : nous ne pouvons pas rester spectateurs d’un monde où nous sommes de plus en plus tributaires d’outils conçus de façon opaque, utilisés à des fins commerciales ou sécuritaires et ayant pour conséquence d’exacerber les inégalités.

A lire dans Usbek & Rica – Vincent Edin – 14/11/2018

Numérique

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exclusion numerique 112018

Photo : stevepb via Pixabay

C’est un des enseignements de l’enquête menée par BVA pour le compte du Digital Society Forum. Et, alors que le calendrier de la numérisation des démarches administratives s'accélère en France, ce sont justement ces dernières qui semblent poser le plus de difficultés, certes à une minorité (10%) de Français, mais à une minorité bien réelle notamment composée de personnes âgées et/ou peu diplômées.

Plus d’informations dans Le Figaro – 13/11/2018

La principale mesure évoquée pour lutter contre l’exclusion est la mise en œuvre de formations pratiques pour les personnes peu familières avec les nouvelles technologies. Pas sûr cependant que la stratégie low cost du gouvernement en la matière soit suffisante…

Numérique

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eric sadin 112018

Photo : Stephan Larroque

Voici une interview du philosophe Eric Sadin qui vient de publier un essai dans lequel il s’attaque à l’intelligence artificielle. Pour lui, cet « enjeu du siècle » est un « antihumanisme radical », qui vient parachever l'ambition des grands acteurs du capitalisme numérique de s'infiltrer dans chaque interstice de notre vie privée pour y trouver de nouvelles sources de profit.

A lire dans Usbek & Rica – Fabien Benoit – 09/11/2018

Voici le texte de présentation de l’ouvrage d’Eric Dadin, paru en octobre aux éditions de L'Échappée :

C’est l’obsession de l’époque. Entreprises, politiques, chercheurs… ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l’émergence d’un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L’objet de cet enivrement, c’est l’intelligence artificielle.

Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L’intelligence artificielle est appelée, du haut de son autorité, à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines. Désormais, une technologie revêt un « pouvoir injonctif » entraînant l’éradication progressive des principes juridico-politiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d’action.

Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d’actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une « main invisible automatisée », où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d’être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes. Il s’avère impératif de s’opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l’incertitude inhérente à la vie. Tel est l’enjeu politique majeur de notre temps.

Ce livre procède à une anatomie au scalpel de l’intelligence artificielle, de son histoire, de ses caractéristiques, de ses domaines d’application, des intérêts en jeu, et constitue un appel à privilégier des modes d’existence fondés sur de tout autres aspirations.

Numérique

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Bruno Le Maire recule sur la taxe GAFA

bruno lemaire 112018

Photo : Philippe Wojazer

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a été contraint, ce mardi, d'accepter de repousser à fin 2020 l'éventuelle entrée en vigueur d'un impôt sur les revenus des GAFA. Il est en effet confronté aux très fortes résistances affichées par certains pays européens, dont l’Allemagne qui souhaite attendre la fin des travaux de l'OCDE, prévue pour l'été 2020, sur ce sujet.

De son côté, Bruxelles continue de plaider pour une solution à l'échelle européenne, faute de quoi les pays légiféreraient par eux-mêmes, ce qui ne manquerait pas de générer de profondes disparités.

Plus d’informations dans La Tribune – 07/11/2018

Un dossier qui traîne en longueur et résonne comme un échec pour le gouvernement, qui en avait fait une « priorité absolue ». Et puis, à quoi sert la Communauté européenne si ses pays sont incapables de s’entendre sur une disposition qui défendrait les intérêts de ses entreprises face aux géants américains ?

Europe et International Numérique

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jacques francois marchandise fing

Jacques-François Marchandise. (Crédits : DR)

Cofondateur et directeur de la recherche de la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), Jacques-François Marchandise estime que, contrairement à certaines idées reçues, les difficultés numériques ne concernent pas que les personnes âgées et les foyers les plus pauvres.

Les analyses de Jacques-François Marchandise sont particulièrement intéressantes par leur finesse et leur profondeur : on ne peut qu'abonder dans son sens, y compris lorsqu'il s'exprime sur la question de la couverture des territoires en termes de réseaux  :

Outre les abonnements, il y a encore, notamment dans certains bourgs et villages, des zones blanches où le mobile ne passe pas, et des endroits où se connecter à Internet relève du chemin de croix...
Oui, et cette situation était prévisible il y a vingt ans lorsque les États ont libéralisé le secteur des télécoms. Nous avons créé une situation où l'État n'a pas assez le bénéfice des réseaux les plus solvables dans les zones les plus densément peuplées. Cela l'empêche de réaliser correctement la péréquation dans les campagnes et banlieues moins peuplées et moins rentables, qui intéressent peu - ou pas - les opérateurs privés. Cet ancien choix politique a favorisé la concurrence et le développement numérique, mais laisse le contribuable payer la note des réseaux moins profitables...

On pourrait ajouter que cette libéralisation et la concurrence exacerbée qui en découle ont également contribué à : 

  • la perte d'emplois dans le secteur des télécoms, et à la suppression des boutiques physiques des opérateurs dans les zones rurales,
  • opposer les consommateurs et les citoyens aux salariés producteurs des services de télécommunications,

ces deux éléments éliminant ou limitant les médiations humaines qui pourraient contribuer au comblement de certaines fractures numériques.

Bref, un excellent papier, à retrouver in extenso dans La Tribune - Pierre Manière - 31/10/2018

 

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