En 2025, Orange a versé 16,05 millions d’euros à Action Logement au titre de sa participation à l’effort de construction. Après déduction de 6 millions d’euros consacrés aux politiques publiques, le bilan recense 1 457 services rendus aux salariés, soit une hausse de 13,8 % par rapport à 2024. La progression du nombre de services est principalement liée à l’augmentation des aides Mobili-Jeune. Cette prestation s’adresse aux jeunes de moins de 30 ans en apprentissage, en formation professionnelle ou en alternance.
Le logement locatif a permis à 300 familles d’obtenir un logement, contre 335 l’année précédente. Les attributions ont diminué en Île-de-France. La majorité des logements attribués sont sociaux ou intermédiaires. Par ailleurs, les 995 offres locatives proposées en exclusivité ou en multi-exclusivité aux salariés d’Orange ont abouti à 33 relogements.
Les aides à la location ont concerné 736 personnes, contre 573 en 2024. Cette hausse s’explique surtout par Mobili-Jeune, qui a bénéficié à 497 alternants, contre 325 l’année précédente. Le nombre de garanties Visale (caution gratuite proposée par Action Logement, qui permet au locataire de présenter une garantie à son bailleur et peut couvrir, sous certaines conditions, les loyers impayés ainsi que certaines dégradations du logement) a légèrement diminué, tandis que les avances Loca-Pass (prêt sans intérêt qui permet de financer le dépôt de garantie demandé à l’entrée dans un logement locatif, dont le montant est limité à 1 200 € et qui se rembourse en 25 mensualités à partir du troisième mois suivant son versement) sont restées stables, avec 52 bénéficiaires.
En matière d’accession à la propriété, 66 prêts ont été accordés, pour un montant total de 1,98 million d’euros. Le rapport de la commission logent indique toutefois que les changements réglementaires limitent les possibilités de financement pour l’achat d’un logement ancien. Les prêts travaux ont également reculé, passant de 89 à 57. À Mayotte, un accompagnement spécifique a été mis en place après le cyclone Chido et a concerné 67 salariés.
L’accompagnement social a progressé : 105 salariés ont bénéficié d’un suivi, contre 94 en 2024, et le nombre total d’aides aux salariés en difficulté a atteint 183. Les situations prises en charge concernent notamment les impayés, les risques d’expulsion, les séparations et les ruptures d’hébergement.
Le rapport souligne les efforts de communication et d’accompagnement, notamment par des newsletters, des informations sur les dispositifs et le soutien des assistants sociaux du travail. Il rappelle cependant que la décision finale d’attribution d’un logement social revient aux commissions des bailleurs. Pour 2026, Orange prévoit de poursuivre les actions d’information, d’organiser des webinaires pour les alternants et de lancer un diagnostic des besoins en logement des salariés.
Analyse de la CFE-CGC
En 2025, Orange SA a versé 16,05 M€ à Action Logement, soit 0,45 % de la masse salariale 2024, au titre de ses obligations. Ce financement doit se traduire par un accompagnement concret, lisible et efficace des salariés dans leur parcours logement. Le bilan fait état de 1 457 services rendus, soit une hausse de 13,8 % par rapport à 2024, pour une valorisation de 12,25 M€.
Cette hausse est à nuancer : davantage de services ont été rendus, mais la valorisation globale diminue et ne permet pas, à elle seule, de mesurer la qualité des réponses apportées. Les aides à la location progressent fortement, avec 736 services contre 573 en 2024, principalement grâce au dispositif Mobili-Jeune. Ce dispositif a bénéficié à 497 alternants, contre 325 l’année précédente : une évolution positive, mais les communications doivent intervenir dès le recrutement et non lorsque nos alternants ont déjà trouvé une solution de logement.
L’accompagnement social concerne 183 salariés, contre 153 en 2024, révélant l’augmentation ou la meilleure identification de situations de précarité, de rupture familiale, d’impayés ou de sinistres.
La mobilisation spécifique après le cyclone Chido à Mayotte a permis d’accompagner 67 salariés et confirme l’urgence de créer un dispositif préventif et rapidement déclenchable face aux catastrophes climatiques.
L’accession à la propriété se maintient, avec 66 prêts accession accordés pour 1,98 M€, contre 57 prêts en 2024. À l’inverse, les prêts travaux reculent fortement, avec 57 prêts en 2025 contre 89 en 2024, alors même que les besoins d’adaptation et de rénovation des logements demeurent importants
La situation est particulièrement préoccupante en Île-de-France, où les attributions chutent de 164 à 115, alors que les tensions sur le logement y sont les plus fortes.
Le parcours reste trop complexe : 2 121 candidatures ont été écartées par le scoring et 1 080 ont été annulées par les salariés eux-mêmes.
En moyenne, il faut trois passages en commission d’attribution pour obtenir un logement, ce qui confirme un parcours long, incertain et insuffisamment accompagné.
Les offres exclusives sont sous-utilisées : sur 995 offres proposées, seules 20 % ont donné lieu à au moins une candidature, pour seulement 33 relogements.
La CFE-CGC souhaite qu’une analyse approfondie soit réalisée afin d’identifier les freins : localisation, loyers, critères d’éligibilité, qualité des offres ou manque de visibilité auprès des salariés.
La CFE-CGC considère que l’information des salariés ne peut pas reposer uniquement sur Anoo ou sur la mobilisation ponctuelle des assistants sociaux du travail : elle doit être régulière, visible et accessible à tous.
La CFE-CGC rappelle que la commission logement doit être pleinement associée aux actions de communication, à l’analyse des situations et aux évolutions des dispositifs, conformément à ses missions d’information, d’assistance et de suivi. Cela a déjà permis, cette année, que l’ensemble des alternants soient invités aux réunions d’information sur le logement menées par les assistants sociaux du travail.
La CFE-CGC a porté une résolution, votée en instance, afin de rappeler à la direction le rôle de la commission et la nécessité de l’associer aux travaux d’information et d’aide au logement qui peuvent être menés auprès des salariés d’Orange. La commission doit recevoir régulièrement des données de synthèse lui permettant de travailler efficacement et de suivre les demandes, refus et évolutions des dispositifs.
La CFE-CGC demande que les critères de bonification et toutes les communications Orange sur le logement soient travaillés avec la commission ; elle revendique également la fin de l’exclusion des alternants et des salariés en CDD de l’accès aux bonifications Orange.
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