Les Experts du cabinet TECHNOLOGIA ont restitué de façon précise, tous les compartiments inhérents à la phase de Micro-zoning du projet Mistral. Les problématiques exposés dans leur conclusion, traduisent l’existence de plusieurs angles morts dans ce projet. Il en ressort que :

  • La Direction présente un projet qui se met en limite des capacités offertes par le site, en s’attachant à ne pas dépasser les limites posées par la norme (NFX35-102) homologuée par l’AFNOR en 1998, et en ne gardant aucune marge de manœuvre.
  • La Direction a construit son projet avec des hypothèses optimistes sur la pratique du télétravail et sur l’adoption des principes du Flex-Office.
  • Sur la base de ces hypothèses, La Direction présente un projet dans lequel les surfaces mises à disposition des salariés de TLM sont fortement réduites, conduisant à des aménagements très denses de nature à dégrader les conditions de santé et de travail des salariés. (4,68 m²/poste (parmi les plus faibles de la tour)​)
  • Moyenne TLM : 5,23 m²/poste / Moyenne EKO : 8,28 m²/poste​
  • Les sujets de l’espace individuel disponible au poste de travail, du bruit sur des espaces fortement densifiés et de la sécurisation des procédures d’évacuation d’urgence de la Tour n’ont visiblement pas fait l’objet d’investigations approfondies, comme l’a si bien exposé l’expert Tehnologia.
  • Aucun sondage GABO n’a été établi avant tout mouvement pour étalonner au mieux la situation. Reste à savoir si cela est envisagé quelques mois après l’aménagement des salariés.

Pour reprendre et appuyer les conclusions exposés par l’expert Technologia sur la Thématique « Densité-Productivité »

60 à 70% des salariés auront accès simultanément à un poste de travail et à des équipements de travail, par rotation. Auquel il faut ajouter les différents espaces de travail ponctuel tels que les mini-salles de réunion sans réservation, salles de réunion à réserver, espaces collaboratifs, Les cabines etc…

Dans l’hypothèse où le projet Mistral est sensé favoriser à la cible, les conditions de travail des salariés, il n’en demeure pas moins que :

  • La forte densité, allant jusqu’à moins de 5m2 par position de travail, aura un impact direct sur la possibilité de se concentrer, en raison du volume sonore ambiant important qu’elle pourrait générer, et également de l’absence de séparateurs latéraux, d’une circulation plus proche des positions de travail.
  • Des pics de densité dus au faible coefficient de foisonnement, sont rapidement atteints dans les espaces avec des Benchs à 4 postes (calcul excluant les espaces d’accompagnement).
  • La forte diminution du nombre de cloisons va augmenter la taille des open-spaces, et les cas de cohabitation entre les équipes plus bruyantes (échanges téléphoniques, vocaux…) et les équipes plus silencieuses.
  • Sur l’ensemble des plans fournis du micro-zoning, les cotes entre postes dos à dos sont strictement inférieures à 1,90m et donc Non conformes à la Norme NFx35-102, qui préconise le respect d’une valeur de 2m30 pour ces espacements.

Le projet Mistral décline incontestablement une vision assez tranchée de la répartition du travail :

  • les tâches de production nécessitant de la concentration et du calme seront à réaliser principalement hors site, en télétravail par exemple.
  • les tâches d’échanges et de convivialité se réaliseront sur site, dans les créneaux planifiés à cet effet.

Nous regrettons que ces informations légitimes, permettant d’établir des analyses d’adéquation entre besoins spécifiés et besoins réalisés sur le périmètre des métiers des collègues de la Division INNOVATION, ne figurent pas clairement dans le dossier du projet.

En CONCLUSION :

  • Nous recommandons en conclusion de :
  • Limiter le coefficient de foisonnement en Flex-Office à 0,7 minimun et non pas à 0,61 comme le projet le prévoit actuellement (Valeur plancher recommandée (Ratio Innovation : 26 salariés pour 16 postes = 0,61​)
  • Réserver aux postes de travail une surface normative d’au-moins 6m² et interdire les surfaces inférieures à 5m².
  • Adopter instamment les normes d’aménagement proposées par l’INRS : élargissement des espaces de dégagement derrière les postes de travail à 1,90 m minimum;
  • installer de capteurs de CO2 pour éviter une saturation de l’air au-delà de 1 000 ppm / m3. Si cela n’est encore pas fait.
  • Réserver sur le plateaux du 23ème étage de la TLM, un contingent de postes de travail pour l’accueil des stagiaires et alternants, effectifs sur lesquels le flex-office ne doit pas s’appliquer de manière permanente.
  • Identifier en amont les postes de travail à réserver en priorité pour les salariés souffrant d’un handicap quel qu’il soit et nécessitant des mesures d’accompagnement

(Dans le cas où on a des nouveaux arrivants handicapés quelle est la procédure prévue)

  • Saisir l’occasion de ce réaménagement pour équiper les parkings en solutions de recharge pour les véhicules électriques individuels et sécuriser au maximum les emplacements pour les 2 roues.
  • Actualiser le DUERP avec les risques identifiés pour l’aménagement cible des salariés.
  • Prévoir un budget pour des travaux correctifs, dont les besoins apparaitront après la mise en œuvre du Projet.
  • Réclamer une analyse Gabo post installation et un rex après 6 mois de l’emménagement des équipes.

Par Guy Bernardin Gnadou


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