Au sommaire du CSEC Santé 8 septembre 2026 : Santé au travail 2025 : un bilan mitige Commissions santé du CSEC : nos élus agissent, la direction doit suivre Retrouvez l’Essentiel CSEC santé Numero 66 du 8 septembre 2025

L’accord d’intéressement permet de récompenser chaque année les efforts fournis par les personnels. Ces efforts sont mesurés par une formule de calcul qui définit le montant global de l’intéressement en pourcentage de la masse salariale. Cette somme est ensuite répartie entre l’ensemble des personnels d’Orange SA selon des critères définis par l’accord d’intéressement négocié entre la Direction et les organisations syndicales.

L’intéressement est calculé sur la masse salariale globale de l’entreprise (2014 : 4,2 Milliards €). D’ici 3 ans, 15 000 départs sont prévus pour seulement 3 500 recrutements. Les départs sont des salaires dits de « fin de carrière », donc plus élevés que les recrutements prévus sur des salaires « d’entrée de carrière ». Une partie non négligeable de la masse salariale disparaîtra, diminuant mécaniquement l’enveloppe d’intéressement à partager.
L’intéressement en 2015 par les personnels d’Orange SA au titre des résultats 2014 était de 5 %, pour un objectif atteint à 105%. Le nouvel accord prévoit qui faudra désormais atteindre 110% des objectifs pour gagner ces mêmes 5% d’intéressement : il va falloir travailler plus pour avoir le même pourcentage global d’intéressement… et un montant individuel en euros plus faible que précédemment !
La Direction a donc atteint son premier objectif : diminuer le montant global de l’intéressement, et récupérer ainsi le peu qu’elle a lâché sur la négociation annuelle des salaires (qui favorisait déjà les personnels les mieux payés, l’un des motifs pour lesquels la CFE-CGC Orange n’a pas signé l’accord 2015). En terme de climat social, c’est plus rentable : la majeure partie des personnels n’ayant pas le temps de se pencher sur le calcul complexe de l’intéressement, et encore moins de suivre les indicateurs qui permettent de savoir s’il sera ou non déclenché, chacun s’est finalement habitué à considérer l’intéressement comme un « bonus », et rares sont ceux qui se plaindront de sa baisse… alors que nous avons tous les yeux rivés sur la fiche de paie mensuelle dont il est plus aisé de suivre l’évolution.
– soit une répartition uniforme ;
– soit une répartition proportionnelle au salaire ;
– soit une répartition proportionnelle à la durée de présence ;
– soit une répartition utilisant conjointement plusieurs de ces critères.
Chez Orange, les critères retenus sont la durée de présence, le salaire, et la « durée d’appartenance » (qui tient compte des entrées et sorties de l’entreprise au cours de l’année).
Il s’agissait ensuite pour la Direction de s’acheter une bonne conduite. Et quoi de mieux que d’obtenir, pour la première fois dans l’histoire d’Orange, la signature de SUD, réputée réfractaire à toute rétribution variable ? Une belle victoire pour une Direction qui ne cesse de rechercher les symboles d’un dialogue social hors pair !
Les intentions affichées peuvent apparaître louables : l’ajout du critère « durée d’appartenance à l’entreprise » pour calculer la répartition de l’intéressement permet de donner davantage aux salaires les plus faibles, et surtout aux personnels « éloignés du service » pour diverses raisons (maladie ou TPS). En réalité, SUD a choisi de privilégier son électorat, en grande partie parmi les collègues en TPS, au détriment des jeunes qui rejoignent l’entreprise, et plus globalement de ceux qui produisent la performance économique que l’intéressement est censé rétribuer ! Un clientélisme pragmatique beaucoup moins reluisant ! Quant à la signature de FO et de la CFDT, no comment…
Pour sa part, la CFE-CGC Orange a refusé de signer un tel accord d’intéressement… ce qui est aussi une première !
Non par intérêt électoraliste ou catégoriel : tous accords confondus (négociation sur les salaires + accord d’intéressement), les personnels les moins bien rémunérés qui restent en activité sont les plus pénalisés par les nouveaux accords, et la CFE-CGC prône avant tout l’équité.
Tous les jours, nous constatons que la décrue brutale des effectifs pose des difficultés concrètes aux collègues qui doivent assurer une surcharge d’activité de plus en plus porteuse de risques pour leurs conditions de travail et leur santé (potentiellement aussi pour la qualité des services que nous pouvons rendre à nos clients, et donc pour la pérennité de notre entreprise).
La négociation de l’accord a mis en évidence deux conséquences négatives du nouveau dispositif d’intéressement :
Alors, demander aux personnels de travailler plus pour prétendre mieux rétribuer ceux qui partent, nous avons trouvé que c’était vraiment trop cynique !
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