
Space X starlink menace orange
En moins d’un an, à quatre reprises, les annonces de Starlink ont brutalement fait chuter le cours des opérateurs télécoms. Orange n’y échappe pas.
La première fois, en septembre 2025, lors de l’annonce du rachat de 65 MHz de fréquences à EchoStar pour 19,6 milliards de dollars. La deuxième, lors de l’introduction en Bourse de SpaceX, qui a révélé le niveau de marge brute exceptionnel de Starlink. La troisième, lors de la publication des premiers résultats de SpaceX, confirmant sa trajectoire et les 12 millions d’abonnés de Starlink. Enfin, le 5 août 2026, Gwynne Shotwell a enfoncé le clou : Starlink veut devenir un « véritable service mobile » et prendre directement des clients aux opérateurs historiques.
Didier Lombard, dont les méthodes managériales ont profondément meurtri les personnels comme notre entreprise, avait pour autant une vraie vision industrielle : celle de la convergence entre réseaux fixes et mobiles. Il avait raison. Une part importante de notre trafic depuis un terminal mobile passe aujourd’hui par nos box, ce qui est essentiel en zone dense. Unik a échoué, mais l’intuition était précurseur. À l’inverse, Vodafone, en choisissant la stratégie du « mobile only », s’est engagé dans une impasse qui explique une partie de son déclassement actuel.
Aveuglée par la hausse du cours d’Orange, alimentée par les spéculations autour d’une consolidation à trois opérateurs en France, la Direction actuelle n’a pas pris la mesure de la rupture technologique provoquée par l’arrivée des constellations satellitaires. Pire, en voyant dans le satellite comme une opportunité pouvant remplacer les réseaux terrestres dans les zones rurales et donc de faire des économies, Orange fait le lit de la concurrence.
Une erreur stratégique majeure.
Nous sommes désormais en grand danger en Europe. Starlink annonce déjà 200 000 abonnés en France et entend devenir MVNO pour compléter le déploiement de son offre « direct-to-device ».
Le risque est tout aussi sérieux en Afrique, où Orange perd déjà des parts de marché significatives, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou récemment en RDC. Certains opérateurs mobiles sont désormais contraints de proposer une option Starlink à leurs abonnés, avec le soutien de gouvernements qui y voient un moyen rapide d’améliorer la couverture de leur territoire.
Il est temps de réagir. Nous en appelons à un sursaut national et européen pour construire un opérateur satellitaire capable de rivaliser avec Starlink et, demain, Amazon Leo.
À défaut, nous deviendrons un peu plus encore les vassaux numériques des États-Unis. Il y a va aussi de nos emplois en France et en Europe.
Depuis près de deux ans, la CFE-CGC Orange alerte la puissance publique. Elle est désormais rejointe par l’ensemble des CFE-CGC du secteur des télécoms.
Il n’est jamais trop tard pour agir. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Galileo, face au GPS américain, nous l’a montré.