Au sommaire du CSEC Santé 8 septembre 2026 : Santé au travail 2025 : un bilan mitige Commissions santé du CSEC : nos élus agissent, la direction doit suivre Retrouvez l’Essentiel CSEC santé Numero 66 du 8 septembre 2025


Face aux difficultés rencontrées dans plusieurs Agences Entreprises, la CFE-CGC Orange a écrit aux équipes dirigeantes de DEF pour alerter et faire part de propositions qui permettraient d’améliorer simultanément les conditions de travail de nos collègues et l’empreinte environnementale de nos activités.
Télécharger le courrier en pdf : 2022-02-10_cfe-cgc-orange_courrier_vehicules-vendeurs-ae.pdf
Texte intégral du courrier :
Comme nous l’avons déjà remonté, nous constatons la mise en place d’une politique de gestion des véhicules de services inadaptée pour les vendeurs des Agences Entreprises. Sous couvert de RSE, elle masque une politique de réduction des coûts créant des contraintes supplémentaires pour des équipes qui en ont déjà plus qu’il n’est supportable, et qui sont tout à la fois en risque psycho-social et en difficulté croissante pour réaliser le chiffre d’affaires attendu d’eux.
Il est cependant possible de concilier une meilleure efficacité professionnelle avec une diminution des risques, une plus grande satisfaction des vendeurs, et un meilleur bilan carbone global.
Dès juin 2021, la CFE-CGC Orange a alerté la Direction sur les effets indésirables de cette nouvelle politique qui :
Depuis début janvier 2022, les vendeurs bénéficiant d’un véhicule de service reçoivent des documents à signer :
Le second document a été modifié par rapport à sa rédaction des années précédentes, et pose au moins deux difficultés :
Précisons que cette charte de remisage à domicile ne figure pas sur Orange futé.
Les personnels qui ont reçu cette nouvelle autorisation de remisage à domicile sont inquiets, craignant notamment qu’à plus ou moins brève échéance on les contraigne aussi à basculer vers des voitures de pool sans compensation, et nous leur avons conseillé de ne pas la signer tant qu’elle comporte les deux défauts indiqués ci-dessus.
Les réponses qui nous ont été apportées jusqu’à présent (par mail le 23 novembre dernier), concernant en particulier l’embauche de nouveaux vendeurs sans véhicules de service, indiquent notamment :
Ce mail fait également apparaître des critères (cumulatifs) d’attribution de véhicules qui ne figurent pas dans les chartes publiées sur l’intranet :
Cette politique questionne sur plusieurs plans :
1/ Est-il opportun de basculer les vendeurs sur des voitures de pool en pleine crise sanitaire ?
2/ Par ailleurs, les critères « d’utilisation intensive » interrogent sur le principe d’une surcharge de travail implicitement imposée aux vendeurs, dans un contexte déjà très dégradé, générateur de risques psycho-sociaux que l’employeur a l’obligation légale de prévenir :
3/ Notons enfin que cette modification substantielle de l’organisation du travail pour les vendeurs n’a été présentée à aucune Instance Représentative du Personnel.
La mise en avant de la RSE comme justification de cette nouvelle politique véhicule apparaît en parallèle comme… du greenwashing ! En effet, l’utilisation de voitures de pool par les commerciaux déporte vers les personnels les émissions carbone des trajets domicile-travail (scope 3), hors de la comptabilité carbone utilisée par Orange dans ses indicateurs publics, qui n’intègrent actuellement que les scopes 1 & 2, en dégradant leurs conditions de travail et leur productivité.
Si la CFE-CGC Orange, et de nombreux collègues, sont tout à fait volontaires pour s’engager dans une politique de réduction de notre empreinte environnementale, nous attendons collectivement que la politique RSE d’Orange associe effectivement social et environnemental. La RSE d’Orange doit être construite avec les personnels, et non contre eux, il en va de notre intérêt collectif et citoyen.
Les informations collectées par nos représentants dans les différentes Agences Entreprises montrent qu’une politique rigide crée des effets de bord négatifs qui pourraient être évités : les vendeurs eux-mêmes se crispent sur la conservation d’une voiture de service que dans certains contextes ils rendraient volontiers, s’ils étaient certains qu’on leur en attribue de nouveau une dès qu’ils en exprimeraient le besoin justifié, ou s’inquiètent d’une dégradation prochaine de leurs conditions d’exercice au regard des conditions faites aux nouveaux embauchés.
Outre une meilleure réflexion sur les lieux d’implantation des campus d’Orange (facilité d’accès par les transports publics, centralité par rapport à l’implantation des clients et des personnels…) qui sont loin d’être une clef de décision prioritaire dans de nombreuses réalisation récentes, une politique plus souple et concertée avec chaque intéressé, dans la confiance réciproque, permettrait d’obtenir une équation globale beaucoup plus satisfaisante, pour les personnels, pour l’entreprise, et en matière de prévention des risques, qu’ils soient d’accident, de stress, ou d’émissions carbone.
Chaque vendeur devrait avoir le choix entre différentes solutions, susceptibles de s’adapter au contexte de chacun (zone d’exercice, facilité d’accès au lieu de travail sans voiture…) :
Les points clefs qui nous semblent importants dans l’attribution de solutions de transport adaptées, et discutées avec les collaborateurs sont assez simples :
Le tout étant réalisé sur la base des souhaits exprimés par les vendeurs eux-mêmes, et avec la possibilité de changer facilement de solution si la situation du vendeur change (évolution de portefeuille client, déménagement personnel, déménagement du campus…), et qu’il soit financièrement compensé si sa nouvelle situation professionnelle l’oblige par exemple à acquérir un véhicule personnel. Cela réduira également le stress et le sentiment d’injustice : aucun vendeur ne se plaindra que la solution mise à sa disposition coûte, dans l’absolu, moins cher que celle de son collègue, si c’est la solution qu’il ou elle a choisie, parce que c’est la mieux adaptée à sa situation du moment.
Nous espérons qu’Orange saura rapidement mettre en œuvre une politique efficiente pour optimiser les déplacements des vendeurs, et de tous les personnels nomades, dans le sens d’un intérêt collectif bien compris.
La CFE-CGC Orange reste à votre disposition pour y contribuer.
Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

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