Développer la durée de vie des smartphones via une coopération entre filières

L’étude sur la collecte des smartphones menée par les cabinets Sofies et Bio Innovation Services en 2019 - pilotée notamment par l’AFNUM (Alliance française des Industries du Numérique) et la Fédération Française de Télécoms, dont Orange fait partie - permet de mieux cerner l’écosystème français du téléphone portable pour orienter les actions destinées à optimiser la circularité de l’écosystème.

Elle identifie 4 filières : la 1ère mise en marché (terminaux neufs), l’utilisation (qui inclut la réparation), le réemploi, et la récupération des déchets. Les places de marché prennent une place importante dans les filières du réemploi et de la récupération des déchets, ainsi que dans l’importation des produits (voir schéma).

schema etude sofies usage et recyyclage des smartphones

En 2018, le marché de la réparation était valorisé entre 340 et 980m€, et le réemploi (hors ventes ou dons entre utilisateurs, inclus dans le cycle d’utilisation, ce qui contribue au fait que l’iPhone représente + de 50% des smartphones détenus aux USA) entre 370 et 660m€, les deux étant en croissance rapide. Le tout sur un parc de smartphones estimé à 62 millions pour les usages privés, 7 millions pour les usages professionnel, et 1 million de mobiles en réparation, soit au total 70 millions de terminaux utilisés… auxquels il faut ajouter entre 55 et 110 millions de téléphones oubliés dans les tiroirs, dits « en hibernation » selon l’Ademe.

Les utilisateurs déclarent éliminer entre 4 et 6 millions de terminaux par an vers les filières de récupération des déchets. Entre 300 000 et 500 000 sont effectivement recyclés et quelques milliers seulement reviennent vers la filière du réemploi. L’Ademe indique qu’en France, 5% des mobiles sont recyclés en fin d’usage.

Côté mobiles reconditionnés, la collecte en France et en Europe est très insuffisante pour répondre à la demande. L’Etat précise
que seulement 30% des mobiles proposés sur le marché ont été reconditionnés en France. Or, le caractère vertueux du reconditionnement est dégradé lorsque les mobiles revendus proviennent de pays surconsommateurs : aux USA par exemple, le leasing de mobiles incite au renouvellement tous les 6 ou 12 mois. Les mobiles retournés, très récents, sont revendus dans d’autres pays, dont la France, avec un bilan carbone alourdi par les distances parcourues. Comme le relève l’Ademe « Il est souhaitable de sourcer les produits issus d'une réelle seconde vie et ne pas faire du marché du reconditionné une caution à la surconsommation ».

La lecture de cette étude invite à une actualisation des données et à la mise en place d’une action coordonnée entre tous les acteurs concernés par la distribution, la réparation, le reconditionnement et le recyclage des terminaux, à l’échelle nationale voire européenne. Alors que le Ministre de la Transition écologique souhaite « soutenir l'émergence d'une filière française de la réparation […] qui vise à préserver l'environnement, renforcer notre souveraineté économique et développer des emplois non délocalisables », Orange pourra sans doute trouver du soutien auprès de son actionnaire de référence, mais aussi de nombreux personnels du Groupe, qui, de plus en plus, souhaitent faire partie de la solution plutôt que du problème.

=> Extrait de la Lettre Comprendre & Agir RSE #1/2024

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