CFE-CGC Orange
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auditionassnat 19septembre

Crédit photo : copie d'écran podcast vidéo de l'Assemblée Nationale

La Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale auditionne chaque année différents acteurs des télécommunications : la Fédération Française des Télécoms, l'Arcep (régulateur des télécoms), les 4 principaux opérateurs.

L'audition du PDG d'Orange a eu lieu mercredi 19 septembre 2019. La vidéo est en accès libre sur le site de l'Assemblée Nationale.

Ces auditions sont toujours très intéressantes à écouter :

  • En déclaration liminaire, le PDG rappelle les points clefs de la stratégie et du positionnement d'Orange, ce qui est toujours intéressant pour comprendre le cadre général dans lequel s'inscrit notre travail quotidien, même si évidemment on y retrouve un certain nombre d'éléments présentés dans d'autres cadres, comme celui de l'Assemblée Générale des actionnaires par exemple. Si vous n'avez pas eu l'occasion d'assister à l'une de ces présentations, regarder les 30 premières minutes de l'audition est donc instructif.
  • La seconde partie est consacrée aux (nombreuses) questions des député-e-s présent-e-s, ce qui permet d'avoir une idée des préoccupations des territoires.
  • Enfin, au fil des échanges, le PDG d'Orange distille sa position sur les choix politiques français et la régulation du secteur des télécoms, avec des illustrations tout à fait éclairantes.

Concernant les questions posées par les député-e-s, on peut noter que nos délégué-e-s aux collectivités territoriales, actuellement rattachés aux DO (spécificité d'Orange, les autres opérateurs n'en ont pas) sont appréciés, et constituent un maillon utile auprès des élu-e-s de terrain.

Les réseaux : toujours au coeur des préoccupations

L'essentiel des questions, voire des récriminations, parfois virulentes, concernent la couverture et la qualité des réseaux.

  • Les attentes sont très fortes concernant le déploiement de la Fibre.
  • Les zones rurales se plaignent amèrement de la dégradation du réseau cuivre et des temps de rétablissement. Notons que ce réseau a plus de 40 ans. Il est particulièrement malmené par la foudre, l'été 2018 ayant été selon Météo France le plus foudroyé depuis 30 ans, mais aussi par les vols de câbles, de plus en plus fréquents - 60 000 clients impactés cette année. 
  • La couverture mobile des zones blanches, voire des zones grises (celles où un seul opérateur mobile est présent, presque toujours Orange) fait également partie des attentes fortes. Le "new deal" des télécoms annoncé début 2018 implique 3 Mds d'investissement et le déploiement de 5 000 antennes sur 5 ans. Tout le monde voudrait que, 8 mois plus tard, les effets soient déjà visibles. Il est cependant intéressant de relever que ce ne sont pas les opérateurs qui définissent les communes prioritaires pour déployer ces antennes, mais l'Etat... qui n'a pas encore terminé ses navettes avec... les élu-e-s des territoires.

Seules la France et l'Espagne se sont résolument tournées vers un déploiement massif de la fibre optique jusqu'à l'abonné, avec un renouvellement complet de la boucle locale, qui sera certainement un avantage compétitif pour nos deux pays. Orange est donc confronté à la double nécessité d'investir massivement (+ de 4 Mds d'euros par an) dans la Fibre, tout en assurant la maintenance du réseau cuivre (Orange est délégataire du Service Universel - rappelons au passage qu'aucun opérateur ne se bouscule pour répondre aux appels d'offre sur ce sujet), qui a coûté environ 500 M d'euros en 2017 (chiffre en croissance ces dernières années).

Stéphane Richard a précisé qu'il restait encore 3 années difficiles, pendant lesquelles il faut tout faire en même temps (ce qui est contraignant sur le plan financier mais aussi des ressources humaines), mais qu'ensuite, tandis que le réseau cuivre commencera d'être abandonné sur les plaques géographiques à même de basculer entièrement sur les réseaux de fibre, la tension sera moins forte.

La concurrence : un modèle mal compris

Alors que nous sommes dans un modèle concurrentiel, qui a été et est toujours voulu par la majorité de nos parlementaires, sans parler du régulateur des télécoms (l'Arcep), il est parfois piquant de constater que les conséquences n'en sont pas toujours comprises par nos élu-e-s : ils aimeraient à la fois disposer des prix les plus bas, d'une couverture optimale et instantanée, et pouvoir piloter l'activité d'Orange comme si c'était encore une entreprise d'Etat dont les investissement seraient payés par la puissance publique.

Terminons sur la concurrence, justement, pour noter que les offres ADSL à 5€ par mois proposées par certains opérateurs se situent en dessous des tarifs du dégroupage : c'est donc de la vente à perte, ce qui est théoriquement interdit par le droit de la concurrence en France.  Mais aucune procédure n'est entreprise par l'Autorité de la concurrence pour y mettre fin. Cela constitue pourtant un préjudice réel pour Orange : outre le préjudice d'image (les clients peuvent avoir la sensation que nous faisons trop de marge sur leur dos, certains ne ne privent pas de le dire), cela détourne également les clients de la Fibre, le différentiel tarifaire devenant un obstacle pour basculer. Orange étant leader dans le déploiement de la Fibre, nous sommes donc les plus pénalisés.

Mais les autorités de régulation françaises préfèrent continuer à nous punir : en tant qu'ancien monopole, il est sans doute dit quelque part que nous devrons expier longtemps cette faute originelle !

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Résultats, jusqu'ici, ça va !

Le 1er semestre confirme l’accélération de la croissance du chiffre d’affaires et de l’EBITDA ajusté par rapport au 1er semestre 2017, à base comparable :

  • Tous les secteurs opérationnels affichent une progression de leur chiffre d'affaires, avec une forte contribution de l'Afrique & Moyen-Orient (+5,7%), et de la France (+1,4%) ;
  • Croissance de l’EBITDA ajusté à +3,3% sur le semestre ;
  • Avec 486 millions d’euros d’économies réalisées au 1er semestre 2018, le programme d’efficacité opérationnelle Explore2020 dépasse avec un semestre d’avance l’objectif des 3 milliards d'euros d’économies brutes sur la période 2015-2018 ;
  • CAPEX du 1er semestre en ligne avec les 7,4 milliards d'euros prévus sur l'année. Au 30 juin 2018, la 4G mobile dépasse les 50 millions de clients (+38% sur un an) et les services fixes à très haut débit totalisent plus de 29 millions de foyers raccordables (+26%).

La stratégie du Groupe axée sur la convergence et le très haut débit fixe et mobile permet de poursuivre au 2ème trimestre la croissance de ses base-clients :

  • Les offres convergentes (10,7 millions de clients au 30 juin 2018) progressent de +9,0% sur un an et les cartes SIM associées aux offres convergentes (18,0 millions) sont en croissance de +12,0% ;
  • La fibre est en très forte progression au 2ème trimestre avec 119 000 ventes nettes en France, 135 000 en Espagne et 39 000 en Pologne.

Perspectives 2018…

  • Croissance de l'EBITDA ajusté supérieure à celle réalisée en 2017 à base comparable,
  • CAPEX en augmentation, pour atteindre un pic annuel de 7,4 milliards d'euros en 2018,
  • Croissance du Cash-Flow Opérationnel supérieure à celle de 2017 à base comparable,
  • Maintien de l'objectif d'un ratio dette nette/EBITDA ajusté des activités télécoms autour de 2x à moyen terme pour préserver la solidité financière d’Orange et sa capacité d’investissement.

Et à moyen terme

  • Pour 2019 et 2020, croissance de l'EBITDA ajusté, diminution des CAPEX et croissance du Cash-Flow Opérationnel.

Expertise des comptes 2017 de l’entreprise

Présentation du volet économique par le cabinet Syndex

« L’exercice 2017 du groupe Orange affiche des indicateurs d’activité en hausse, comparé à 2016 et des écarts positifs par rapport aux objectifs budgétaires.

  • Analysée par segments, « stratégie fibre » payante pour le groupe en 2017, en Espagne, mais aussi en France.
  • MEA également en croissance alors qu’Orange Pologne et OBS affrontent des baisses de la valeur des ventes.

Globalement, ambitions du plan stratégique atteintes, voire dépassées sur certains segments.

Explore 2020 contribue à une forte maîtrise des coûts qui accroît l’effet de hausse du CA sur l’EBITDA …. Et un nouveau programme d’économies sur deux ans (2019 – 2020) est déjà acté qui accroît encore la pression.

  • La croissance de l’EBITDA groupe permet de couvrir la hausse des CAPEX et de dégager un cash-flow 2017 supérieur à celui de 2016.
  • Cette hausse du cash-flow opérationnel permet également, sans achats significatifs lors de cet exercice, une continuité du désendettement du groupe.

Dans ce contexte positif pour le groupe, quels seront les caps choisis à court et à moyen terme ?

  • Marchés télécoms traditionnels : jusqu’où pousser le positionnement géographique ? Dans quelles zones ? En particulier au vu des résultats réalisés par d’autres grands opérateurs européens sur leurs marchés internationaux.
  • En dehors des marchés traditionnels : l’année dernière étaient déjà pointées les prévisions du marché des services et des équipements de haute technologie qui devrait continuer à croître rapidement d’ici à 2020, en particulier sur les segments des services d’Internet et des services IT & software, (plus de 70% de la croissance totale contre à peine 14% pour les services télécoms).

Principaux facteurs de transformations : le très haut débit fixe & mobile, le cloud computing, le big data ainsi que l’Internet des Objet (IoT).

Ambitions d’Orange sur certains de ces segments analysées dans la deuxième partie du rapport Syndex présentée en septembre, notamment sur des nouvelles sources de revenus (Internet des objets (IoT) ou la politique en matière de contenu ».

Analyse de la CFE-CGC

La CFE-CGC Orange se félicite bien-sûr que le travail et les efforts des femmes et des hommes d’Orange soutiennent ce trimestre encore une croissance du Chiffre d’Affaires sur toutes les géographies du Groupe, et surtout l’amélioration de la rentabilité. Elle regrette cependant qu’une partie de cette rentabilité se construise sur la réduction constante des charges de personnel.

Les indicateurs au vert des résultats financiers confirment certains choix de positionnement marketing en Europe : offres convergentes, Très Haut Débit, positionnement premium dans un contexte de guerre des prix destructeur, notamment en France et quand la consolidation du secteur reste un serpent de mer.

Par ailleurs sur le semestre écoulé, la politique d’augmentation du dividende n’a pas entrainé de renforcement de la valeur du titre. La CFE-CGC continue donc de questionner ce choix.

Europe et International CCUES

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Information : pas de scoops dans cette présentation classée "secret défense"

Analyse de la CFE-CGC

La stratégie Essentiels2020 a permis à Orange de renouer avec la croissance du CA et de l’EBITDA même s’il subsiste une forte pression concurrentielle en France notamment.

Orange maintient un fort niveau d’investissement dans les réseaux et s’oriente vers la fourniture de services digitaux et prévoit pour les années à venir, une croissance continue du chiffre d’affaires, et une croissance accélérée de l’EBITDA. Grâce à une maîtrise des investissements, le cash-flow opérationnel est également attendu en croissance.  

Pour les 4 prochaines années, la croissance du chiffre d’affaires sur l’ensemble des géographies sera soutenue par :

  • la fibre et le premium réseau mobile en France, le Très Haut Débit fixe et les offres de convergence en Europe,
  • la monétisation de la data et la forte croissance d’Orange Money en zone MEA,
  • le développement de nouveaux services notamment dans le B2B,
  • le développement des services financiers sur toutes les géographies…
Sur la même période est attendue une amélioration de l’efficacité opérationnelle sous l’effet conjugué :
  • de la digitalisation des processus,
  • d’une baisse des effectifs du groupe accompagnée de plans de transformation des compétences,
  • d’une maîtrise des coûts indirects.
Sur la période, les investissements devraient connaitre un pic en 2019.

Europe et International CCUES

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[French version here/English version below]

Dans le cadre du Comité de Groupe Européen d'Orange des 28, 29 et 30 mai 2018 à Stockholm, la Direction du Groupe a inscrit un point à l'ordre du jour relatif au plan Explore 2020 présenté par Geoffroy De Buchet, Secrétaire Général Adjoint d’Orange.

Le plan Explore 2020 est présenté comme la réponse à l’un des objectifs fondamentaux d’Orange aux fins de son développement futur, qui est de défendre sa compétitivité. Orange évolue dans un environnement concurrentiel qui l’incite, pour ne pas dire la contraint, à l’efficacité opérationnelle. Pour continuer à se développer dans cet environnement qui nous pousse à de constantes adaptations, la Direction estime que l’entreprise doit investir fortement, et transformer l’entreprise d’un « opérateur de tuyaux » en un « opérateur de tuyaux et multiservices ». Explore 2020 s’inscrit dans ce contexte, sur la période 2015 à 2020, comme la suite du précédent plan dénommé Chrysalide (2011-2014) qui correspondait à la première vague de transformation. L’objectif chiffré concerne aussi bien les CAPEX que les OPEX puisqu’il est désormais complété par Lean Capex. L’ambition de dégager 3 Mds € sur 4 années devrait être dépassée d’ici la fin 2018.

Dans le futur, Explore 2020 se concentrera sur les améliorations en terme d’OPEX. Le nouveau programme Lean Capex concernera les optimisations de CAPEX. Aujourd’hui le cycle des investissements d’Orange atteint un pic avec un ratio CAPEX/revenu proche de 18%. Le dispositif est géré par 4 personnes de l’équipe centrale qui s’appuient sur les pays et avalisent des opérations transverses qui répondent au double objectif de transformation et d’efficacité opérationnelle. Les axes de réduction des coûts sont structurés par domaines :

  • le domaine clients avec un objectif d'1 Md€ à échéance 2020
  • les réseaux: 1.5 Md€
  • frais généraux, frais indirects: 0.5 Md€

A titre d’exemple, dans le domaine clients, la digitalisation constitue le principal vecteur de la réduction des coûts car elle rend le client autonome. Il s’agit aussi d’essayer de supprimer toutes causes d’insatisfaction : prévenir les pannes, réduire les contestations de factures, simplifier les process. Le dispositif vise aussi par exemple toute la politique de commissionnement dans le domaine de la distribution et celui de la gestion des licences. Une autre piste consiste à basculer des données d’archive sur le Cloud. On injecte enfin de l’intelligence artificielle et du big data dans nos process. Concrètement, désormais et davantage encore à l’avenir encore, les plans de déploiement des réseaux se construisent grâce à des algorithmes qui brassent les données démographiques, celles de l’activité économique, etc. Ces nouveaux outils induisent un gain de temps considérable pour les équipes opérationnelles.

Les élus ont apprécié la présentation claire, pédagogue et concrète de Geoffroy de Buchet. Cette présentation faisait d’ailleurs écho à celle de Pascal Marchand, relative aux résultats financiers. Ils redoutent toutefois que le plan, qui répond à une recherche d’efficacité, ne consiste en un plan de réduction des coûts « pur et dur » et favorise un recours sans cesse accru à la sous-traitance. Ils s’interrogent sur la capacité des 4 personnes qui au niveau national pilotent le dispositif sur la totalité du périmètre du Groupe.

Interrogée sur la sécurité des données personnelles qui pourrait être touchée par un objectif strictement financier, la Direction a assuré que les actions de transformation du Groupe devaient impérativement prendre en compte la réputation d’Orange en matière de sécurité des données, réputation qui constitue un élément de différenciation en faveur d’Orange. Enfin, sollicitée sur la politique environnementale, la Direction a assuré inclure dans son plan l’ambition de contenir strictement ses coûts d’énergie. Orange devrait être plus verte !

[English version]

As part of the Orange European Works Council meeting in Stockholm on May 28th, 29th and 30th 2018, the Group's management has included an item on the agenda relating to the Explore 2020 plan presented by Geoffroy De Buchet, Deputy Secretary General Orange.

The Explore 2020 plan is presented as the answer to one of Orange's fundamental objectives for its future development, which is to defend its competitiveness. Orange operates in a challenging and rivalling environment that encourages us, not to say constrains us, to operational efficiency. To continue to grow in this environment that drives us to constant adaptations Management believes that the company must invest heavily and turn the company from a "pipe operator" into a "pipe operator” and a multiservice company. Explore 2020 fits in this context, over the period 2015 to 2020, as the continuation of the previous plan called Chrysalide (2011-2014) which corresponded to the first wave of transformation. The quantified target concerns both CAPEX and OPEX since it is now completed by Lean Capex. The ambition to release 3 billion euros over 4 years should be exceeded by the end of 2018.

In the future, Explore 2020 will focus on Opex enhancements. The new Lean Capex program will focus on CAPEX optimizations. Today the investment cycle of Orange reaches a peak with a CAPEX/income ratio close to 18%. The plan is managed by 4 people from the central team who rely on the current Orange operating countries and these support the transversal operations that meet the dual objective of transformation and operational efficiency:

  • the customer sector with a target of €1 billion maturing in 2020
  • networks: €1.5 billion
  • overhead costs, indirect costs: €0.5 billion
For example, in the customer domain, digitization is the main driver of cost reduction because it makes the customer autonomous. It is also about trying to eliminate any cause of dissatisfaction: prevent breakdowns, reduce invoice disputes and simplify processes. The device also targets for example all the commissioning policy in the field of distribution and the management of licenses. Another way is to switch archive data to the cloud. We are finally injecting artificial intelligence and big data into our processes. Concretely, from now on, and even more in the future, network deployment plans have been built thanks to algorithms that mix up demographic data, economic activity data, and so on. These new tools will lead to considerable time savings for the operational teams.

The elected representatives appreciated the clear, educational and concrete presentation of Geoffroy de Buchet. This presentation also echoed that of Pascal Marchand, relating to the financial results. They fear, however, that the plan, that responds to a search for efficiency, may just consist to reduce costs and encourage an increasing reliance on outsourcing. They question the capacity of 4 people who at the national level pilot the plan on the entire perimeter of the Group.

When asked about the security of personal data that could be affected by a strictly financial objective, the Management has ensured that the transformation actions of the Group must imperatively take into account Orange's reputation for data security. These reputation is an essential element of differentiation in favor of Orange. Lastly, when asked about the environmental policy, the Management ensured that its plan included the ambition to strictly contain its energy costs. Orange should be more green oriented !

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S’il est une question épineuse qui fait boguer les juristes de la CNIL sollicités à son sujet, c’est bien celle du recueil du consentement des salariés en ces temps modernes d’entrée en vigueur du RGPD (Règlement Général de Protection des Données).

Le consentement du subordonné invalidé

En effet, si la CNIL a toujours reconnu qu’un consentement ne pouvait pas être considéré comme donné librement dans un contexte de subordination, que devient alors l’absolue nécessité de le recueillir pour tout traitement de données personnelles lorsqu’il s’agit de salariés ?

Certes, et fort heureusement, le RGPD prévoit des dispenses lorsqu’il s’agit de données indispensables à la bonne exécution d’un contrat de travail, cependant cela ne saurait s’étendre à l’usage de photographies dans un annuaire, l’inscription à un réseau social d’entreprise, ou encore la participation à un projet d’analyse des mails professionnels.

Dans tous ces contextes, parfois anodins au regard des habitudes prises, le recueil du consentement est questionnable. Met-on sa photographie sur l’annuaire de son propre chef, ou bien parce qu’un responsable l’a demandé ?
Décide-t-on de s’inscrire sur le réseau social de l’entreprise par intérêt personnel, ou bien par crainte de se retrouver exclu de son équipe ?

Ce qui, en aparté, amène à considérer le corollaire suivant : une société qui subordonne les individus les uns aux autres se condamne à produire des données biaisées par cet état de fait. Combien de recommandations dithyrambiques sur Linkedin ont-elles été soumises par des subordonnés à la demande de leur directeur ? Combien d’avis positifs sur tel hôtel ou tel restaurant ont été rédigés par des employés à la demande du patron de l’établissement ?

L’intérêt légitime, carte joker du RGPD

Alors que la démonstration de sa validité s’avère une véritable gageure, à plus forte raison au sein d’une entreprise, le RGPD prévoit une autre disposition pour permettre l’enregistrement de données personnelles de salariés sans imposer le recueil du consentement : l’intérêt légitime.

La CNIL donne quelques exemples en ressortant, comme la prévention de la fraude ou encore la sécurité des réseaux, cependant celui-ci peut s’étendre à d’autres activités pourvu que jamais elles ne prévalent sur les intérêts ou les libertés fondamentales des personnes concernées.

Et il se pourrait bien qu’ici demeure une nouvelle opportunité à saisir pour les représentants du personnel : celle de dénoncer toute notion de « volontariat » en entreprise pour mieux devenir les garants, par le truchement d’accords négociés, de l’équilibre entre les intérêts de la direction et ceux des personnels.


Pour en savoir plus :

 

Conditions de Travail et Santé

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