Plan à trois pour le rachat de SFR - Libération
Rédigé par Stéphanie CRESPIN le . Publié dans Dans les médias.
"Le changement de mains du deuxième opérateur français de téléphonie, propriété du milliardaire Patrick Drahi, devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. L’opération a réussi à réunir ses trois concurrents, Bouygues, Free et Orange, pour une union de circonstances. Et avec de grosses inquiétudes sur l’emploi."
Qui aurait pu le croire ? Les trois ennemis jurés des télécoms unis dans une sainte alliance afin de mettre la main sur le quatrième opérateur de l’Hexagone et augmenter chacun leur part de marché. Depuis plusieurs semaines, le deal financier de l’année mobilise tout ce que Paris compte de banquiers d’affaires et d’avocats pour une opération à 20 milliards d’euros minimum : le rachat de SFR,
deuxième acteur français des télécoms détenu depuis 2014 par l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi. Une cible qui pèse 10 milliards de chiffre d’affaires, 8000 salariés et 25 millions d’abonnés au téléphone mobile et fixe.
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Depuis le début, cette affaire ressemble à une magistrale partie de poker dans laquelle chacun des joueurs manie sans vergogne le bluff, l’intoxication, la menace mezza voce et les confidences distillées aux journalistes sous le sceau absolu de l’anonymat.
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Un consortium est donc créé entre les trois candidats et il aboutit mi-octobre à une première offre qualifiée par les principaux intéressés de non engageante. Elle se monte à 17 milliards d’euros et prévoit la répartition suivante : 43 % des actifs de SFR pour Bouygues Telecom, 30 % pour Free et 27 % pour Orange.
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Ce rachat, s’il se réalise, pourrait être sanglant sur le plan social. De sources syndicales convergentes, on évoque 4000 à 6000 suppressions d’emplois dans les deux ans qui suivront l’opération.
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Sébastien Crozier, délégué CFE CGC, d’Orange n’est pas plus optimiste " Selon des informations dont nous n’aurions pas dû avoir officiellement connaissance, un milliard d’euros a été provisionné pour le plan de licenciement, ce qui correspond effectivement à une fouchette de 4 000 à 6 000 suppressions d’emplois. Notre crainte est que le consortium des trois opérateurs ne soit pas soumis à une obligation de reclassement.» Si tel est le cas, le représentant syndical est prêt à l’affronter : « Nous irons devant le Conseil d’État contester la rétribution des fréquences d’émission de SFR aux trois autres opérateurs. »
Lire l'article complet dans Libération (abonné) - Franck Bouaziz - 12/03/2026
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