Enjeux et ambitions Orange Business France : une transformation sous forte pression économique
Rédigé par Vos élus CFE-CGC Orange le . Publié dans SCE.
Lors de la présentation des ambitions d’Orange Business France effectuée par Wassila Zitoune et Olivier Béal, la Direction a dressé un constat particulièrement préoccupant sur l’évolution du marché et sur la situation de l’entreprise à horizon 2030.
Orange Business France représente aujourd’hui 7 300 collaborateurs, dont 1 300 salariés SCE, avec une moyenne d’âge de 41,8 ans et de 53 ans pour SCE. L’activité repose sur 36 500 clients entreprises et 130 grands comptes, pour un chiffre d’affaires global de plusieurs milliards d’euros.
La Direction indique cependant qu’à horizon 2030, près de la moitié des revenus et deux tiers de la marge brute d’Orange Business seraient menacés de disparition ou de fort déclin. Cette situation serait liée à plusieurs facteurs :
- Ralentissement du marché IT en Europe et en France ;
- Fin du rattrapage post-COVID ;
- Pression concurrentielle accrue sur les télécoms B2B ;
- Généralisation de la fibre et baisse des revenus historiques ;
- Transformation accélérée des usages numériques.
La France, historiquement principal contributeur à la marge du groupe, devient désormais elle-même une source de pression économique supplémentaire.
La Direction a également exprimé plusieurs inquiétudes liées au contexte géopolitique et économique international. Les tensions mondiales, l’instabilité des marchés et les difficultés d’approvisionnement sur certains composants stratégiques pourraient continuer à peser sur l’activité. Des hausses de prix et des tensions sur certains matériels, notamment les mémoires RAM et d’autres équipements technologiques, ont été évoquées comme des risques susceptibles de ralentir certains projets clients et de freiner le développement du business d’Orange Business dans les prochains mois.
Face à cette situation, la direction mise sur plusieurs axes stratégiques : cybersécurité, cloud, IA, connectivité sécurisée et automatisation. Les ambitions affichées pour 2026 reposent également sur des objectifs de productivité et de passage à l’échelle, avec un recours accru à l’IA dans les activités commerciales : qualification des besoins clients, aide à la rédaction, analyse de contrats ou préparation des propositions commerciales. Le recours massif à l’IA et l’automatisation des activités commerciales ne doit pas conduire à une déshumanisation du travail ni à une intensification des objectifs.
De nouveaux parcours de formation sont annoncés à partir de septembre 2026, après des assessments de compétences réalisées sous l’égide du cabinet Oliver Wyman.
Enfin, si la Direction met en avant la RSE, la diversité et l’inclusion comme des axes différenciants, ces engagements doivent se traduire concrètement dans les conditions de travail, la reconnaissance des salariés et les moyens donnés aux équipes.
Derrière les objectifs de compétitivité et d’efficacité se posent plusieurs questions majeures :
- Quels impacts sur l’emploi et les métiers ?
- Quelles conséquences pour les salariés les plus expérimentés, notamment à SCE ?
- Quelles garanties sur l’accompagnement des reconversions et l’évolution professionnelle ?
- Quelle charge de travail supplémentaire liée aux réorganisations permanentes ?
Analyse de la CFE-CGC Orange
Cette présentation confirme l’ampleur des transformations à venir et les inquiétudes qu’elles suscitent pour les salariés. La CFE-CGC Orange demande une transparence complète sur les impacts sociaux des transformations, des engagements clairs sur l’emploi et les compétences, des formations qualifiantes accessibles à tous et réalisées sur le temps de travail, un accompagnement spécifique des populations les plus exposées et une véritable concertation avec les représentants du personnel avant toute réorganisation.



