Dossier violences & incivilités 3/4 : Bilan pour la Direction Entreprises France
Rédigé par Les membres de la CPRPPST le . Publié dans Conditions de Travail et Santé.
Violences & incivilités : Bilan Direction Entreprises France
« Je signale » : un outil désormais central… mais tardivement déployé
Le 3 septembre 2025, la Commission Prévention des Risques Professionnels et de la Santé au Travail (CPRPPST) s’est réunie pour dresser la synthèse du dispositif « Je signale » et le plan d’actions associés pour la DEF (Directions Entreprises France).
Pour la CFE-CGC Orange, ce dossier est emblématique : il met à la fois en lumière une volonté de structuration des signalements, mais aussi les limites persistantes de la politique de prévention des violences et des Risques Psycho-Sociaux au sein d’Orange.
Un bilan des signalements en forte hausse pour la Direction Entreprises France ?
Le dispositif « Je signale » vise à prévenir et traiter les violences internes et externes, en cohérence avec les exigences de la norme ISO 45001.
S’il existe depuis 2017, il a connu une évolution majeure fin 2023, avec l’intégration de New Sequoris, permettant une meilleure traçabilité des violences externes.
Alors que le déploiement du dispositif était annoncé fin 2023, son déploiement effectif au périmètre DEF / Directions Entreprises n’a réellement débuté qu’en avril 2025. Autrement dit, la CFE CGC pointe le fait que pendant plusieurs années, une large partie des salariés est restée en dehors du dispositif avec des chiffres alarmants et sans ambiguïté :
- Violences externes : Des signalements en augmentation
- 6 signalements en 2023
- 20 signalements en 2024
- Violences internes :
- 8 signalements en 2023
- 11 signalements en 2024
A ces résultats, la Direction y voit une meilleure appropriation de l’outil.
La CFE-CGC Orange partage de constat mais rappelle que l’augmentation des signalements ne signifie pas une augmentation des violences : Elle révèle surtout ce qui était jusque-là peu ou pas déclaré.
👉 La CFE-CGC Orange ne peut que dénoncer le fait que la nature des violences signalées en 2024 ne devraient plus faire partie du quotidien des salariés, compte tenu que les causes racines identifiées sont connues de longue date :
- 43 % : insultes et menaces
- 40 % : propos inappropriés
- 17 % : propos discriminants
La CFE-CGC Orange dénonce le lien de causalité avec l’organisation du travail et attend des réponses de la Direction pour agir sur :
- Les problèmes techniques non résolus,
- Les retards d’intervention,
- Les erreurs de facturation,
- Les désaccords tarifaires,
- Les annulations ou rendez-vous non honorés.
👉 Autrement dit la CFE-CGC Orange affirme clairement que ce sont les dysfonctionnements organisationnels et commerciaux qui génèrent les tensions, bien plus que les comportements individuels isolés.
La CFE-CGC Orange s’interroge sur les chiffres alarmant des signalements liés aux violences internes qui font apparaître des chiffres faibles… Trop faibles…
Avec 11 signalements de violences internes en 2024, la Direction évoque une situation « stable ».
Pour la CFE-CGC Orange, cette stabilité est au contraire un signal d’alerte.
Les représentants du personnel ont souligné en séance :
- La dissonance avec les résultats d’enquêtes externes (SECAFI),
- La crainte de représailles managériales,
- Le risque que le dispositif ne capte pas toute la réalité vécue par les salariés.
La Direction a précisé que ces chiffres concernaient principalement les Agences de Pilotage et Production (A2P), et que le déploiement au périmètre de la Direction Entreprises France (DEF) étant récent, un bilan consolidé ne pourra être établi qu’après une année pleine.
👉 La CFE-CGC Orange demande explicitement :
- Des bilans par segments de marché et zones géographiques,
- Une analyse fine des violences internes,
- Et des garanties renforcées pour libérer réellement la parole.
La CFE-CGC Orange rappelle une nouvelle fois que « Déclarer n’est pas prévenir » !
Pour la CFE-CGC Orange il existe un principe fondamental : Un dispositif de signalement ne constitue pas une politique de prévention en soi, il faut agir sur la prévention primaire et mettre en œuvre des actions concrètes sur les causes organisationnelles.
👉 La CFE-CGC Orange a demandé lors de cette commission des actions structurantes pour agir sur :
- La charge de travail,
- Les délais imposés,
- Les marges de manœuvre des conseillers,
- La relation client dégradée.
La Direction ne peut se limiter au fait que le taux de signalement est faible, que des actions sont prévues dans les PAPRIPACT et d’une utilisation encore « naissante » de l’outil, pour ne pas agir sur les causes racines.
La Direction met en avant une prise en charge des salariés via des dispositifs, mais la CFE-CGC Orange note une responsabilité managériale floue et ce malgré les actions engagées :
- La formation « accompagner les situations sensibles » (prioritaire),
- La formation des DRH, RRH et préventeurs,
- Un circuit de traitement formalisé des signalements.
La CFE-CGC Orange alerte sur un risque majeur :
👉 Le manager est perçu comme une simple « boîte aux lettres », sans réelle obligation de prévention ni de suivi dans la durée.
👉 La responsabilisation managériale reste insuffisamment définie, alors même que les violences internes impliquent parfois la hiérarchie.
La Direction a confirmé que :
- Les signalements ne sont pas transmis automatiquement à la ligne managériale,
- Seuls les DRH, RRH et préventeurs sont destinataires,
- Des bilans sont présentés en CSSCT.
Mais plusieurs zones d’ombre persistent :
- Le suivi effectif des actions correctives reste peu lisible,
- L’évaluation de leur efficacité dans le temps n’est pas formalisée,
- Le risque existe que l’outil devienne un outil de centralisation sans transformation réelle.
Dans un contexte de projet REGAIN, de transformation des organisations et de segmentation accrue des marchés, la CFE-CGC Orange reste en « vigilance maximale » concernant le déploiement du dispositif « Je signale »et a clairement posé ses exigences :
- Un plan d’actions concret, lisible et mesurable,
- Une analyse consolidée des violences internes et externes,
- L’élargissement du cercle des analystes aux directions métiers et marketing,
- Et surtout, une prévention primaire ambitieuse, agissant en amont des situations de violence.
Le message de la CFE-CGC Orange aux salariés : Les violences au travail ne sont ni une fatalité, ni un simple problème de comportement individuel.
Elles sont le produit d’organisations sous tension, de choix commerciaux et de contraintes imposées aux salariés.
👉 La CFE-CGC Orange restera pleinement mobilisée pour que « Je signale » ne soit pas seulement un outil de signalement, mais un véritable levier d’amélioration des conditions de travail, de protection et de reconnaissance des salariés.
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