Le printemps de l'inquiétude : la montée des risques et de la pression dans nos équipes
Rédigé par Vos élus CFE-CGC DOGO le . Publié dans DO-Grand-Ouest.
Accidents du travail : un bilan alarmant
Depuis le 1er janvier 2026, en à peine trois mois, nous déplorons déjà 19 accidents du travail au sein des deux UCI de la DOGO, avec 10 techniciens(ne)s impactés sur la seule Normandie Centre. Ce chiffre n'est pas une simple statistique : il est le symptôme alarmant d'une dégradation profonde de nos conditions de travail.
La poly-compétence, présentée comme une opportunité, se révèle être une source de stress et de risques additionnels. Nos collègues doivent jongler quotidiennement avec une multitude de domaines d'activités sur des périmètres géographiques toujours plus étendus, anticiper les équipements nécessaires pour des interventions très variées, et absorber les aléas du terrain le tout avec l'anxiété d'intervenir sur des activités moins maîtrisées, dans un contexte où le droit à l'erreur se réduit. Cette situation est aggravée par un management dont l'acculturation à la réalité et aux dangers de nos métiers reste parfois limitée.
Max Intervention et REGAIN : une pression supplémentaire
Dans ce contexte, le déploiement du projet Max Intervention et de son outil Field Service Management (FSM) vient alourdir une charge déjà considérable. Le rapport d'expertise du cabinet Sextant, mandaté par le CSEC, est sans équivoque : cet outil risque d'aggraver considérablement le quotidien de tous ses utilisateurs. Il prive les techniciens de leur autonomie au profit d'un contrôle géolocalisé permanent, réduit les pilotes d'activité au rang de superviseurs d'un algorithme, et impose aux managers une strate de complexité supplémentaire face à des équipes déjà exsangues.
Ce projet se télescope avec la restructuration REGAIN, créant une confusion telle que nos repères et nos relations professionnelles s'en trouvent totalement chamboulés. La difficulté à intégrer la nouvelle sémantique DRI, DTOF n'est que le reflet de notre désarroi face à ces vagues incessantes de réorganisations.
Alors, en ce début de printemps qui promet le renouveau, nous voyons surtout éclore les bourgeons de l'inquiétude et de l'épuisement chez nos collègues. La sève qui monte dans les arbres nous rappelle celle de la colère qui gronde dans les équipes. Quelle floraison pouvons-nous espérer pour les conditions de travail de nos collègues si nous continuons à planter les graines de la pression et de la défiance ? C'est la question, non sans gravité, que nous vous posons aujourd'hui.



