Programmes Annuels de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT)
Rédigé par Vos Elus CFE-CGC DOGO le . Publié dans DO-Grand-Ouest.
Voici le point de vue global de la CFE-CGC au regard des différents PAPRIPACT.
La CFE-CGC a pris connaissance des différents Programmes Annuels de Prévention des Risques Professionnels et d'Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT) présentés au sein des différentes entités de la Direction Orange Grand Ouest.
Si nous reconnaissons le travail formel engagé, l'analyse consolidée de ces documents et des réalités du terrain suscite notre plus vive inquiétude. Ces programmes, qui doivent être le pilier de la protection des salariés, sont en décalage avec les enjeux actuels et les risques réels auxquels les équipes sont confrontées au quotidien. Un constat alarmant et partagé s'impose : les transformations organisationnelles en cours ont un impact direct et négatif sur la santé et la sécurité des personnels.
La hausse des accidents du travail en UCI, notamment constatée en 2025 en Bretagne, et en 2026 en Normandie-Centre, ne peut être banalisée. Elle traduit une dégradation tangible des conditions de travail et met en lumière une réalité préoccupante : l’organisation du travail telle qu’elle est pensée et déployée expose davantage les personnels, au lieu de les protéger.
Nous portons une vigilance particulière à l’impact de ces transformations sur la charge mentale. La réduction annoncée de l’autonomie des techniciens, la déshumanisation progressive du rôle des pilotes d’activité, ainsi que l’imposition de la poly-compétence, créent les conditions d’une intensification durable de la charge mentale, d’une montée des conflits de valeurs et d’une perte de sens du travail. Le projet Regain constitue, à cet égard, un sujet supplémentaire de préoccupation majeure.
Comment prétendre améliorer les conditions de travail quand on impose, dans le même temps, une standardisation rigide qui nie la réalité du terrain et déconsidère l’expertise des personnels ?

En boutiques également, le climat est anxiogène. Entre fermetures de sites et refontes de plannings, les "rescapés" subissent une pression insoutenable. Nous alertons également sur la sécurité en boutique, sujet récurrent traité par le mépris du silence.
Au-delà des orientations stratégiques, nous dénonçons des manquements concrets dans le déploiement de la prévention.
La CFE-CGC dénonce un manque flagrant d'anticipation. Nous assistons à des tentatives de pallier les dégâts au lieu de les prévoir. Il ne s’agit donc pas de prévention mais de rustines a posteriori !
Ce manque de vision est d’autant plus grave qu’il s’inscrit dans :
- Une réduction continue des effectifs transformant la surcharge de travail en norme ;
- Un désengagement logique face à des réorganisations incessantes (Projet REGAIN, Max Intervention) qui agissent comme des chocs sismiques sur les collectifs.
En effet, nous regrettons que les recommandations émises par les mandatés soient, malgré de multiples signalements, trop rarement mises en œuvre. Nous rappelons l'importance d'un dialogue social renforcé et d'une meilleure prise en compte des réalités terrain. Nous dénonçons des instances et des moyens en souffrance.
Nous ne pouvons valider un plan de prévention alors que les outils de cette prévention sont eux-mêmes défaillants :
- Pénurie de préventeurs : Leur nombre est notoirement insuffisant pour couvrir l'étendue géographique de la DOGO ;
- Inutilité du dialogue social actuel : Les recommandations des CSSCT sont notées mais rarement suivies d'effets. Les projets arrivent souvent en instance alors qu'ils sont déjà en cours d'exécution ;
- Oublis majeurs : Comment prôner la RSE sans jamais aborder la prévention des risques liés aux transports en commun dans le PAPRIPACT ?
Nous nous devons enfin de souligner la situation préoccupante de certaines commissions SSCT, très fortement sollicitées en raison des nombreuses transformations (comme les fermetures de boutiques), et dont les membres se retrouvent eux-mêmes en surcharge.
La sécurité doit être la priorité absolue de l’Entreprise. Or, les orientations prises ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Il n’est pas acceptable que des choix d’organisation continuent d’altérer les conditions de travail au point de compromettre la sécurité des personnels. Bien que certaines entités aient pu noter des avancées justifiant un avis plus nuancé, la perspective globale reste profondément préoccupante. La vigilance ne suffit plus : il est urgent que la Direction revoie en profondeur ses orientations, prenne la pleine mesure de ses responsabilités et fasse enfin de la santé et de la sécurité des personnels une priorité réelle, concrète et immédiate.
Avis de la CFE-CGC : Au regard de l'ensemble de ces éléments, qui témoignent d'une déconnexion entre les ambitions affichées et la réalité vécue par les personnels, la CFE-CGC émet un avis général négatif sur les PAPRIPACT présentés.
Conditions de Travail et Santé DO Grand Ouest AD Agence Distribution



