Rapport de la commission Emploi-Formation sur le bilan formation DOGNE 2025
Rédigé par Nordine BELGUEBLI le . Publié dans DO-Grand-Nord-Est.
L'année 2025 a été marquée par la signature du nouvel Accord Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP), dans lequel un chapitre complet est dédié au développement des compétences comme levier permettant aux salariés d'évoluer dans l'entreprise, notamment avec un nouveau cadre posé concernant la reconversion professionnelle (Programme Orange Perspective). Pour la deuxième année, le COMEX a défini deux formations prioritaires à réaliser par l'ensemble des salariés du Groupe, permettant ainsi de s'assurer de l'acquisition de savoirs répondant aux enjeux de Cybersécurité et d’Éthique (Visa CyberReady, Éthique des affaires).
On assiste également à la création de l’outil My Skills, une solution digitale qui place les compétences au cœur des processus de mobilité et de développement. Elle permet aux collaborateurs d'être acteurs de leur développement et aux managers/RH de piloter les compétences de leurs périmètres. Basée sur un référentiel de compétences commun, My Skills offre grâce à l'IA une expérience simple, dynamique et personnalisée. Le déploiement de My Skills a démarré le 8 octobre 2025 et l’outil est accessible à tous les salariés sur la base du volontariat.
Analyse de la CFE-CGC
À l’aune de la baisse constante des effectifs, ce bilan est à mettre en perspective avec le nouvel Accord GEPP 2025, une feuille de route qui met en musique la transformation d’une entreprise qui peine à changer de paradigme et de modèle économique. Passer de fournisseur de connectivité à une entreprise de service numérique ne va pas de soi.
Cette bascule structurelle et technologique met à rude épreuve les personnels malmenés au gré des divers chantiers de transformation. Les personnels doivent désormais intégrer une insécurité professionnelle, des changements de métier et un accroissement de la charge de travail, un terreau fertile propice à la montée des risques psychosociaux.
Nous déplorons que la transformation des métiers et l’employabilité se font au détriment de la santé physique et mentale des personnels. Nul besoin de convoquer le rapport 2025 de la médecine du travail pour s’en convaincre. Même si La grande majorité des formations, soit 81 %, porte sur les compétences métier, en particulier dans les domaines de la relation client, de la fibre optique et de la cybersécurité, force est de constater que notre bassin d’emploi est « pauvre » en opportunités d’évolution vers ces métiers de l’IA, de la data, du cloud et de la cybersécurité. Des compétences stratégiques et des métiers « vitrine » qui s’apparentent en DOGNE à un miroir aux alouettes.
Les directions accélèrent les déploiements de l’IA sans toujours mesurer l'écart entre la vitesse d'implantation des outils et la capacité réelle des équipes à se les approprier. L’évaluation de la performance, tant individuelle que collective, va évoluer sur la base des interactions entre les salariés et les IA. De quoi poser la question de la responsabilité des salariés sur les productions, mais aussi celle du rôle croissant des algorithmes dans les décisions qui relèvent traditionnellement du management : répartition des tâches, mesure de la productivité, évaluation des résultats etc.
Concernant le déploiement de la plateforme My Skills, nous émettons bien des réserves car la finalité de l’outil est peu transparente. Ce mapping des compétences consacre l’algorithme comme pilote automatique de l’évolution professionnelle des personnels. A-t-il vocation à remplacer l’humain et les entretiens de parcours professionnels ? Enfin, nous constatons que l’entreprise passe sous silence des dispositifs externes existants qui favorisent les reconversions, les mobilités et les évolutions professionnelles.
Ainsi, l’existence du Conseil en Évolution Professionnelle (CEP), un service d’accompagnement gratuit sur chaque région, est totalement méconnue. De même, le recours à une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), le Bilan de Compétences finançable par le Compte Personnel de Formation (CPF) sont des leviers peu activés par les personnels.



