CFE-CGC Orange
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[French version here/English version below]

Dans le cadre du Comité de Groupe Européen d'Orange des 25, 26, 27 et 28 février 2019 à Paris, la Direction du Groupe a inscrit un point à l'ordre du jour relatif à la Division WIN (Wholesale & International Networks), présenté par Jérôme Barré, Directeur exécutif d’Orange Division Wholesale & International Networks.

Depuis l’ouverture des réseaux à la concurrence en France et plus largement en Europe dans les pays dans lesquels Orange opère, la vente en gros (« wholesale »)  a été considérée comme la contrepartie « négative » du marché de détail consécutive à nos obligations règlementaires, voire au mieux comme un amortisseur de la diminution de notre part de marché sur le « retail ». Or, il s’agit d’un marché porteur à part entière dont la croissance s’avère supérieure à la vente de détail ("retail").

Le partage d’infrastructures, dont la part des nouveaux réseaux (la fibre notamment) est aujourd’hui prépondérante, est désormais pleinement intégré dans notre modèle économique dont il constitue l’un des piliers majeurs. Ce sont précisément les opportunités de ce marché en plein essor qui ont conduit à la décision de Stephane Richard de regrouper toutes les activités de wholesale, en France et dans le reste du monde, dans une même division et de créer WIN. Le marché de gros constitue aujourd’hui un pilier du modèle économique d’Orange, avec une contribution de 25% du chiffre d'affaires en France et 20% du chiffre d'affaires du Groupe à 8Mds€.

La division WIN a ainsi été créée en mai 2018 pour opérer les activités de vente en gros, développer ce business et en améliorer les marges. Elle procède également aux opérations d’achat de gros dans les pays où Orange ne possède pas d’infrastructures ainsi qu’en France auprès, notamment, des opérateurs de Réseaux d’Initiative Publique (RIP).

Orange est un leader mondial de la vente en gros classé parmi les 5 premiers opérateurs sur ce marché, et a pour ambition de faire progresser ses revenus de 25%. Les principaux marchés sur lesquels Orange est présent sont bien entendu la France, en qualité d’opérateur historique, mais aussi toutes les géographies où Orange déploie la fibre, notamment en Espagne et en Pologne. Dans ces deux pays, l’activité wholesale y est en forte croissance. Elle est en recul en revanche sur la zone MEA (Moyen-Orient et Afrique). La création de WLob répond à la volonté de développer le business hors de France, Wholesale France demeurant l’acteur compétent sur le marché domestique.

WIN opère également les réseaux internationaux et longue distance, et gère l’activité des câbles sous-marins, celle des satellites et assure l’interconnexion des toutes les filiales d’Orange. Avec 450 000 km de câbles sous-marins, Orange est sur ce secteur également un leader mondial. Leadership qui lui a permis de conclure un partenariat avec Google pour une opération en Atlantique Nord. WIN affiche l’ambition de développer de tels partenariats avec les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les opérateurs majeurs. Enfin la troisième activité est celle "d'international carrier" qui consiste en la fourniture de services de connectivité aux opérateurs et fournisseurs d'accès internet du monde entier.

La division WIN décline 13 projets qui ont pour ambition de :

  • étendre le réseau international d’Orange par la construction de backbones et  la multiplication de points de présence (POP) en Europe et sur la zone MEA
  • contenir la baisse de la voix et du roaming
  • développer fortement le partage des réseaux domestiques
  • mettre à la disposition de nos clients une plate-forme de connectivité
  • offrir des services de bout en bout
  • contribuer à une plus forte intégration du Groupe

Les élus ont apprécié la présentation qui a été faite de l’activité wholesale qui n’est plus appréhendée comme une activité contrainte, conséquence de nos obligations règlementaires en matière d'accès suite à l’ouverture des réseaux à la concurrence sur le territoire de l’Union Européenne. La vente en gros apparait au contraire comme un secteur porteur et un levier de croissance. A la question de sa contribution à la profitabilité du Groupe, il nous a toutefois été répondu que le calcul d’une profitabilité moyenne au seul niveau de la division n’avait pas de sens. L’objectif est de créer de la valeur. Nous serions toutefois intéressés par une information plus précise sur la part du chiffre d’affaires réalisée sur des offres régulées, et dont les tarifs sont orientés vers les coûts, en particulier sur les 4,8Mds de chiffre d'affaire réalisés en France. Nous sollicitons également cette information sur les offres non régulées, pour lesquelles le Groupe peut réaliser une marge. De même nous aurions souhaité une information plus précise sur le poids économique de l’achat en gros qui est aussi une activité de la Division, puisque, sur certaines géographies, Orange ne dispose pas de ses propres infrastructures. Sur la question de l’emploi, Jérôme Barré s’est engagé à fournir au Comité le nombre de salariés affectés à l’activité Wholesale sur les 2500 que compte la Division WIN.

[English version]

As part of the Orange European Works Council meeting in Paris on 25th, 26th, 27th and 28th February 2019 in Paris, the Group Management has included an item on the agenda relating to the WIN Division, presented by Jérôme Barré, CEO of Orange Wholesale & International Networks Division.

Since the opening of the networks to competition in France and, more broadly in Europe, in the countries in which Orange operates, wholesaling has been regarded as the "negative" counterpart of the retail market, or at best as a cushion for the decline in our market share on the retail side, induced by our regulatory obligations. However, it is a full-fledged growth market whose growth is superior to retail market.

The sharing of infrastructures, of which the part of the new networks (fiber in particular) is predominant today, is now fully integrated into our economic model of which it constitutes one of the major pillars. It was precisely the opportunities in this booming market that led to Stephane Richard's decision to consolidate all wholesale activities, in France and around the world, into one division and create WIN. The wholesale market is today a pillar of Orange's business model, with 25% of sales in France and 20% of Group sales at € 8bn.

The WIN division was created in May 2018 to operate the wholesale business, develop this business and improve margins. It also carries out wholesale purchase transactions in countries where Orange does not have its own networks and in France, particularly with public initiative network operators.

Orange is a world leader in the wholesale sector, ranked among the top 5 operators in this market, and aims to increase its revenues by 25%. The main markets in which Orange operates are, of course, France, as a historical operator, but also all the regions in which Orange deploys fiber, particularly in Spain and Poland. In these two countries, the wholesale business is growing strongly. On the other hand, it is declining in the AMEA area. The creation of WLob is a response to the willing to develop business outside France, with Wholesale France remaining the competent player in the domestic market.

WIN also operates international and long-distance networks, and manages the submarine cable and satellite activities and interconnects all of Orange's subsidiaries. With 450,000 km of submarine cables, Orange is also a world leader in this sector. Leadership that allowed Orange to enter into a partnership with Google in the North Atlantic. WIN has the ambition to develop such partnerships with GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) and major operators.

The WIN division has 13 projects that aim to:

  • extend Orange's international network by building backbones and multiplying points of presence (POPs) in Europe and the MEA area
  • contain the decline of voice and roaming
  • strongly develop home networks sharing
  • provide to our customers a connectivity platform
  • offer end-to-end services
  • contribute to a stronger integration of the Group

The European Works Council members highly appreciated the presentation that was made of the wholesale activity which is no longer considered as the consequence of our regulatory obligations in terms of access, following the opening of networks to competition in the territory of the European Union. On the contrary, wholesale sales appear to be a promising market. On the question of its contribution to the Group profitability however, we were told that the calculation of average profitability at the Division level alone did not make sense. The goal is to create value. However, we would be interested in more precise information on the share of revenue generated on regulated offers, whose prices are geared towards costs, in particular on the 4.8 billions of sales generated in France. We also request this information on unregulated offers, for which the Group can realize a margin. Similarly, we would have liked more precise information on the economic weight of purchasing, which is also part of the Division activity since, in some regions, Orange does not have its own infrastructure. On the employment issue, Jérôme Barré is committed to providing the Council with the number of employees assigned to the Wholesale business out of 2,500 in the WIN Division.

Emploi & Métiers Comité Groupe Europe Comité Groupe Monde IMTW

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[French version here/English version below]

Dans le cadre du Comité de Groupe Européen d'Orange des 26, 27 et 28 février 2019 à Paris, la Direction du Groupe a inscrit un point à l'ordre du jour relatif à la stratégie des services financiers d’Orange et d'Orange Bank en Europe, présenté par Paul de Leusse, Directeur Général adjoint, en charge des services financiers mobiles d'Orange.

En propos liminaire, la Direction rappelle quelques éléments stratégiques liés à l'engagement du Groupe Orange dans le monde des services financiers, en le présentant comme l'un des piliers clés de la stratégie de diversification du Groupe tout en poursuivant l'objectif de devenir un fournisseur de réseaux et de services totalement intégrés, aux côtés des contenus, de l'IoT et des données B2B.

Pour Orange Bank, il s'agit de créer une synergie rassemblant le meilleur des deux mondes: celui de la sphère télécoms et celui de l'univers de la finance, en capitalisant d'une part sur la marque de confiance, la force d'innovation, la gestion avancée des risques, les ressources partagées (canaux de distribution, assistance client, recouvrement de dette), mais également sur la réduction du taux de résiliation, l'augmentaton de la satisfaction client, les opportunités de ventes et enfin l'intensification du financement des terminaux.

L'occasion ensuite de revenir sur le calendrier du lancement des services financiers mobiles du Groupe, avec celui d'Orange Money il y a un peu plus de dix ans en 2008, celui d'Orange Finanse en 2014 en association avec mBank en Pologne, puis l'accord avec Groupama survenu en 2016 et permettant, via l'acquisition par Orange de 65% des parts de Groupama Banque, le lancement d'Orange Bank en novembre 2017.

L'objectif d'Orange Bank est de proposer une offre bancaire complète sur un modèle multilocal, différent de celui des autres acteurs bancaires, en adoptant un positionnement unique permettant d'entrer en concurrence avec l'ensemble des acteurs du secteur, banques conventionnelles (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banque Postale, etc.) et banques digitales (ING Direct, Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank, etc.).

Vient ensuite le bilan de l'activité d'Orange Bank, un peu plus d'un an après son lancement en France. Si les 248 000 comptes recensés, dont 30 à 40% d'actifs, se situent en deça de l'objectif de 400 000 initialement envisagé, la Direction relativise ce résultat qu'elle qualifie de solide, les concurrents du secteur des néobanques plafonnant, pour les meilleurs d'entre eux, à 100 000 comptes au maximum, et avec la même proportion d'actifs. Par ailleurs, Orange Bank se positionne d'ores-et-déjà comme premier acteur en France des paiements mobiles NFC (2.8 millions d'actes au 30 septembre 2018), et affiche, un an après son lancement, 45% de notoriété de marque, ainsi qu'un rythme de croissance supérieur à celui de ses concurrents. On note par ailleurs que 60% des ouvertures de compte s'effectuent en boutique, et que 50% des interactions d'assistance client sont intégralement traitées par l'intelligence artificielle intégrée dans le service.

Quelques éléments complémentaires relevant du domaine des ressources humaines nous indiquent des effectifs à hauteur de 814 salariés fin 2018, la majorité d'entre eux étant affectés aux ventes, à la relation client, et aux opérations liées à la finance, aux opérations, à la gestion du risque et au crédit.

S'agissant de l'expansion vers les pays européens où le Groupe est présent en tant qu'opérateur de télécommunications, l'expérience d'Orange Finanse en 2014 a permis d'améliorer le concept et d'apprendre de certains écueils. Deux modèles sont ainsi prévus pour développer les services en Europe: Orange Bank pour les pays à haut taux de bancarisation, tels que l'Espagne, la Slovaquie, la Pologne et la Belgique, Orange Money associé à des services financiers pour les pays à taux de bancarisation autour de 60%, en Roumanie et en Moldavie. Le calendrier s'étend de 2019 jusqu'en 2023, période à laquelle le seuil de rentabilité d'Orange Bank devrait être atteint, la Direction communiquant autour de 500 à 600 millions d'euros de pertes cumulées à terme.

Si les arguments développés et les perspectives de de croissance peuvent rassurer sur la pertinence du choix du Groupe Orange en matière de stratégie de diversification, les membres du Comité de Groupe Européen, tout en saluant la présentation de Paul de Leusse, ont regretté un manque de visibilité sur les perspectives d'acquisition annuelle de clients, ainsi que le détail des pertes cumulées au fil des exercices annuels, gardant en mémoire les deux crises bancaires relativement récentes de 2008 (sub-primes) et de 2011 (financière liée au bilan des banques), et marquant leur étonnement de voir, pour une banque 100% digitale, deux tiers des comptes ouverts en boutiques, s'interrogeant enfin sur la réelle valeur ajoutée de l'assistant digital intégré dans le service qui peine encore trop souvent à comprendre les questions qui lui sont posées.

[English version]

As part of the Orange European Works Council meeting held in Paris on 26th, 27th and 28th February 2019, the Management included an item on the agenda relating to Orange's financial services and Orange Bank strategy, presented by Paul de Leusse, Deputy Chief Executive Officer, in charge of Orange Group mobile financial services.

In its opening remarks, the Management recalls some strategic elements related to the Orange Group's commitment to the world of financial services, presenting it as one of the key pillars of the Group's diversification strategy while pursuing the objective of becoming a fully integrated network and service provider, alongside content, IoT and B2B data.

For Orange Bank, the aim is to create a synergy bringing together the best of both worlds: that of the telecom sphere and that of the world of finance, capitalizing on the one hand on the trustmark, the strength of innovation, advanced risk management, shared resources (distribution channels, customer support, debt recovery), but also the reduction of the cancellation rate, the increase of customer satisfaction, the sales opportunities and finally the intensification of devices financing.

The opportunity then to return to the schedule for launching the Group's mobile financial services, with that of Orange Money a little more than ten years ago in 2008, that of Orange Finanse in 2014 in association with mBank in Poland, then the agreement with Groupama occurred in 2016 and, through the acquisition by Orange of 65% of the shares of Groupama Bank, the launch of Orange Bank in November 2017.

The objective of Orange Bank is to offer a complete banking offer on a multi-local model, different from that of other banking players, by adopting a unique positioning to compete with all players in the sector, conventional banks ( BNP Paribas, Societe Générale, Crédit Agricole, Banque Postale, etc.) and digital banks (ING Direct, Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank, etc.).

Then comes the report of the activity of Orange Bank, a little over a year after its launch in France. If the 248 000 accounts inventoried, of which 30 to 40% of assets, are below the target of 400 000 initially envisaged, the Management relativizes this result which it qualifies as solid, competitors of the neobank sector capping, for the best of them, up to 100,000 accounts, and with the same proportion of assets. In addition, Orange Bank has already positioned itself as the leading player in France for NFC mobile payments (2.8 million shares as of September 30, 2018) and, one year after its launch, posts 45% brand recognition. as well as a higher growth rate than its competitors. We also note that 60% of account openings are made in stores, and that 50% of customer support interactions are fully processed by artificial intelligence integrated into the service.

Some additional elements in the field of human resources indicate to us a workforce of 814 employees at the end of 2018, the majority of them being assigned to sales, customer relations, and operations related to finance, operations, risk management and credit.

With regard to the expansion to the European countries where the Group is present as a telecommunications operator, Orange Finanse's experience in 2014 helped to improve the concept and learn from certain pitfalls. Two models are thus planned to develop services in Europe: Orange Bank for countries with high rates of bank access, such as Spain, Slovakia, Poland and Belgium, Orange Money associated with financial services for countries with rates around 60% in Romania and Moldova. The timetable runs from 2019 to 2023, when Orange Bank's break-even point should be reached, with management reporting around 500 to 600 million euros in cumulative losses over time.

While the arguments developed and the prospects for growth can reassure the relevance of the Orange Group's choice of diversification strategy, the members of the European Works Council, while welcoming Paul de Leusse's presentation, regretted a lack of visibility on the prospects for annual customer acquisition, as well as the details of the cumulative losses over the years, keeping in mind the two relatively recent banking crises of 2008 (sub-prime) and 2011 (financial related to the banks balance sheets), and expressing their astonishment to see, for a 100% digital bank, two thirds of the accounts opened in shops, wondering finally about the real added value of the integrated digital assistant in the service, which still has too often to understand the questions put to him.

Emploi & Métiers Europe et International CCUES Comité Groupe Europe Comité Groupe France Orange Bank Orange Lease

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AI : Attendus Irréalistes ?

Orange, paré de ses atours d’employeur « digital et humain », n’est pas la dernière entreprise à faire grand cas de son intérêt pour l’intelligence artificielle, et aura récemment multiplié les communications internes lui prêtant une véritable expertise en la matière. Pour autant, ce discours bien souvent emprunté d’un enthousiasme spéculatif soulève plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses aux personnels du groupe quant aux applications concrètes dans leur quotidien professionnel des ambitions affichées par leur direction.

Il faut dire qu’à l’exception notable de l’approche pédagogique adoptée par le directeur de la recherche, il n’est guère question de « biais » ou encore d’ « anthropomorphisme » dans les présentations optimistes plus infantilisantes que ludiques qui leur sont régulièrement données à consulter sur l’intranet de l’entreprise. A cette aune, d’aucuns se préoccupent légitimement de la résilience d’un certain nombre d’idées reçues sur le sujet, surtout lorsqu’elles motivent des choix stratégiques et organisationnels…

 

Le « I » de « IA » : Intelligence ou Instinct ?

Si longtemps l’élaboration d’intelligences artificielles se réalisait par le truchement d’arborescences des possibles - tout l’art et la difficulté résidant dans la conception d’algorithmes arbitrant la sélection des meilleures branches - l’avènement des réseaux neuronaux et autres logiciels apprenants a ouvert la voie à de nouvelles méthodologies permettant d’effectuer des opérations jusqu’alors jugées trop lourdes ou trop complexes pour les approches précédentes.

Cependant si un programme basé sur un parcours d’arborescence peut précisément décrire les raisonnements à l’origine de chacun de choix d’embranchement dont découlent sa prise de décision, un autre résultant d’un entrainement par jeu de données ne pourra se justifier qu’en affichant un pourcentage de certitude à l’aune de ses expériences passées.

Bien sûr, cela n’empêche pas ces derniers d’être de formidables outils qui bousculent nos habitudes de travail, puisqu’ils permettent ainsi d’automatiser certaines tâches qui ne pouvaient l’être avant, tant que leur taux d’incertitude demeure inférieur à celui d’un être humain.

Toutefois leur prêter des vertus de l’intelligence serait faire aveu de leur méconnaissance, puisqu’il s’avère que leur fonctionnement semble davantage relever de l’automatisation d’un réflexe, ou encore d’un instinct…

 

Les méprises de l’anthropomorphisme

Bien évidemment, savoir d’un logiciel qu’il s’élabore par un processus d’apprentissage automatisé, cela est propre à éveiller bien des fantasmes nourris par des années de science-fiction, et notre tendance naturelle à l’anthropomorphisme constitue notre première difficulté à appréhender justement les capacités et limitations de ces nouvelles méthodes algorithmiques.

Ainsi même si certains sont conçus pour s’affiner et s’améliorer à l’usage, leurs capacités d’analyse sont cependant fortement contraintes au seul domaine d’application auquel ils sont confinés ; même si dans l’exécution d’une tâche bien précise, la qualité de leur performance nous amène à la comparer aux nôtres, en termes d’autonomie et de prise de décision, ces fameuses intelligences artificielles restent de simples outils, à l’instar d’une calculatrice posée là sur un bureau.

Au contraire certaines actions et capacités prétendument l’apanage de l’être humain, en considération des nombreuses connaissances et compétences nécessaires à leur mise en œuvre, s’avèrent tout à fait reproductibles et automatisables pourvu que leur abstraction soit modélisable. Concrètement, il s’agit par exemple d’observer et reproduire le comportement d’un vendeur qui accueille et conseille des clients en boutique.

 

Les failles de l’automate                         

Corollairement aux limitations de ces visions anthropomorphiques, l’imaginaire collectif associe, à la froideur et l’implacabilité des mécanismes, des vertus d’intégrité et de précision.

Pourtant tout logiciel, comme tout outil, résulte d’une conception humaine qui détermine les règles de son fonctionnement. S’il est par exemple paramétré afin de privilégier telle catégorie de population dans un système d’attribution de prestations, alors ses choix ne relèveront d’aucune forme d’impartialité, tout automatiques qu’ils soient.

Cette subjectivité héritée de leurs concepteurs se double de la reproduction des biais présents dans les jeux de données avec lesquels sont entrainés les logiciels apprenants. A ce titre, le système d’Amazon d'automatisation des recrutements représente un cas d’école, puisqu’il ne proposait pas de postes de direction aux postulantes ; ceux-ci étaient principalement occupés par des hommes dans le modèle de données qui lui fût confié.

Un échec qui questionne les orientations de la direction d’Orange en matière d’ambitions numériques, lorsque l’on considère son association avec la jeune pousse Clustree pour expérimenter l’automatisation logicielle des parcours de carrière de ses salariés, et souligne l’importance d’une communication en transparence des limitations et caractéristiques des outils algorithmiques.

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3 principes, 5 thèmes, 10 projets... pour une transformation, (encore) une !

Information

Objectif : être collectivement plus efficaces et réactifs

Cette transformation doit être :

  • humaine – les personnes, salariés et clients sont au cœur de cette transformation et en seront les acteurs écoutés.

  • harmonieuse – en répondant aux besoins exprimés par les équipes pour aider le collectif à mieux atteindre les objectifs stratégiques.

  • inclusive – en donnant à chacun la possibilité d’y participer, de l’influencer et de se l’approprier en étant accompagné dans ces évolutions.

Trois principes :

  • implication au plus haut niveau – tous les membres du Comex impliqués en personne dès le départ.

  • écoute – près de 150 interviews individuelles menées avec des représentants des différents pays, fonctions et profils.

  • co-construction – six ateliers organisés durant la structuration du programme, avec au total une cinquantaine de participants divers pour alimenter le débat du Comex.

Création de différents « cercles » de réflexion, débat, test d’engagement à la rentrée.

Priorités transverses : cinq thèmes majeurs

  • forte priorisation des initiatives, prise de décision plus claire et orientée vers la création de valeur durable.

  • structure simple et légère au service des opérations et d’une exécution plus rapide.

  • culture de la confiance et plus agile, centrée sur le client et l’engagement salarié.

  • innovation toujours plus centrée client et business.

  • diversification et engagement sociétal renforcé en phase avec l’évolution des préoccupations de nos clients.

Contenu du Programme : dix projets prioritaires directement piloté par un membre du Comex (noms des projets sont en cours de finalisation) :

  • projet A1 directement piloté par Stéphane Richard : renforcer l’efficacité des décisions prises au niveau du Comex du Groupe - préciser les typologies de décisions nécessaires à ce niveau de gouvernance, tout en clarifiant le principe de subsidiarité entre le Comex et les autres instances, et définir les modalités d’instruction, de formalisation et de communication des décisions prises pour en améliorer l’exécution.

  • projet A2 piloté par Nicolas Guérin : restituer toute leur efficacité aux processus de décision collective au sein du Groupe, au-delà même du périmètre du Comex. Simplifier et accélérer la prise des décisions et leur mise en œuvre, en ligne avec le principe de subsidiarité.

  • projet B1 piloté par Laurent Paillassot : clarifier le partage des rôles et responsabilités entre les entités « centrales » ou transverses du Groupe et les entités « locales » ou Divisions/Pays de manière à rendre notre modèle opérationnel plus lisible par tous.

  • projet B2 piloté par Paul de Leusse s’appuie sur les travaux menés dans le cadre du projet B1 : simplifier les processus et interfaces entre fonctions et opérations pour une coopération plus fluide à tous niveaux.

  • projet C1 piloté par Fabienne Dulac : accélérer le partage d’une culture commune Orange et de pratiques du « travailler ensemble », favorisant la collaboration et les prises d’initiatives individuelles et collectives.

  • projet C2 piloté par Helmut Reisinger : accélérer l’évolution des environnements physiques et digitaux de travail et à offrir des services et outils adaptés aux besoins de chacun afin de renforcer la fluidité de la collaboration.

  • projet D1 piloté par Hugues Foulon : faire évoluer le modèle de définition des priorités d’innovation et de diversification transverses du Groupe. Proposer la gouvernance de choix, mise en œuvre et gestion de ces priorités pour garantir une sélection plus transparente et partagée, un meilleur alignement transverse, une validation au niveau adéquat et une focalisation du groupe sur un nombre réduit de priorités.

  • projet D2 (« Vanille ») piloté par Mari-Noëlle Jégo-Laveissière : faire évoluer les rôles, les modes de fonctionnement et les interfaces de la division Technology & Global Innovation (TGI) avec les autres entités du Groupe (pays/ régions/ Business Units) pour contribuer à la création de valeur, en cohérence avec les priorités stratégiques du Groupe.

  • projet E1 piloté par Alioune N’Diaye : renforcer la diversité des profils et compétences au sein du groupe. Fluidifier les parcours des individus, capter les talents sur les métiers de demain et adapter nos modèles de reconnaissance à ces priorités.

  • projet E2 piloté par Christine Albanel imagine les priorités de l’engagement sociétal du Groupe pour le futur afin de les traduire dans nos fonctionnements quotidiens, pour résonner avec sincérité à l’intérieur et à l’extérieur, auprès des équipes, clients et candidats de demain.

Durée estimée de la plupart des projets : 18 à 24 mois (avec une revue après les premiers 12 mois pour de potentiels ajustements).

Chaque projet, sauf A1 et D2, sera porté par un chef de projet rattaché à l’entité Transformation (directement au DGD) et animé au quotidien par la directrice adjointe pour le Programme, Bénédicte Liénard.

Deux projets de transformation spécifiques à deux entités du Groupe viennent compléter les dix projets :

  • Kilimandjaro – OMEA, piloté par Alioune Ndiaye

  • Ancrage territorial – Orange France, piloté par Fabienne Dulac

Analyse de la CFE-CGC

De nombreuses demandes de précision, entre autres :
  • S’il fallait résumer en une phrase ou deux ce à quoi devrait ressembler Orange à l’issue de l’exécution de ces projets de transformation, quelle serait la physionomie cible du Groupe à 3 ou 5 ans, voire au-delà ?
  • Comment s’articule le programme de transformation et le plan stratégique Vision 2025 en cours d’élaboration, dont il convient d’ailleurs de rappeler le calendrier ?
  • La méthodologie de travail mise en œuvre pour la définition du programme de Transformation (150 interviews, ateliers, co-construction…), les profils et les positions dans l’entreprise des participants, doivent être détaillés. Dans les participants aux ateliers et/ou aux ateliers, y-a-t-il eu des représentants des personnels, d’autres parties prenantes que le management ?
Concernant les 10 Projets :
Sans préjuger d’une priorisation de l’importance relative de chacun de ces 10 projets de transformation, peut-être
y-a-t-il néanmoins une priorité d’urgence quant aux premières décisions de mise en œuvre ? (entre autre le projet E1 porté par Monsieur Alioune N’Diaye.). Certains sont-ils plus urgents que d’autres ? Dit autrement, sur lesquels sont attendus des « quick wins » potentiellement mis en œuvre dans l’année ?
  • Le projet A1 vise à renforcer l’efficacité des décisions prises par le COMEX. Cela sous-entend que jusqu’à présent il y a de la perte en ligne ou de la latence dans l’exécution des décisions !
  • Le projet A2 vise à restituer toute leur efficacité aux processus de décision collective. Pouvez-vous nous expliciter ce point, ainsi que le principe de subsidiarité ?
  • Le projet B1 vise à clarifier le partage des rôles et responsabilités entre CENTRAL/LOCAL. Sur ce point y-t-il d’ores et déjà une doctrine qui se dégage ? Basée par exemple sur des premiers retours d’expérience ?
  • Le projet C1 vise à accélérer le partage d’une culture commune Orange et de pratiques du « travailler ensemble », favorisant la collaboration et les prises d’initiatives individuelles et collectives, basés sur la confiance, la responsabilité et le droit à erreur. C’est-à-dire ?
  • Le projet C2 vise à accélérer l’évolution des environnements physiques et digitaux de travail. Avez-vous d’ores et déjà identifié les projets ou initiatives dans le groupe qui seront généralisées (Nouvel Environnement Orange, bureaux dynamiques, télétravail…) ?
  • Le projet E1 vise un renforcement de la diversité des profils et compétences au sein du groupe. Quel est le calendrier des attendus de ce projet ?
  • Le projet E2 imagine les priorités de l’engagement sociétal du Groupe pour le futur. Y-a-t-il sur ces points des changements majeurs d’ores et déjà envisagés ?
Enfin, comment sont associés les représentants des personnels à ce Programme de Transformation ?

Europe et International Numérique CCUES

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orangemarine renedescartes

Photo : Orange Marine

Suite à la lettre ouverte de la CFE-CGC Orange et de l'ADEAS proposant l'association d'Orange et d'Ekinops pour acquérir Alcatel Submarine Networks, la Direction nous répond.

Si notre proposition n'apparaît pas en l'état actuel compatible avec les options retenues par les différents acteurs intervenant sur ce dossier, il est intéressant de noter que les courriers co-signés par les représentants des personnels actionnaires reçoivent des réponses circonstanciées... alors que nous peinons à établir le dialogue social avec les représentants du personnels "classiques" (élus et délégués syndicaux) sur des sujets pourtant réputés faire l'objet de négociations, comme la rétribution des personnels.

Est-ce que seuls les actionnaires peuvent désormais dialoguer avec l'entreprise ? A vous d'en tirer les conclusions...

Participation, Intéressement et Actionnariat

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