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Débat sur la 5G : « Combattre les croyances »

 

le 20 octobre 2020, devant les étudiants de Sciences-Po Lyon, Sébastien Crozier affirme : « Il faut éduquer et former pour à nouveau combattre les croyances ! »

« Le débat sur la 5G balaye un champ de questions et d’interrogations divers et multiples ». Sébastien Crozier, devant les étudiants de Sciences-Po Lyon qui organisaient un débat sur le sujet en visioconférence précise : « Géopolitiques, comme l'affrontement entre la Chine et les Etats Unis ; la question des ondes électromagnétiques en France ; la consommation énergétique, la consommation des minerais ; la question de l’obsolescence (technologique). » ces questions qui « traversent notre société » sont communes aux différents domaines du numérique, interrogent sur la société que nous voulons entre numérique et humanité.

Pour Sébastien Crozier, il ne peut pas y avoir de débat éclairé sans formation et éducation aux nouveaux usages du numérique. Déclarant : « L’école de Jules Ferry a permis de dépasser les croyances », Sébastien Crozier est convaincu que l’éducation nationale, les entreprises, les syndicats doivent assumer leur part de montée en compétence des citoyens dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies, au risque de « retomber dans les croyances ». C’est ainsi qu’il évoque l’initiative de la CFE-CGC Orange qui a créé récemment l’Institut des Savoirs et des Talents (IDSEDT ) dont la vocation première est de former les personnels d’Orange et d’ailleurs aux techniques du digital.

La 5G, quels enjeux ?

  • Stratégiques : Sébastien Crozier explique : « La 5G, c’est l’usage de nouvelles fréquences, notamment celle de 3,5 Ghz. Mais elle peut aussi utiliser les fréquences existantes de la 2G, 3G, 4G. » dans l’accroissement des besoins d’écoulement de données, la France bénéficie d’une situation particulière par rapport aux autres pays. « Nous avons investi massivement dans la fibre » souligne Sébastien Crozier qui évoque l’utilisation privilégiée du réseau fixe pour ce trafic qui place le pays dans une position moins critique que la Chine, les Etats-Unis ou l’Italie qui ne disposent pas de ces infrastructures « Fibre ».
  • Géopolitiques : Parmi les considérations qui poussent à accélérer le déploiement de la 5G, il y a le fait que cette norme est une « norme ouverte » qui n’impose pas aux opérateurs de reverser des royalties aux propriétaires du standard comme c’est le cas pour la 4G avec Qwelcom. Avec l’avance de phase acquise par les Chinois qui ont massivement investi dans le développement industriel de la norme, les entreprises américaines prises de panique ont déclenché des séries de représailles pour éviter l’invasion mondiale de Huawei. Pour Sébastien Crozier, « en réalité, il n’y a pas d’accélération », les cycles de renouvellement technologique restent de dix ans, comme pour les 2G, 3G, 4G.
  • Industriels : les temps de réponse de la 5G qui offrent l’accès à de nouveaux services. Si les véhicules autonomes focalisent l’attention du public, le domaine de la distribution d’énergie, son optimisation, fait également partie des nouveaux usages. Sur ce point des temps de réponses, Sébastien Crozier alerte : « Nous avons besoin que nos industriels disposent d’un champ d’expérimentation qui soit français, et non pas situé à l’étranger. » L’écosystème 5G français est nécessaire selon lui « au développement de cette filière ».

Les transformations liées à la 5G

  • Vers l’abandon de la neutralité du Net ? La technologie 5G permet de prioriser les flux. Ce sera d’ailleurs une obligation, notamment pour « assurer la sécurité des citoyens, ou le fonctionnement du réseau électrique…plutôt que d’acheminer les films. » La crise sanitaire, avec l’explosion du télétravail, a entrainé sur ce point une prise de conscience collective.
  • Vers plus d’antennes ? « Il n’y aura pas d’augmentation du nombre d’antennes et de points hauts » pronostique Sébastien Crozier. La possibilité d’occuper la même infrastructure, et dans le cas des zones moins denses, de mutualiser les antennes entre opérateurs, d’utiliser plutôt des basses fréquences (700 ou 800 Mhz), font que sur ce point la situation sera identique. Sur le remplacement des équipements 4G par des équipements 5G, la situation est plus incertaine : « la crise sanitaire génère des ralentissements de déploiement. » Il stigmatise cependant la législation européenne et surtout française qui « ne se préoccupe absolument pas de l’emploi » et l’ARCEP qui ne pousse pas à la couverture des « zones blanches. »
  • Vers plus de consommation d’énergie ? Conserver les technologies 2G, 3G, 4G, 5G est « un choix de société » et accroit la consommation énergétique affirme Sébastien Crozier. Il pose la question : « doit-on supprimer la technologie 2G, et de fait exclure des tas de gens ? » La manière dont les utilisateurs emploient leurs équipements numériques est tout aussi importante que la technologie : « un écran allumé est consommateur d’énergie, pour autant la demande des consommateurs est d’avoir des écrans de plus en plus grands. » certains gestes comme la suppression du wifi sur le terminal ou baisser la luminosité du terminal sont pourtant des gestes simples d’économie. Rompre avec le dogme de la neutralité du net est permettre que les serveurs soient au plus près de l’utilisateur est aussi une piste, plutôt que de tirer des câbles sous-marins à travers la planète. Câbles particulièrement polluants, même lorsqu’ils ne sont plus utilisés (ils constituent d’ailleurs alors des déchets, avec leurs batteries abandonnées dans les fonds). La problématique énergétique est internationale et nécessite une réflexion globale. Pour ce qui est des opérateurs, au premier rang desquels Orange, l’énergie est le principal poste de dépenses. Investir dans de nouveaux équipements 5G, c’est investir dans des solutions plus performantes, qui couvrent les autres normes, moins consommatrices d’énergie, et donc accroitre le bénéfice. La 5G n’est donc pas génératrice de surconsommation, mais plutôt d’économies.

Les solutions alternatives

  • S’engager sur l’emploi : Obliger les acquéreurs des licences 5G à développer l’emploi dans toute la filière. La CFE-CGC Orange a porté la question devant le Conseil d’Etat, le régulateur ne faisant pas respecter la loi qui impose la protection de l’emploi. Sébastien Crozier interroge : « faut-il opposer le consommateur, le citoyen et le travailleur ? »
  • Soutenir l’éducation et la formation collectives aux nouvelles technologies : la démocratie nécessite de disposer de l’ensemble des informations pour effectuer des choix éclairés. Adopter les comportements permettant de réduire l’impact des évolutions technologiques nécessite d’y être formé. « La participation aux débats se fait avec des citoyens aux connaissances particulièrement faibles » déplore Sébastien Crozier qui milite pour renforcer l’éducation et la formation collectives aux sujets économiques, environnementaux et technologiques. Il prévient : « si l’éducation progresse moins vite que les technologies, nous retomberons dans les croyances. »

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