CSE extraordinaire : la pollution de l’eau sur le site de Lannion (CSE DTSI 49, 50 et 51 de mars 2026)
Rédigé par Nathalie CAO le . Publié dans DTSI.
Le dossier
Des analyses de l’eau des fontaines filtrantes du site de Lannion, avec près de 70 salariés du périmètre social DTSI, ont mis en évidence, sur l’une des fontaines, différents polluants dont de fortes teneurs en nitrites, en fer et en azote ammoniacal. Nos collègues TSP de la DISU sont particulièrement concernés avec la proximité de cette fontaine connectée au réseau d’eau potable, installée en 2020 et fortement polluée avec des filtres saturés.
Les conséquences sur la santé identifiées par l’ARS à la suite d’une surexposition à ces polluants sont concrètes : des risques de cancer colorectal.
Pour rappel, Orange Innovation a le plus grand nombre d’occupants du site, suivie par DSI-DTOF-DISU.
La Direction justifie cette intoxication de l’eau sur cette fontaine par une situation en bout de réseau et un débit insuffisant proche de la stagnation.
La Direction a pris la décision d’alimenter désormais les 28 fontaines du site avec des bonbonnes ; charge au prestataire de les changer régulièrement.
La Direction souligne que la CSSCT DISU est informée régulièrement depuis la détection des polluants, et les salariés potentiellement concernés directement contactés ; et que les autres CSSCT seraient « bientôt » informées ….
Analyse de la CFE-CGC Orange
La Direction refusait d’inscrire ce point à l’ordre du jour au CSE. Les élus ont donc demandé une séance extraordinaire précisant que le CSE DTSI est bien l’instance compétente pour l’instruction de ce dossier.
Lors de cette séance, la Direction a jugé inutile de présenter les données en sa possession : rapports des médecins, des cabinets externes et de l’ARS, et les plans de remédiation.
Il s'agit pourtant d’une crise sanitaire et psychologique :
- Les faits : une exposition prolongée à une eau contaminée (taux de nitrites hors normes) a été révélée aux salariés via Teams.
- Le risque médical : l'annonce évoque un surrisque de cancer colorectal pour les consommateurs réguliers.
- L'impact humain : les salariés concernés ont exprimé un état de sidération, d'anxiété majeure et de souffrance psychique, aggravé par une communication jugée incomplète et tardive de la direction.
En raison d'un danger sanitaire majeur et d'une communication de crise jugée défaillante, le CSE a voté le recours à une expertise pour risque grave.
La mission doit permettre au CSE de comprendre la situation et de proposer des solutions autour de 4 axes :
- Analyse technique : comprendre l'origine de la contamination (historique du réseau, défaut de maintenance, chronologie des alertes).
- Analyse de la communication : évaluer l'impact de la méthode d'annonce et ses modalités de diffusion (Teams) aux salariés DISU, son contenu, sur la santé mentale et le climat social
- Suivi des victimes : vérifier la prise en charge médicale et psychologique des salariés actuels, mais aussi de ceux ayant quitté le site et des prestataires externes.
- Analyse des mesures de prévention en matière d’information, d’accompagnement psychologique, de suivi médical, de traçabilité et de restauration de conditions de travail sécurisantes.
L'expert doit avoir libre accès aux locaux, aux documents techniques et aux salariés pour mener des entretiens.
Le CSE souhaite que l'expertise puisse durer jusqu'à 4 mois (sous réserve d'accord) pour garantir une analyse complète.
La CFE-CGC Orange exige que dans la perspective du réaménagement du site, les réseaux d’eau alimentant les fontaines soient systématiquement vérifiés.



