CFE-CGC Orange
CFE-CGC Orange

Dans l’arrière-cuisine de vos cantines

plateaucantineorange

Les personnels Orange peuvent déjeuner dans 406 restaurants d’entreprise

  • 130 cantines dans les locaux d’Orange : le pilotage des prestataires est assuré par la Direction d’Orange (pôle restauration). Ces cantines peuvent devenir des Restaurant Inter-Entreprises et signer des conventions avec d’autres entreprises pour recevoir leurs salarié-e-s.
  • 276 RIE / RIA (Restaurant Inter-Entreprises ou Restaurant Inter-Administrations) : gérés par d’autres acteurs, avec lesquels la Direction d’Orange a passé des conventions pour qu’ils accueillent les personnels d’Orange.

Garçon, l’addition !

Perplexe devant votre ticket de caisse ? Il comporte 3 rubriques :

+ Les denrées alimentaires que vous avez choisies.

+ Les frais d’admission, qui correspondent aux coûts fixes d’exploitation du restaurant par le prestataire (personnel et gestion), divisés par le nombre de repas servis en moyenne chaque jour dans le restaurant considéré.

- La subvention de votre CE, déduite du total que vous payez.

La 4ème rubrique qui vous coupe l’appétit

La subvention des repas bénéficie d’exonérations de cotisations sociales. L’URSSAF impose donc des règles strictes, sur la base d’un montant forfaitaire défini chaque année pour l’avantage nourriture offert aux salarié-e-s. Pour 2018, il est de 4,80 € par repas. Le ou la convive doit en payer au moins la moitié (donc 2,40 €). Si ce montant n’est pas atteint, un complément s’ajoute sur le ticket de caisse. Or, de nombreux collègues doivent payer ce complément, plus particulièrement celles et ceux qui devraient recevoir la « subvention majorée+ »… et reçoivent donc moins de subvention que prévu !! L’histoire ne dit pas qui au final bénéficie du complément payé par le convive. Le prestataire ? La Direction ? En dépit de nos questions à la Direction, le mystère subsiste !

Ce qui n’apparaît pas sur le ticket

Pour connaître le prix total d’un repas, il faut encore ajouter les coûts de gestion non liés au prestataire : le loyer du local dédié à la restauration, les « fluides » (eau, gaz, électricité), les frais éventuels d’adhésion au restaurant d’entreprise (dans le cas des restaurants externes), les frais de gestion du pôle restauration d’Orange qui pilote l’activité. Ces coûts ne figurent pas sur le ticket, mais s’imputent bel et bien sur le budget global de la restauration.

La subvention gérée par la Direction

Dans les établissements dont les CE ne sont pas pilotés par des élu-e-s CFE-CGC Orange, le montant de la subvention est défini par la Direction, en fonction de votre salaire global de base et selon la grille suivante, qui s’applique depuis le 1er juillet 2017 :

revenus annuels (SGB) montant de la subvention
> 38 000 €

subvention simple = admission - 1 €

≥ 28 000 € et ≤ 38 000 €

subvention majorée = admission + 0,10 €

< 28 000 €

subvention majorée+ = admission + 1,10 €


Le niveau de subvention auquel vous avez droit est inscrit dans votre carte multiservices (CMS), qui sert, en principe, de badge d’admission et de paiement dans les restaurants Orange.

Laisser la Direction gérer vos cantines ? Risques de mauvaise tambouille !

Absence de négociation

Non seulement l’accord de 2005 est illégal, mais il laisse la Direction gérer seule un budget qui appartient aux personnels, sans contrôle de vos représentants et représentantes : il ne prévoit aucune négociation, mais une simple « concertation ». La Direction conserve donc la haute main sur la restauration. Cela lui permet d’habiller les chiffres comme elle l’entend, de piloter les prestataires à sa manière, comme de décider seule des travaux entrepris dans les restaurants (ouvertures, entretien, rénovation, mise aux normes…). S’ils sont inutiles ou mal négociés, c’est autant d’argent ponctionné sur le budget dédié à la subvention de vos repas. S’ils ne sont pas faits à temps, le risque est de ne plus pouvoir y installer de prestataire… et de voir des cantines fermer.

Addition salée

En moyenne, un repas pris dans une cantine Orange coûte près de 12 € au budget restauration, contre un peu plus de 6 € dans un RIE/RIA externe. D’où vient la différence ? 
  • Loyers prohibitifs : la Direction facture des loyers beaucoup plus élevés que ceux payés par les RIE/RIA externes. Pour le propriétaire d’un immeuble de bureaux, proposer un restaurant interentreprises lui permet de trouver plus facilement des locataires. Il facture donc moins cher le m2 « cantine » que le m2 « bureau ». Mais pour la Direction d’Orange, surfacturer les m2, c’est au contraire le moyen de récupérer à son profit une partie du budget ASC qu’elle est censée distribuer aux personnels via les CE. Et histoire de gonfler la note, les m2 des cafétérias entrent aussi dans la facture.
  • Concurrence contreproductive : la Direction d’Orange critique, à juste titre, la concurrence excessive imposée par le régulateur des télécoms car elle détruit la rentabilité des opérateurs. Mais le pôle restauration considère que seule la concurrence entre prestataires garantit la qualité des repas servis. Orange est ainsi la seule entreprise à travailler avec 6 prestataires différents (API, Ansamble, Compass, Elior, MRS, Sodexo), avec parfois plusieurs prestataires sur un même site (par ex : 3 sur Orange Village à Arcueil ou Orange Gardens à Châtillon). Cette politique empêche les prestataires d’optimiser la gestion de leurs personnels et de leurs approvisionnements, et fait grimper les prix.
    Pire, sur certains sites, la Direction met en concurrence son restaurant Orange avec un ou plusieurs restaurants externes (2 RIE externes concurrencent le restaurant Orange à Bagnolet), ce qui dégrade la fréquentation des restaurants Orange… alors qu’il faudrait au contraire la maximiser ! En effet, lorsque le nombre de repas servis augmente, les frais d’admission diminuent, tandis qu’il y a plus de choix et plus de fraîcheur au self.
Il faudrait rendre tous les restaurants Orange accessibles aux personnels d’autres entreprises, en signant des conventions. Mais la Direction refuse d’engager toutes les négociations nécessaires. Résultat : des frais d’admission de 16,70 € HT à Lanester, et même de 27,03 € HT à Annonay, qui plombent les comptes sans bénéfice pour les convives.

Enfin, la Direction devrait faire en sorte que les titres restaurant soient acceptés comme moyen de paiement dans toutes les cantines. Cela permettrait aux personnels sous-traitants de déjeuner avec leurs collègues d’Orange en toute légalité, sans plomber votre budget restauration.

Errances techniques

Dans de nombreux restaurants Orange, les terminaux de paiement refusent les paiements (notamment sans contact) par la CB Orange Bank. Une humiliation et une perte de confiance dans la qualité de notre offre de service bancaire… qu’on ne sait pas faire fonctionner au sein même de notre entreprise.

Fraude à plein régime

Vous avez dit pique-assiette ?

La carte multiservices pour contrôler l’accès et payer son repas à la cantine permet de n’attribuer la subvention restauration qu’aux personnels qui y ont droit. Malheureusement, la Direction laisse les prestataires détourner le système : on a vu apparaître sur les caisses une « touche Orange », qui permet de faire bénéficier n’importe qui de la subvention, anonymement et sans contrôle. 35 700 repas étaient concernés sur les 5 premiers mois de 2017 dans les cantines d’Orange (soit au minimum 220 K€ de subvention). Dans les RIE/RIA externes, c’est pire: dans la plupart des cas, il suffit de dire qu’on travaille chez Orange pour bénéficier de la subvention. Certains et certaines salarié-e-s d’entreprises extérieures profitent des subventions dédiées aux personnels Orange, à votre détriment, alors qu’ils et elles disposent de titres restaurant via leur employeur !

Foie gras à tous les repas ?

Certains prestataires indélicats se « trompent » à votre détriment lorsque vous passez en caisse. Sur la photo illustrant cet article, la salade aux dés de jambon au premier plan du plateau est facturée comme une « assiette gourmande au foie gras » ! La pratique n’est malheureusement pas isolée : certains restaurants en font un « système ». N’hésitez donc pas à contrôler votre ticket !

 

Extrait de la Lettre Comprendre & Agir "spécial restauration" - T3 2018

Activités Sociales et Culturelles

Imprimer