La communication de l’entreprise sur le déploiement des mesures mises en œuvre pour le déconfinement progressif decidé par le Gouvernement est pour le moins contradictoire.

Nous pouvions lire dans le document intitulé « espaces de travail tertiaires, mise à jour du protocole sanitaire » qui nous a été communiqué le 29 juin : « le télétravail n’est plus la norme mais il reste une solution à privilégier dans le cadre d’un retour progressif à une activité présentielle, y compris alternée jusqu’au 31 août. »

Ce qui s’est traduit d’après nos nombreuses remontées terrain par une communication brutale dans beaucoup d’équipes, demandant aux salariés de revenir sur site, sans délai, des messages contradictoires des Directions de site, de la ligne managériale ou des managers directs reçus par mail ou de vive voix.

La semaine précédente, les salariés étaient encouragés à venir, via le drive de leur site, récupérer du matériel pour améliorer leurs conditions de télétravail. Et ce, y compris pendant le déconfinement qui s’annonçait progressif pendant tout l’été…

Une semaine plus tard, le retour sur site était requis, pour tous, au moins plusieurs jours par semaine.

Certes, puisque les sites rouvraient, il était urgent d’organiser rapidement le retour des télétravailleurs qui vivaient mal leur télétravail, étaient mal installés, mal équipés, ou avaient besoin d’échanger en physique avec leurs équipes…

Mais y avait-il la même urgence pour les télétravailleurs qui pouvaient sans aucune difficulté continuer de travailler à distance quelques semaines de plus ?

Y avait-il la même urgence pour ces collègues qui doivent subir de longs trajets en transports en commun avec des risques accrus de contamination ? Il suffit de regarder autour de nous pour voir que les gestes barrières et le port du masque sont de moins en moins pratiqués par les citoyens, ce qui laisse craindre une reprise de la propagation du virus.

Y avait-il la même urgence à faire fi des problèmes d’organisation familiale : garde d’enfants, lieu de confinement, personnes fragiles dans l’entourage immédiat

Si les salariés peuvent comprendre la nécessité d’un retour sur site pendant cette période estivale afin d’être opérationnels le 23 aout, la brutalité de cette communication les inquiète et les interroge :

  • En quoi un retour partiel pour tout le monde est-il urgent ?
  • pourquoi n’avoir pas répondu dans un premier temps aux besoins des salariés pour lesquels il y avait réellement une nécessité de revenir chaque jour sur site, quand d’autres peuvent encore attendre facilement.
  • pourquoi ne pas maintenir la distanciation de 1,50m quand les conditions en période estivale le permettent ? Pourquoi l’avoir réduite, d’ailleurs ? Avait-on surestimé la distance que pouvait franchir le virus ? Concrètement quels risques avait-on surestimé et en quoi assouplir les mesures ne fait pas prendre plus de risques aux salariés ?
  • Quelle est la procédure mise en place pour faire remonter les non-respects des consignes de sécurité ? Qui sera chargé localement de les faire appliquer sachant que les sites sont souvent multi périmètre et multi équipes pour un même périmètre ? Les salariés ont-ils eu un rappel de la possibilité de faire valoir leur droit de retrait s’ils constatent que les mesures de distanciations, les gestes barrières ne sont pas respectés ?
  • Les tensions et RPS induits par ces situations ont-ils été envisagés, quand le collègue devient un risque pour sa propre santé et celle de son entourage ? Et ce, en toute bonne foi, simplement parce qu’il n’est pas facile d’oublier des réflexes millénaires d’interaction sociales… Si deux collègues discutent à moins d’un mètre de distance, les projections seront inévitables !

Et que dire enfin du manque de coordination entre la réouverture des sites et la restauration collective : des sites fermés, des restaurants ouverts, des sites qui ouvrent des restaurants qui se referment, des sites ouverts, des restaurants vides…

Un manque de coordination patent entre la DRH et le CNR et qui de surcroit met gravement en péril la santé économique du système de restauration collective.

La CFE-CGC demande que tant que la pandémie restera présente :

  • que l’entreprise Orange SA maintienne les mesures sanitaires pour préserver la santé et la sécurité des salariés,
  • que, chaque fois que le télétravail est possible, les salariés conservent le choix libre et éclairé de se rendre sur site sur la base du volontariat pour exercer leurs activités professionnelles,
  • que la ligne managériale reçoive des consignes claires de n’exercer aucune pression, sous quelque forme que ce soit, pour imposer aux salariés de catégorie C de revenir sur les sites Orange SA.

La CFE-CGC demande qu’une seconde communication nationale soit faite auprès des salariés, plus claire, moins brutale, qui autorise les personnels à revenir, pendant l’été, dans un mode alterné et beaucoup plus progressif, en organisant les retours selon la spécificité des situations :

  • ceux pour qui l’urgence du retour s’impose, reviennent de suite et toute la semaine »
  • ceux dont la présence sur site n’est pas nécessaire à l’accomplissement de leur travail, rejoindront les sites plus tard dans l’été.

Il convient de tout mettre en œuvre pour rassurer et préserver nos salariés. Et ainsi réussir le déconfinement tout comme ensemble, ces derniers mois, nous avons réussi à préserver notre entreprise, ses personnels et ses clients.


Articles complémentaires

  1. Projet de changement des horaires de la boutique de Noyelles Godault Le dernier ajustement des tableaux de service date de plus de 5 ans. Depuis, les mouvements des conseillers ont permis quelques modifications, mais cela reste insuffisant pour répondre aux besoins actuels et à l’évolution de l’activité commerciale. Des déséquilibres sur certaines journées entraînent de nombreuses sollicitations managériales pour ajuster temporairement les horaires, avec des difficultés […]
  2. Projet de libération des surfaces de Laennec CDA et réaménagement des salariés Ce projet s’inscrit dans les orientations immobilières du groupe. Les travaux démarrant en janvier 2027, Il prévoit, à horizon juin 2027, le réaménagement des espaces de travail de Schiltigheim Laennec CDA, après rénovation par le bailleur des surfaces louées selon un cahier des charges établi à partir de notre expression de besoin. 69 occupants concernés […]
  3. Santé au travail 2025 : un bilan mitige Plus de 1 000 accidents du travail En 2025, le nombre d’accidents du travail avec arrêt diminue légèrement avec 1 165 accidents recensés, soit plus de 1 000 accidents par an depuis 3 ans. Même si leur fréquence baisse, leur taux de gravité ne cesse d’augmenter. 6 accidents mortels en 2025 Dont 5 décès pour malaise en situation […]
  4. Commissions santé du CSEC : nos élus agissent, la direction doit suivre La Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail Centrale (CSSCTC) s’est réunie une fois pour examiner le projet d’évolution de l’organisation des activités cloud : regroupement des activités cloud Innovation et SCE au sein de OINIS. La Commission de Prévention des Risques Professionnels et de Promotion de la Santé au Travail (CPRPPST) a examiné treize […]
  5. Essentiel CSEC Santé N°66 – 8 septembre 2026 Au sommaire du CSEC Santé 8 septembre 2026 : Santé au travail 2025 : un bilan mitige Commissions santé du CSEC : nos élus agissent, la direction doit suivre Retrouvez l’Essentiel CSEC santé Numero 66 du 8 septembre 2025

À la Une

Essentiel CSEC Santé N°66 – 8 septembre 2026

  • Raphael Erudel

Au sommaire du CSEC Santé 8 septembre 2026 : Santé au travail 2025 : un bilan mitige Commissions santé du CSEC : nos élus agissent, la direction doit suivre Retrouvez l’Essentiel CSEC santé Numero 66 du 8 septembre 2025