Projet de cession de Globecast Holding
Rédigé par Phillipe DROUET le . Publié dans CSEC UES Orange.
Le projet concerne la cession de 100% de Globecast à une nouvelle holding créée pour l’opération, prévue pour fin 2026. Globecast, filiale d’Orange spécialisée dans la distribution vidéo, voit ses résultats financiers se dégrader depuis 2022, notamment son chiffre d’affaires baisser et son EBITDA plonger en négatif. La stratégie G27 vise à développer de nouvelles activités (Media Integration, OTT, cloud) pour redresser la croissance d’ici 2027.
Le marché évolue rapidement avec une migration vers l’IP, le cloud, et une concurrence accrue des GAFAM. La faible synergie avec Orange limite l’intérêt stratégique pour le groupe, justifiant la recherche d’un nouvel actionnaire, Verdoso, dont le groupe espère qu’il sera capable d’accompagner la transformation et la croissance de Globecast.
Le processus est structuré en plusieurs étapes, avec une négociation exclusive en cours, et une finalisation prévue pour fin 2026. La cession implique la création d’une holding d’acquisition en France, avec une association du management à hauteur de 20%. La procédure réglementaire et anti-trust est en préparation.
Impacts RH et sociaux
- Contrats de travail : maintenus avec ancienneté, sans transfert automatique.
- Représentation : disparition de l’UES Globecast, qui correspond à la fin automatique des mandats des représentants du personnel.
- Emploi : engagement du repreneur de ne pas avoir recours à des licenciements collectifs pendant 18 mois, avec possibilité de mobilité interne dans le groupe Orange pendant 12 mois.
- Fonctionnaires : ils seront réintégrés dans Orange, avec un accompagnement personnalisé dont on ne connaît pas les détails.
Le projet n’a pas d’impact sur la stratégie RSE. Un plan de communication et d’accompagnement du changement est prévu pour rassurer salariés, managers, clients et partenaires tout au long du processus.
La contribution financière de Globecast à Orange est marginale, et la sortie n’affectera pas significativement le chiffre d’affaires ou l’EBITDA du groupe.
Analyse de la CFE-CGC
La CFE-CGC considère que la cession de Globecast traduit avant tout un manque de vision stratégique d’Orange Business sur les activités médias.
Alors que ce secteur est stratégique et en forte transformation, l’entreprise semble abandonner un actif qui aurait pu être intégré et valorisé comme levier commercial pour le cloud, la cybersécurité et les services à valeur ajoutée, à l’instar de ce que fait Tata Communications avec de tels services.
La CFE-CGC Orange a souligné que Globecast, malgré un historique de sous-valorisation et de difficultés managériales, a su développer des produits reconnus et conserver des références solides.
La vente est donc perçue comme l’aboutissement d’un désengagement progressif, au lieu d’un vrai projet de transformation industrielle et de modernisation.
La CFE-CGC Orange exprime aussi de vives réserves sur le choix des candidats à la reprise comme sur les modalités et le processus de ce choix. Un contentieux porté par le CSE de Globecast est d’ailleurs en cours à ce propos. La CFE-CGC Orange estime que certains prétendants ne sont pas compatibles avec les valeurs d’Orange et soutient qu’Eurovision Media Services aurait offert un projet industriel plus cohérent, avec davantage de perspectives de co-construction et de développement.
Sur le plan social, la CFE-CGC demande des garanties claires pour les salariés.
Elle réclame l’ouverture d’une négociation tripartite entre syndicats, Orange et repreneur pour reclasser tous les personnels qui le nécessitent avant la conclusion de la cession (closing), pas seulement les fonctionnaires, et obtenir une solution personnalisée pour chacun.
La CFE-CGC Orange anticipe également des impacts forts sur l’organisation du travail, les compétences, la charge de travail et les risques psychosociaux.
Elle demande des réponses précises sur les formations, les mobilités, les reclassements, la continuité des missions, la situation du site de Sainte-Assise et le devenir du dialogue social après la disparition de l’UES Globecast.
Enfin, la CFE-CGC insiste sur la nécessité de préserver la pérennité de l’emploi, de fixer un cadre clair à la restructuration et d’obtenir une visibilité sur le calendrier de revente.
Elle rappelle que le volet social fait partie intégrante de la RSE et qu’une cession ne peut être acceptable que si elle garantit un avenir réel aux personnels et une gouvernance enfin compétente pour la suite.
La CFE-CGC dénonce une cession de Globecast qui ressemble davantage à un désengagement stratégique d’Orange qu’à un vrai projet industriel.
Nous demandons des garanties fermes pour l’emploi, les reclassements, les compétences, la continuité d’activité et le maintien d’un dialogue social réel.
Chaque membre du personnel doit avoir une solution claire et un avenir. 200 salariés, 200 solutions !
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