Quand l’inaptitude devient un outil de réduction des effectifs

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Les dossiers d’inaptitude se suivent, mais ne se ressemblent jamais.
Et c’est précisément pour cette raison qu’ils devraient être traités avec une vigilance exemplaire, une humanité irréprochable et une véritable volonté de maintien dans l’emploi.

Dans le cas présent, la dimension médicale, la reconnaissance du statut de travailleur handicapé ainsi que le secret médical qui les entourent donnent à ce dossier un caractère particulièrement opaque.
Cette opacité ne peut cependant pas servir de paravent à des décisions dont les conséquences humaines, sociales et professionnelles sont considérables.

La notion même de distance routière évoquée par le médecin du travail, dans le cadre d’une semaine type, doit nous interpeller avec force.
Proposer à un salarié fragilisé un poste situé à plus de 100 kilomètres de son domicile revient, dans les faits, à transférer sur lui seul le poids de l’adaptation, de la fatigue, des contraintes physiques, psychologiques et financières.

Ce type de proposition interroge sérieusement la réalité de l’obligation de reclassement et la sincérité de la recherche menée par l’employeur. Car derrière les tableaux Excel et les intitulés de postes, il y a des vies.
Il y a des salariés usés par le travail, parfois cassés par des années d’engagement professionnel, qui attendent autre chose qu’une solution théorique ou une case cochée dans une procédure.

Quoi qu’il en soit, la faiblesse de la proposition de reclassement, tant sur le contenu du poste que sur sa localisation, témoigne une nouvelle fois d’une politique de l’emploi que nous dénonçons et combattons depuis plus d’une décennie.

Une politique faite de fermetures, de concentrations d’activités, de suppressions de postes de proximité et d’abandon progressif de nos territoires.
Cette stratégie produit un appauvrissement continu de nos bassins d’emplois et réduit chaque année davantage les possibilités de reclassement dignes et réalistes pour les salariés déclarés inaptes.
À force de démanteler les implantations locales, l’entreprise organise elle-même l’impasse dans laquelle elle prétend ensuite chercher des solutions.

Nous refusons que l’inaptitude devienne le dernier maillon d’une politique de réduction des effectifs déguisée en gestion des ressources humaines. Nous refusons que des salariés vulnérables soient poussés vers des choix impossibles entre leur santé, leur vie familiale et leur emploi. Parce qu’au-delà de ce dossier, c’est une certaine idée du respect du travail, de la dignité des salariés et de la responsabilité sociale de l’entreprise qui est en jeu.

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