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deutsche telekom 5g

Photo : Wolfgang Rattay

Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica fusillent les règles d’attribution des fréquences 5G. Ils fustigent le fait que d’autres groupes ne disposant pas de réseau propre puissent participer aux enchères, ainsi que certaines obligations de couverture.

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En France, l'Arcep, le régulateur des télécoms, affirme depuis des mois qu'il réfléchit aussi à ouvrir l'appel d'offres pour les fréquences 5G à des industriels autres que les opérateurs. Et pour cause : la 5G ne concernera pas, selon les spécialistes, que le grand public.

Et selon le journal allemand Die Welt, Deutsche Telekom a engagé une action en justice contre le régulateur allemand des télécommunications. Accroître simultanément concurrence et couverture finit par mettre les opérateurs télécoms dans un étau. Dans le même temps, l'Allemagne refuse la taxation des GAFAM à l'échelle européenne. A-t-elle décidé de tuer ses telcos ?

Economie et Réglementation des Télécoms

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Photo : Shutterstock

Les prix des abonnements fixes et mobiles ont fondu de 40 % depuis 2010.Les opérateurs ne peuvent pas investir autant dans leurs réseaux que leurs homologues américains ou asiatiques.

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La FFT le rappelle dans son étude annuelle de l'économie du secteur. Depuis 2010, le prix des forfaits mobiles et fixes a chuté d'environ 40 % en France. « Nous sommes le seul service régulé à afficher une baisse », pointe Didier Casas.
Les ménages consacraient 2 % de leur budget aux télécoms l'an dernier, contre 3 % il y a dix ans. C'est deux fois moins que l'habillement et sept fois moins que le transport.

A lire dans Les Echos - Sebastien Dumoulin - 17/12/2018

Notre analyse

Les documents de la Fédération Française des Télécoms (FFT) sont en ligne sur son site web, et il est intéressant d'en observer attentivement tous les graphiques.

L'accent est mis, à juste titre, sur 3 points de contrainte forte pour les opérateurs :

  • une baisse des prix, certes favorable aux consommateurs, mais qui se reflète directement dans le CA des opérateurs, qui baisse aussi, sous la pression directe de la régulation (des télécoms par l'Arcep, mais aussi de la Concurrence par l'Autorité du même nom) ;
  • des investissements très conséquents dans des infrastructures qui profitent à l'ensemble de l'économie nationale ;
  • une fiscalité défavorable, notamment par rapport aux géants du net, qu'il faut rapidement rééquilibrer.

Emplois et dividendes

La question de l'emploi est évoquée de manière beaucoup plus discrète. Pour nous, elle est centrale : c'est en effet sur les emplois et les salaires que se font une grande part des "gains de productivité" pudiquement évoqués dans les études économiques, mais que les personnels du secteur, notamment chez Orange, paient au prix fort : ils doivent travailler plus avec une reconnaissance moindre. Ce n'est pas ce que nous appelons le progrès...

Pour eux aussi, la question (soulevée dans l'étude IDATE sur la viabilité de l'équation économique) se pose directement :

  • Jusqu'à quand le modèle sera-t-il soutenable ?
  • Comment pouvons nous faire entendre au gouvernement et au régulateur qu'il faut diminuer la pression pour retrouver des marges de manoeuvre sur l'emploi ?
  • Comment ne pas s'inquiéter que la croissance simultanée des usages et des investissements se traduise par une baisse de l'emploi en France dans le secteur ?

Notons également au passage que, comparativement à la moyenne des entreprises du CAC40, les contraintes sur la marge nette après impôts n'empêchent nullement le versement d'un niveau de dividende équivalent par les opérateurs de télécommunications. 

Régulation, fiscalité, dividendes

Voici où sont les marges de manoeuvres pour redonner de l'oxygène à l'emploi, et donc aussi aux conditions de travail et aux rétributions pour celles et ceux qui travaillent dans le secteur des télécoms :

  • alléger les contraintes concurrentiellles, éventuellement en permettant une fusion d'acteurs, peut-être aussi en regardant de plus près le respect des lois interdisant la vente à perte ;
  • accepter une remontée des prix en contrepartie d'engagements sur les emplois, qui pourraient par exemple accompagner l'attribution des licences 5G ;
  • alléger la fiscalité spécifique des opérateurs télécoms et renforcer fortement celle des géants du net, qui bénéficient directement des infrastructures déployées par les opérateurs, mais sont en concurrence directe avec eux sur de nouveaux segments de croissance qui pourraient permettre aux opérateurs de trouver un second souffle ; actuellement, les telcos n'ont pas la capacité d'injecter les financements nécessaires à l'innovation dans les services qui permettraient de tenir tête aux géants du net, et on est en droit d'attendre que l'Etat rende la fiscalité plus équitable pour protéger une industrie nationale stratégique pour le pays ;
  • limiter fortement le versement des dividendes, contre la promesse d'une croissance de la profitabilité qui fera monter les cours de l'action, pour rétribuer les actionnaires selon les règles qui devraient être considérées comme les fondamentaux de l'investissement boursier.

C'est bientôt la nouvelle année : formons donc le voeu que nous serons entendus !

 

 

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stephane richard 092018

Photo : Reuters

Face à la nouvelle box de Free, bardée de technologies mais chère, Orange, par la voix de son patron, Stéphane Richard, entend mettre le problème de l’exclusion numérique « au cœur de son métier ».

Nous ne construisons pas une société numérique fondée sur l'argent ou l'élitisme. Au risque d'exclusion numérique, aux gadgets high tech, réservés à quelques-uns, Orange répond par l'innovation inclusive. Nous pensons nativement cette inclusion. Que ce soit en matière d'Internet des objets, d'intelligence artificielle, ou même de réseaux.

Plus d’informations dans La Tribune ­– Pierre Manière – 13/12/2018

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Source : présentation 1er Anniversaire de J’alerte l’Arcep

Durant sa première année d’existence, le service « J'alerte l'Arcep » a reçu 34 000 signalements. C’est SFR qui arrive en tête du nombre d'alertes reçues par opérateur, avec 30 à 35 signalements pour 100 000 clients, contre 25 à 30 pour Free, 20 à 25 pour Bouygues Telecom. Orange est le meilleur élève de la classe avec 15 à 20 signalements.

Une vision confirmée par le sondage réalisé par Médiamétrie pour le compte de l’Arcep, dans lequel les consommateurs désignent Orange (à égalité avec Free) comme le meilleur fournisseur de services Internet et mobiles.

Plus d’informations dans La Tribune – Pierre Manière – 11/12/2018

Des statistiques plutôt savoureuses au moment où l'opérateur historique est dans le collimateur de l'Autorité quant à sa gestion du service universel...

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sebastien soriano

Photo : Reuters

Pas question de relâcher la pression. Ce jeudi, l'Arcep a profité de la publication de son enquête trimestrielle sur le déploiement et l'adoption de la fibre pour appeler les opérateurs à ne pas se relâcher, et à donner un coup de fouet à leurs investissements.

A lire dans La Tribune - Pierre Manière - 6/12/2018

Monsieur Soriano n'a que la menace à la bouche, brandissant ultimatums et sanctions à longueur de communication. Hier sur le Service Universel, aujourd'hui sur la Fibre, demain sans doute sur les déploiements mobiles liés au "New Deal" des télécoms.

Ce qu'oublie Monsieur Soriano, c'est que pour déployer vite et partout les nouveaux réseaux à très haut débit tout en maintenant une qualité optimale sur le réseau de cuivre, c'est qu'en plus des moyens financiers pour investir, il faut des bras, des hommes et des femmes, autrement dit des emplois. La loi le fait garant, conjointement avec l'Etat, non seulement de la préservation, mais du développement de l'emploi dans le secteur des télécoms (Code des Postes et communications électroniques, Article L32-1, II.2Article L32-1, II.2).

Or, que constatons-nous, dans les statistiques mêmes fournies par l'Arcep ? Une destruction vertigineuse des emplois chez les opérateurs français (-17 000 en 5 ans, et ce n'est pas fini), en lien direct avec l'hyperconcurrence prônée par le même acteur, qui conduit à une guerre des prix faisant baisser le revenu global des opérateurs pendant que les investissements explosent. Les salariés deviennent dès lors, et fatalement, la variable d'ajustement.

Les personnels des opérateurs n'en peuvent plus de se sentir sans cesse pointés du doigt et mis sous la pression constante de ces menaces de sanctions qui, si elles se transforment en amendes, génèreront de nouvelles mesures de suppression de postes ou de compression de leur rétribution.

Monsieur Soriano use-t-il de ses prérogatives, par exemple pour intégrer des contraintes sur le niveau d'emplois directs en France lors des attributions de fréquences mobiles ? Défend-il le développement de l'emploi dans ses nombreuses interventions dans les médias ? Remplit-il correctement les missions qui lui sont dévolues par la loi ? Jamais !

Qui sanctionnera les sanctionneurs ?

 

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