Procès France Télécom, jour 4 : le suicide, « forme ultime de protestation sociale »

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Le 4ème jour d’audience, vendredi 10 mai, a été consacré à l’audition de trois experts sur la question de la souffrance au travail, les sociologues Michel Gollac et Christian Baudelot et le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours.

Pour Michel Gollac, « les conditions pour que de tels suicides arrivent étaient réunies » chez France Télécom, « entreprise qui suscitait un fort attachement des salariés ». Or ces derniers ont été confrontés, comme l’a montré l’enquête du cabinet Technologia, à une ambiance de travail « violente » et à « la grande défaillance » de leur management, ainsi qu’à une « charge de travail excessive » et à un « défaut de reconnaissance ».

Estimant lui aussi que « ceux qui se suicident sont toujours ceux qui étaient les plus engagés dans l'entreprise », Christophe Dejours soulignait par ailleurs que le suicide au travail « n'est pas juste la mise à mort de soi » : c'est « un message », qui « dit quelque chose à ses collègues, à ses supérieurs hiérarchiques, à la société ».

Reconnaissant également la valeur de « signal » d’un suicide au travail, qui « indique le sens que la victime veut donner à son acte », Christian Baudelot réfutait l’argument de l’« effet Werther » (plus d’informations dans Rue89Lyon – Anne Rivière – 09/05/2019), invoqué par Didier Lombard et ses défenseurs : « un salarié qui se suicide, c'est sérieux. Les salariés de France Télécom ne se bornent pas à imiter leurs devanciers. Eux-mêmes éprouvent les mêmes souffrances, qui deviennent insupportables, au point de préférer la mort à la vie. »

Plus d’informations dans La Tribune – Pierre Manière – 13/05/2019

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