CFE-CGC Orange
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Ce jeudi 16 mai s’est tenu le 7ème jour d’audience, principalement consacré à une des questions majeures de ce dossier : le chiffre de « 22 000 départs » annoncé par Didier Lombard à la presse en février 2006. Etait-ce une simple « prévision », fondée sur une « trajectoire », sur des « projections » des années précédentes, comme le soutiennent les prévenus ? Ou cela constituait-il une « cible », un « objectif » à atteindre, occasionnant ainsi la mise en place de cette « politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés et à créer un climat professionnel anxiogène » ?

En 2012, au domicile d'une des prévenues, Nathalie Boulanger, les enquêteurs ont retrouvé des documents classés « confidentiel » ou « secret ». Il y avait notamment un bilan du plan NExT, avec en titre: « des résultats en ligne ou supérieur aux prévisions ». Départs définitifs : « 103% de la prévision ». Il y a eu 22 450 départs au lieu des 21 800 prévus. 

« Des réactions? », a demandé la présidente aux prévenus, sans obtenir de réponse. « Donc objectif atteint », a-t-elle dit, avant de se reprendre : « prévision atteinte et même dépassée ».

Plus d’informations dans Le Point – 16/05/2019

Conditions de Travail et Santé

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Photo : Eric Cabanis / AFP

Les Conseils de prud'hommes sont de plus en plus nombreux à s'opposer aux dispositions du Code du travail qui instaurent un barème pour les indemnités versées en cas de licenciement abusif. (...) Ils sont désormais plus d'une dizaine à passer outre cette mesure qui devait donner de la sécurité aux licenciements et permettre à l'employeur de prévoir quelle somme il allait devoir verser pour se séparer d'un salarié.

(…)

Dans quelques jours la cour d'appel de Paris va se prononcer. Les appels des décisions de première instance, rendues ces derniers mois en région par les prud'hommes, vont tomber. Puis sûrement la Cour de cassation sera saisie. On y verra alors plus clair. Mais pour l'instant, la fronde continue.

A lire dans France Info – Philippe Duport – 15 /05/2019

Protection Sociale

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Photo : Charles Platiau / Reuters

La 5ème journée du procès, qui s’est déroulée ce lundi 13 mai, n’a visiblement pas retenu l’attention de la presse. En voici un court résumé, s’appuyant sur le fil Twitter de la journaliste de L'Humanité Cécile Rousseau, qui couvre le procès.

L’après-midi a débuté par un temps d’audition des prévenus, parfois en difficultés face à certaines questions. Ainsi, face à Olivier Barberot, directeur exécutif chargé des ressources humaines de l'époque, qui estimait que « le principe d'Act [NDLR : le volet RH du plan Next], c'était le volontariat », maître Frédéric Benoist, avocat de la CFE-CGC Orange, s’interrogeait : « est-ce qu'on peut parler de volontariat quand le poste a été supprimé ? »

Fabienne Viala, élue CGT au Comité National Santé Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CNSHSCT) étaient ensuite entendue. Elle dénonçait notamment l’attitude de la direction qui « a fait le choix de ne pas soigner les causes du mal » et « a évité de prendre des mesures », se bornant à du « saupoudrage », malgré les diverses alertes du CNSHSCT.

C'est terrible d'avoir un mur en face de soi qui ne veut rien entendre.

La 6ème journée, mardi 14 mai, a vu témoigner trois membres du conseil d’administration de France Télécom à l’époque des faits, qui ont proposé aux magistrats et au jury des visions assez différentes de la situation et de la gouvernance de France Télécom.

D’abord auditionné à l’initiative de Didier Lombard, Jacques de Larosière ne tarissait pas d’éloges sur ce dernier : « dans un bateau en pleine tempête et qui prenait l’eau de toutes parts », la « vision » du P-DG a « sauvé l'entreprise ». « La politique était la bonne », y-compris au niveau de son plan de restructuration, dont Jacques de Larosière n’a pas cherché à connaître les « nuances ».

Plus d’informations dans L’Obs – Lucas Burel – 14/05/2019

Venait ensuite Henri Serres, qui affirmait que Didier Lombard, à l’origine de sa citation, « était le mieux qualifié pour la seconde phase du redressement », estimant par ailleurs que les faits qui lui sont reprochés « paraissent éloignés des valeurs qu'il a développées tout au long de sa carrière ».

Troisième auditionnée, Hélène Adam, administratrice salariée, ex-représentante du personnel pour l’Union syndicale Solidaires, proposait une vision radicalement opposée. Pour elle, la situation était « beaucoup plus sereine » en 2006, de sorte qu’il n’y avait « pas lieu de poursuivre ou d'accélérer les suppressions d’emplois déjà engagées sous Thierry Breton », le prédécesseur de Didier Lombard. Elle dénonçait la mise en œuvre « terrifiante » du programme Act, par "un management dont l'unique objectif a été de faire partir les gens".

Plus d’informations dans ActuEL RH – Anne Bariet – 16/05/2019

Conditions de Travail et Santé

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Le 4ème jour d’audience, vendredi 10 mai, a été consacré à l’audition de trois experts sur la question de la souffrance au travail, les sociologues Michel Gollac et Christian Baudelot et le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours.

Pour Michel Gollac, « les conditions pour que de tels suicides arrivent étaient réunies » chez France Télécom, « entreprise qui suscitait un fort attachement des salariés ». Or ces derniers ont été confrontés, comme l’a montré l’enquête du cabinet Technologia, à une ambiance de travail « violente » et à « la grande défaillance » de leur management, ainsi qu’à une « charge de travail excessive » et à un « défaut de reconnaissance ».

Estimant lui aussi que « ceux qui se suicident sont toujours ceux qui étaient les plus engagés dans l'entreprise », Christophe Dejours soulignait par ailleurs que le suicide au travail « n'est pas juste la mise à mort de soi » : c'est « un message », qui « dit quelque chose à ses collègues, à ses supérieurs hiérarchiques, à la société ».

Reconnaissant également la valeur de « signal » d’un suicide au travail, qui « indique le sens que la victime veut donner à son acte », Christian Baudelot réfutait l’argument de l’« effet Werther » (plus d’informations dans Rue89Lyon – Anne Rivière – 09/05/2019), invoqué par Didier Lombard et ses défenseurs : « un salarié qui se suicide, c'est sérieux. Les salariés de France Télécom ne se bornent pas à imiter leurs devanciers. Eux-mêmes éprouvent les mêmes souffrances, qui deviennent insupportables, au point de préférer la mort à la vie. »

Plus d’informations dans La Tribune – Pierre Manière – 13/05/2019

Conditions de Travail et Santé

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Au 3ème jour du procès, ce jeudi 9 mai, ont eu lieu les auditions de Patrick Ackermann, syndicaliste de Sud-PTT, Sylvie Catala, l’inspectrice du travail qui avait mené l’enquête lancée en 2009 par la direction générale du Travail, et Jean-Claude Delgènes, économiste fondateur du cabinet Technologia choisi en 2009 par l’entreprise et les syndicats pour mener une étude sur les conditions de travail et le stress chez France Telecom.

Tous trois ont dénoncé à la barre les méthodes de management à l’œuvre dans le groupe à cette période, avec des managers divisés, au moment d'appliquer des « décisions prises en haut » :

Beaucoup d’entre eux ont appliqué cette logique par fidélité, par manque de recul. Ceux-là, nous les avons appelés les "exécutants". Et puis, il y a ceux qui vont refuser cette logique et les primes. Nous les avons appelés les "protecteurs". Enfin, il y avait les "exécuteurs". Ceux qui ont exécuté le plan et en rajoutant, en banalisant des comportements déviants.

Plus d’informations dans L’Obs – Lucas Burel – 09/05/2018

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