CFE-CGC Orange
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Dans le cadre du Comité de Groupe Européen d'Orange des 8, 9 et 10 novembre 2016 à Tours, la Direction du Groupe a inscrit un point à l'ordre du jour relatif à la transformation digitale du Groupe.

En préambule, la Direction, par la voix de son Directeur Exécutif en charge des Ressources Humaines, Jérôme Barré, fait référence à la promesse formulée lors de la session plénière du Comité de Groupe Européen de juin 2016, et selon laquelle "le digital est une opportunité de transformer la relation au travail, de créer des solutions plus favorables s'agissant des transports, de tirer le meilleur parti des opportunités et des risques, avec entre autres la déconnexion, la fracture numérique et la protection des données personnelles".

La Direction en profite pour faire une large promotion de l'accord du 27 septembre 2016 portant sur l'accompagnement de la transformation Numérique dans le Groupe Orange, accord non signé par la CFE-CGC et déjà rejeté pdfsous sa précédente forme du 20 avril 2016, tout en précisant que le sujet ne se limite pas à la France, en référence à Plazza, outil de travail collaboratif au-delà des frontières, et en affichant une volonté d'adapter les modes de travail à tous niveaux dans l'entreprise, en passant par la conversion de nos business models. Pour le Groupe, il s'agit de sensibiliser et former les salariés au digital, conformément aux deux axes du projet "Orange Digital Leadership Inside" présenté lors de la session plénière du Comité de Groupe Européen des 11, 12 et 13 mars 2014 à Paris.

Pour la Direction, l'accord signé en France est "un accord d'équilibre", et constitue une approche remarquable doublé d'une réelle originalité dans la manière d'approcher la transformation numérique et d'anticiper efficacement les risques. Il ne s'agirait en aucun cas d'un accord monolithique, mais appelant au contraire à l'agilité, nécessitant de "rebattre les cartes" régulièrement, afin de demeurer dans l'itération en réinterrogeant régulièrement cibles et objectifs.

Selon la Direction, et au-delà des promesses contenues dans l'accord, il s'agit de lui donner le statut d'accord de référence établissant un équilibre entre les opportunités à saisir (formation, collaboration, amélioration des espaces de travail, personnalisation de l'expérience salariés), la protection des salariés notamment vis-à-vis des risques liés à l'usage des outils numériques, et enfin le suivi et la compréhension des impacts dans le temps. L'accord du 27 septembre 2016 réaffirmerait les convictions d'Orange pour mettre le numérique au service à la fois des salariés et de la stratégie de l'entreprise.

Si les élus du Comité de Groupe Européen disent partager la vision de l'entreprise autour de cette volonté de mutualiser cette révolution numérique et digitale du monde du travail, ils l'interrogent dans le même temps sur certains points demeurés sans réponse, tels que le niveau d'appropriation actuel par les salariés des outils numériques, ou encore les moyens alloués à la transposition vers les autres pays où Orange est présent. Ils expriment fortement leur volonté de mieux comprendre les impacts sur les salariés et notent que si Plazza est présenté comme un outil puissant, ils ne disposent d'aucun élément de mesure de sa qualité et d'évaluation de sa manière de partager l'information. Ils rappellent enfin qu'ils veilleront à ce que Plazza n'enferme pas les salariés dans des profils types, notamment via les formations proposées en push, mais demeure respectueux du choix des salariés de changer d'orientation métier tout au long de leur parcours au sein de l'entreprise.

 

Conditions de Travail et Santé Europe et International Numérique CNHSCT Comité Groupe Europe Comité Groupe France Orange Business Services

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CCUES 10/2016 : déclaration préalable

Un accord numérique indigne

Le 27 Septembre dernier un accord indigne pour une entreprise se déclarant première entreprise « numérique » de France a été signé.

Pour mémoire, suite au droit d’opposition exercé dans un premier temps par la CFE-CGC, la CGT et Sud, la direction a été contrainte de ré-rouvrir un simulacre de négociations s’agissant de cet accord sur le numérique.

Finalement le texte n’a été que très peu modifié, de l’aveu même d’un syndicat signataire il a juste été partiellement réécrit, en ne corrigeant en rien les dispositions qui mettent le personnel en danger et en en ajoutant au contraire de nouvelles, de nature à faciliter les licenciements pour « insuffisance professionnelle ».

Aucune des demandes prioritaires qui ont motivé le droit d’opposition de la CFE-CGC Orange n’a été prise en compte :

  • aucune obligation spécifique d’information du personnel sur les données collectées sur les comptes, les traitements réalisés et leur finalité,
  • aucune limite au droit disciplinaire de l’employeur n’est posée, lui permettant d’organiser à sa guise la révocation ou le licenciement du personnel sous prétexte d’usages prétendument abusifs d’outils fournis et paramétrés par l’entreprise
  • aucune mesure du temps de travail hors des locaux de l’entreprise ou du temps de travail contractuel n'est prévue : c’est la porte ouverte à de nouvelles charges de travail non évaluées et non rémunérées
  • aucune disposition contraignante s’agissant du droit à la déconnexion, pourtant introduit dans la récente loi sur le travail
  •  …

Pire, le nouveau texte aggrave même le risque d’être pris en défaut en assignant au final aux salariés la responsabilité de se former aux outils numériques pour maintenir leur « employabilité ».

La CFE-CGC Orange attend du progrès technologique qu’il s’accompagne d’un progrès social, nous ne sommes qu’au début d’une transformation sans précédent de notre société, qui affecte non seulement les travailleurs, mais aussi les consommateurs et les citoyens.

C’est maintenant qu’il importe de se saisir du débat, de questionner le progrès technologique pour qu’il soit partagé par tous, au profit de tous sur le long terme, et non qui renvoie chaque salarié à ses responsabilités et à ses risques au seul profit d’une productivité supposée améliorée de court terme.

Les salariés du groupe Orange peuvent compter sur la CFE-CGC pour les accompagner, les aider à se prémunir des risques et bien sûr pour les défendre en cas de besoin.

CCUES

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Couverture Livre Enjeux de la numerisation de nos vies

 

La CFE-CGC Orange a toujours été à l’avant-garde de la réflexion sur l’impact des nouvelles technologies dans les domaines économiques et sociétaux. En tant que syndicat leader de la plus grande société du monde digital français, nous sommes convaincus que c’est notre devoir.

Nous devons non seulement garantir un juste équilibre entre le traitement réservé à nos personnels, à nos clients, et à ceux qui nous font confiance en tant qu’actionnaires, mais aussi réfléchir à notre devenir collectif en tant que citoyens.

Orange fournit des solutions numériques à plus de 263 millions de clients dans le monde. En France, l’opérateur historique continue également d’assurer, par délégation, des missions de service public. Il joue donc un rôle d’importance dans le quotidien d’un grand nombre d’entre nous, qui nous oblige à réfléchir en permanence sur les transformations qui en résultent.


La 4e Université d’été de la CFE-CGC Orange a été consacrée aux enjeux de la numérisation croissante de nos vies. Des intervenants de qualité ont proposé leur éclairage et des pistes de réflexion, qui ont permis de dégager les 3 grandes thématiques traitées dans cet ouvrage :
- enjeux pour les consommateurs, autour du Big Data et de l’utilisation des données que nous produisons via les multiples terminaux numériques ;
- enjeux pour les citoyens, avec la triste actualité de 2015 autour des menaces sur la sécurité intérieure du pays, qui ont notamment contribué à l’adoption de la Loi Renseignement ;
- enjeux pour les travailleurs, avec l’impact à tous niveaux du numérique, sur la nature même du travail, sur son organisation et sur notre vie quotidienne dans l’entreprise.

Cet ouvrage restitue une synthèse de leurs présentations, largement complétées de notre analyse des études, livres blancs, rapports récents, et de l’actualité – jusqu’en avril 2016 –, pour proposer un panorama aussi exhaustif que possible des nombreuses problématiques soulevées par la question du numérique.


Comment pouvons-nous garder le contrôle dans un environnement hyper-connecté ? C’est le questionnement auquel vous invite cet ouvrage.


Vous pouvez vous le procurer en version papier ou électronique sur le site des Editions du Net.

Conditions de Travail et Santé

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Le bulletin de paie électronique et le bulletin de paie clarifié


Information sur le bilan des test

Bulletin de paie électronique (BPE)

Description du service proposé

Orange souhaite offrir à ses salariés la possibilité de recevoir leurs bulletins de paie sous forme électronique à la place de la version papier.

L’adhésion au service, sur volontariat, permet de bénéficier dans un coffre-fort électronique d’un bulletin de paie PDF, à valeur de document original, et scellé avec une signature électronique d’Orange garantissant sa valeur probante.

Contenu de la prestation

Docapost, filiale du groupe La Poste a été choisie

  • Service gratuit pour le salarié avec 5 Go d’espace personnel
  • Attribution du coffre-fort à vie, qui constitue un espace privé, uniquement accessible par son propriétaire, Orange n’y a pas accès. La Poste joue un rôle de tiers de confiance
  • Facturation vers l’employeur à chaque dépôt d’un fichier : Prix par fichier déposé, en fonction du délai de conservation, de 0,35 € pour 50 ans, 0,08 € pour 1 an

Composition du panel des testeurs

Direction du système d’information Groupe : 400 personnes, Territoire Auvergne de la DO Centre-Est : 1100 personnes, soit un panel de 1500 personnes

Résultats obtenus

  • 245 adhérents sur 1 500 et forte disparité entre les deux populations du panel (tx DIG, 35%, tx Auvergne, 9%)
  • Trois principales raisons de refus d’adhésion : pour 75% : pas d’intérêt pour le numérique ; 10% : doute sur la pérennité des données ; 6% : doute sur la sécurité réelle du BPE

Depuis décembre 2015, tous les bulletins de paie électroniques ont été déposés sur Digiposte (y compris les encarts), plusieurs jours avant la version papier. Pas de dysfonctionnement du service, très bonne écoute et réactivité du prestataire.

Enquête de satisfaction

  • 108 réponses pour 245 adhérents : taux de réponse, 44%, taux de satisfaction, 94,4 %
  • Pour près de 75% des adhérents, le service BPE permet essentiellement de sécuriser et faciliter le stockage du bulletin de paie.
  • Près d’un tiers des adhérents apprécient Digiposte pour stocker et ranger tout type de documents et pour les consulter n’importe où, n’importe quand et 45% des déclarent recevoir directement dans leur Digiposte différents documents numériques officiels (factures, etc.)
  • 96% des adhérents recommanderaient le BPE à leurs collègues.

Plan prévisionnel de généralisation

À partir de début octobre 2016, campagne de communication interne, avec en parallèle, campagne de publicité TV de La Poste sur Digiposte

À partir de dernière semaine d’octobre, ouverture des inscriptions pour les salariés volontaires souhaitant bénéficier du service. 21 novembre 2016 : livraison sur Digiposte du bulletin de paie électronique de novembre des adhérents

Bulletin de paie clarifié (BPC)

Contexte légal

  • Décret et arrêté du 26 février 2016, et Code du travail applicable aux salariés de droit privé
  • Affichage du « super brut » = salaire brut + cotisations employeur – allégements
  • Mention du lien concernant le bulletin de paie sur www.service-public.fr
  • Répartition des lignes de cotisations par thématique selon un modèle fixé par l’arrêté et standardisation des libellés des cotisations
  • Mesures applicables à compter de janvier 2017 pour entreprises > 300 salariés

Déclinaison à Orange

Effets de la clarification pour les salariés :

  • Regroupement des cotisations par thème : retraite, famille, maladie, chômage
  • Standardisation des libellés des cotisations à toutes les entreprises
  • Réduction du nombre de lignes sur le bulletin

Choix de l’entreprise d’appliquer le dispositif à tout son personnel, et de déployer le bulletin clarifié en février 2017 afin d’éviter les questionnements liés aux changements de taux et barèmes habituels de janvier

Adaptation du SI Paie démarrée depuis avril 2016 en mode Agile

Prochaines étapes

Focus group avec des gestionnaires RH pour évaluer les besoins en accompagnement en CSRH, et campagne de formation des gestionnaires RH en CSRH

Focus group salariés pour évaluer leurs besoins en accompagnement, élaboration d’un didacticiel « bulletin de paie » accessible depuis anoo, campagne de communication en janvier 2017, encart avec le 1er bulletin clarifié en février 2017.

Analyse de la CFE-CGC

Malgré les efforts de communication & d’accompagnement avant la campagne de test sur le BPE, on ne peut que s’interroger quant au taux moyen d’adhésion à ce dispositif de 16%, comme sur la raison invoquée par 75% des 1 255 salariés ayant refusé catégoriquement d’opter pour le BPE : « aucun intérêt pour le numérique », un peu comme si des salariés d’Airbus ne voyaient pas l’intérêt des transports en avion !!

Ces éléments semblent être un désaveu cinglant de la marche du Groupe vers le Digital Inside ! Nos collègues d’Orange consulting rappelleront que la conduite du changement est déterminante à l’adhésion de tout projet de transformation digitale. Il est donc permis de douter de la prise en compte de ce point, ou de la méthode utilisée.

Quant au BPC, nous comptons que toutes les mesures seront prises pour que les CSRH puissent répondre à l’afflux inévitable de sollicitations à partir du 22 février en pleine période de congés d’hiver ?

Conditions de Travail et Santé Rémunération CCUES

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Suite au refus de la direction de restructurer l’accord et sa portée comme le proposaient l’ensemble unanime des organisations syndicales dans le projet qu’elles avaient conçu conjointement, les négociateurs ont pu constater une évolution dans les prises de positions des uns et des autres qui leur permirent de présumer, avec une justesse confirmée par la suite des événements, quelles signatures se retrouveraient apposées sur le texte finalisé.

 

Des syndicats partagés à l’issue des négociations

En effet, si la CFE-CGC, la CGT et également SUD restaient opposées à ce que le texte reste privé d’engagements essentiels - la direction se contentant de quelques concessions sur la forme çà et là sans rien changer au fond des problèmes - la CFDT et FO manifestaient un intérêt constant pour la commission qu’instituait cet accord ; à croire que saisir l’opportunité de siéger dans une instance dénuée de pouvoir revêtait plus d’intérêt que de s’assurer que l’entreprise ne contrevienne pas à son obligation légale d’informer et consulter les CE (Comité d’Etablissement) et les CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) comme l’impose pourtant le Code du Travail.

Après quelques itérations supplémentaires qui ne conduisirent qu’à l’éventuel remplacement des textes voulus par l’entreprise par des paraphrases poursuivant les mêmes buts dangereux, la direction décida que les négociations avaient trouvé leur terme le 1er avril 2016 pour considérer l’accord comme étant dans sa version définitive et le proposer à la signature du 20 avril 2016 au 2 mai 2016.

 

Une opposition motivée par la CFE-CGC

A l’issue de cette dernière réunion tenue début avril, les négociateurs de la CFE-CGC échangèrent une nouvelle fois avec ceux des autres organisations syndicales pour partager leurs inquiétudes au regard de la dangerosité de cet accord, et leur manifester leur volonté de faire usage du droit d’opposition tel qu’il est prévu par l’article L. 2232-12 du Code du Travail. A ce moment-là, tous se séparèrent sans s’engager à ce sujet, soulignant leur besoin de se concerter avec leurs sections respectives.

Cependant c’est sans grande surprise qu’ils découvrirent, le 3 mai 2016, l’accord signé par les organisations syndicales CFDT et FO. S’étant préparée à ce cas de figure, la CFE-CGC faisait aussitôt usage de son droit d’opposition par l’envoi d’une lettre recommandée argumentée le jour-même, aussitôt suivie par SUD puis la CGT dès le lendemain.

 

Une direction précipitée dans ses réactions

L’implication de ces trois organisations syndicales étant suffisante pour que l’accord soit réputé annulé, les représentants de l’entreprise montrèrent une nouvelle fois l’importance que revêt pour eux son existence en annonçant dès la fin de la journée du 4 mai 2016, qu’ils ont dû trouver bien longue, la réouverture des négociations, invitant les participants à se réunir de nouveau le 13 mai 2016 tout en supprimant cavalièrement la présentation du même accord pourtant prévu à l'ordre du jour de la séance du CCUES du 11 mai 2016.

De toute évidence c’est un camouflet qu’essuie la direction qui avait certainement déjà sabré le champagne puisque Monsieur Guilcher, en charge des négociations depuis leur ouverture début juillet 2015, était-il promu au poste de Directeur Agence Entreprise Paris le 22 mars 2016. L’entrée dans ses nouvelles fonctions étant prévue pour le 1er juin 2016, il sera intéressant de voir quel empressement manifestera-t-il à vouloir conclure les tractations d’ici cette échéance.

Tractations bien mal engagées cependant, comme le souligne la CFDT en annonçant son absence à cette convocation de la direction : du fait de l'exercice du droit d'opposition, il n'y a plus d'accord et donc ne pourrait y avoir de nouvelles négociations. Cependant nos représentants sont bien décidés à rencontrer ceux de l'entreprise afin d'entendre quel discours escomptent-ils leur tenir.

 

Pour en savoir plus :

 

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